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Daniel Guichard : "Depuis vingt ans, je me débrouille sans pognon…"

Publié le 7 août 2015

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Véritable star des années 70, Daniel Guichard a enchaîné des jours et des mois de concerts, jusqu'à 200 par an ! Alors qu'il a été l'un des chanteurs les plus talentueux de son temps, l'artiste "accro au whisky-coca et à la cigarette", a longtemps connu la galère....

Il représente à lui seul toute une époque. Les cheveux longs, la cravate et la chemise italienne, mais surtout l'envie de vivre de sa passion, quoi qu'il en coûte...

Daniel Guichard vient d'avoir 20 ans, il rêve d'une carrière musicale, loin des Halles de Paris où il décharge chaque matin avec son père des légumes et des fromages. Alors qu'il se produit tard le soir après son travail, dans des cabarets de Montmartre pour interpréter des airs d'Aristide Bruant, il décroche un poste d’employé aux stocks chez la maison de disques Barclay. S'il n'y reste que quelques mois, il y reviendra quelques années plus tard, triomphant avec son tube 'La tendresse'. Nous sommes au début des années 70, une longue carrière s'ouvre à lui. Elle ne sera pas de tout repos...

Daniel Guichard a été plusieurs fois "baisé" comme il l'a lui-même fait savoir au site d'interview Hors-Format. "J'en ai pris plein la gueule" !

A-t-il payé son côté roublard, "titi parisien" qui "emmerdait tout le monde"? Daniel Guichard n'a jamais caché son côté "râleur". Quand quelque chose n'allait pas, il n'y allait pas par quatre chemins. Untel était un "con", un autre était un "connard". Mais alors qu'il débarquait dans le milieu du showbiz, le chanteur a dû courber l'échine. Il fallait se taire et accepter d'avancer, supporter d'être considéré comme un objet commercial.

Daniel Guichard

"Vous savez, a t-il énoncé au magazine, ça ne me gêne pas de considérer qu’un disque est un produit. Ce qui me gêne, en revanche, ce sont les conneries que l’on peut raconter quand on est dans une multinationale, et qu’on fait de la distribution. Vous allez voir le patron de la boîte qui veut vous signer, il vous invite à dîner, vous fait des bisous, vous appelle « coco », et voilà. Ensuite, une fois que le contrat est signé, il refile ça à la gestion de la boîte. Et là, vous pouvez avoir un super connard qui peut être le responsable marketing, le responsable de production, un directeur artistique à la con, ou alors, des gens charmants, mais pas toujours compétents. (...) A ce moment là, vous prenez la réalité économique du métier en pleine tête."

Il boit "jusqu'à 4 bouteilles par jour" et fume "autant de paquets de Gitanes"

Daniel Guichard sait qu'il va devoir faire des concessions. Et alors que ses amis de Barclay, Maxime Le Forestier, Michel Sardou ou Dave, remportent tous un franc succès, lui a du mal à démarrer. "J’ai vu tous mes potes cartonner (...) alors que moi, je restais au stock" résume-t-il a posteriori.

Mais tout vient à point à qui sait attendre. Car, les efforts du briscard à la voix grave vont s’avérer payants... au grand dam de l'artiste qui a posteriori chérissait sa vie de "casanier". A partir du moment où il est obligé d' "enchaîner les tournées et les voyages", jusqu'à faire "près de 200 concerts par an", le chanteur tombe nez à nez avec de nouvelles difficultés. "Imagi­nez ce que j’ai vécu quand je faisais près de 200 concerts par an ! Imagi­nez quelqu’un dans ce cas de figure, qui n’aime pas monter dans une voiture, déteste la route, les monda­ni­tés… Et qui n’est pas toujours bien entouré. Il y a deux options : soit vous passez votre temps à vous foutre sur la gueule avec tout le monde, soit vous picolez pour oublier" avait-il déclaré à Ici Paris en janvier dernier.

Daniel Guichard

Alors, Daniel Guichard enchaîne les bouteilles "jusqu'à 4 par jour" et fume "autant de paquets de Gitanes". Loin très loin de l'image que renvoyait le musicien heureux et passionné derrière son micro. Désarmé face aux personnes sans scrupules, l'artiste "s'en prend plein la gueule". "J’ai vraiment eu le sentiment de me faire massacrer la gueule (...) il fallait que je trouve les textes, les bonnes mélodies, que je règle mes problèmes de pognon, etc. Au lieu de faire le branleur qui prend sa guitare, et qui fait des chansonnettes, vous gérez les avocats, les huissiers, les banquiers, le studio. C’était logique que je sois « à côté » pendant toutes ces années…". Et de résumer, laconique : "Depuis 20 ans, je me débrouille sans pognon."

"J’ai deux plumards, une cuisine, une salle de bains et je suis pénard"

Pourtant, Daniel Guichard a toujours su faire face aux difficultés qu'il rencontrait. Le chanteur qui a tout appris du métier, est dorénavant bien armé face à l'industrie de la chanson. "Aujourd’hui, (...) j’enregistre chez moi, dans mon studio, et j’appelle mes musiciens pour qu’ils viennent jouer. Avant, en studio, un forfait journalier valait l’équivalent de deux mille euros" a-t-il expliqué au magazine Hors-Format.

Alors que le compositeur a repris le chemin des tournées (en famille) depuis le 9 janvier dernier entre la France et la Belgique, Daniel Guichard "roule à son rythme". "J’ai deux plumards, une cuisine, une salle de bains et je suis pénard". La liberté n'a pas de prix pour le chanteur qui n'a jamais perdu le goût de vivre ni l'envie de "déconner".

Célia de Veyle

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