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Bernard Tapie : Sa bouleversante confession  !

Publié le 1 décembre 2017

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Le 19 novembre dernier, dans “19 h le dimanche”, l’homme d’affaires Bernard Tapie a parlé, entre autres, du cancer de l’estomac contre lequel il lutte. Une interview émouvante d’un homme debout.

C’est un roc, un battant, une force de la nature qui semble n’avoir jamais peur de rien. À 74 ans, Bernard Tapie, atteint depuis plusieurs mois d’un cancer de l’estomac, a prouvé, une fois encore, le 19 novembre dernier, dans 19 h le dimanche, qu’il était bien décidé à ne pas se laisser abattre. Ainsi, cette longue interview à Laurent Delahousse, l’homme d’affaires aux multiples talents a tenu à la donner debout, à l’air libre, en marchant dans les allées du jardin des Tuileries, à Paris, histoire de montrer à tous que rien, pas même cette épouvantable maladie, ne pouvait le mettre à terre.

Pourtant, à l’instar de tous ceux qui réalisent un jour que le « crabe » les a pris sans pitié entre ses pinces mortifères, le choc a été rude pour celui qui a fait de l’existence un chemin aux détours sinueux : "Quand on vous apprend que vous avez cette maladie, c’est comme si on vous mettait une batte de base-ball dans la tête, a-t-il expliqué au journaliste. J’avais d’autant moins de raison de craindre ça que je n’ai jamais eu de symptômes. Je n’ai jamais fumé, jamais picolé… "


Cette terrible nouvelle, bien que bouleversante, Tapie l’a intégrée avec pragmatisme, évaluant ses chances de survie avec un sang-froid exceptionnel. Ainsi a-t-il expliqué au présentateur de France 2 le plan d’action qu’il comptait observer avec le Pr Sarfati, qui le suit à l’hôpital Saint-Louis. C’est d’ailleurs dans cet établissement de l’Assistance publique que l’ex-patron de l’Olympique de Marseille a choisi d’être soigné, comme n’importe quel autre citoyen de la «  France d’en bas  », à laquelle il estime appartenir : "On va faire une chimio très dure, a-t-il indiqué. On va en avoir pour six séances tous les quinze jours, suivies, si tout va bien, d’une intervention chirurgicale très lourde qui prévoit de retirer l’œsophage, une partie de l’estomac. " Et d’ajouter : "Je me prépare à ça, c’est un tunnel. " Mais ce tunnel, cette route obscure vers un avenir incertain, Bernard l’emprunte avec courage, détermination et, surtout, dynamisme. Ce même dynamisme qui l’a guidé tout au long de son existence et qui continue de le porter pour faire face au pire et le vaincre à tout jamais…"La méthode Coué, ça ne marche pas", affirme-t-il en effet.

La seule chose qui marche, c’est l’énergie, qui donne à vos défenses la force de se battre. "Je le traite de tous les noms, mon cancer, je me lève le matin avec l’envie de lui péter la gueule ! " Mais au-delà de son légendaire franc-­parler, de ce langage fleuri qui exprime si bien son désir de gagner cette bataille, l’émotion n’est jamais loin, au cours de ce bouleversant entretien. Les larmes viennent d’ailleurs bien vite inonder le visage fatigué de l’ex-ministre de François Mitterrand, dont les traits sont ravagés par le mal et les traitements qu’on lui inflige, lorsque Laurent Delahousse évoque le match OM-Toulouse qui a eu lieu, le 24 septembre dernier, dans l’enceinte du stade Vélodrome de la cité phocéenne.Ce soir-là, les gradins étaient littéralement recouverts de banderoles de soutien à l’ancien président du club, brandies par ses supporters. " 50 000 mômes qui vous font un témoignage de leur affection, ça vous fait quelque chose, parvient-il à expliquer, profondément ému. C’est la plus belle cure de chimio que j’aie jamais reçue… "

Homme d’affaires entré en politique par hasard, tour à tour ministre, député européen, comédien, chanteur, patron de club sportif : autant de casquettes ont fait de cet entrepreneur hors pair un être à part. Mais un être qui, en raison de ses diverses activités, a traversé bien des épreuves, dont la prison et la ruine.Ces drames seraient-ils responsables de sa maladie ? Lui semble le supposer, en tout cas… "Martyrisé pendant cinq ans parce que ceux du pouvoir précédent pensaient que mettre la tête de Tapie en haut de la pique, c’était profitable pour eux. " L’ami "Nanar " s’estime-t-il victime d’un acharnement ? "Demandez à mon estomac, répond-il. Voilà pourquoi j’ai un cancer. Et ceux qui me poursuivent, je me demande s’ils ne veulent pas profiter de ce moment où je suis très affaibli pour me porter l’estocade. " Ce qui est sûr, c’est que ce croyant qui affirme ne pas craindre la mort, "puisqu’elle fait partie de la vie ", se battra jusqu’au bout pour lui faire la nique parce que… c’est dans sa nature !

Clara MARGAUX

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