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Emmanuel Macron : “Le président n’a pas du tout la grosse tête !” (EXCLUSIF !)

Publié le 13 janvier 2018

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Emmanuel Macron, à la station de ski de La Mongie. Éric Abadie, patron de L’étape du berger, le connaît depuis son enfance.

Depuis le mois de mai dernier, Emmanuel n’a pas chômé. Voyages officiels, réformes menées au pas de charge, hommages divers et variés, il n’a pas vraiment eu le temps de souffler. Pour Noël, Brigitte lui a imposé quelques jours de vacances bien méritées. Et pas n’importe où ! Alors que les autres présidents de la Ve République avaient pour habitude de passer les fêtes en famille dans leur propriété cossue, le couple présidentiel a fait le choix de la simplicité.

Manu et Bibi ont choisi La Mongie, une station de ski des Hautes-Pyrénées où, depuis l’enfance, le président a ses habitudes. Sa grand-mère maternelle Manette l’emmenait en vacances dans la maison familiale de Bagnères-de-Bigorre. Ici, pas d’hôtels de luxe comme dans les stations huppées des Alpes telles que Megève ou Courchevel.


Comme Monsieur et Madame Tout-le-monde, le couple a opté pour une location à la résidence Tourmalet. Pour deux cent cinquante euros la nuit, les hôtes ont accès à un spa avec piscine, hammam et sauna. Un vrai bonheur pour se délasser après avoir descendu les pistes.

En parfaite condition physique à 40 ans, Manu est un skieur aguerri et si plein d’assurance qu’il en oublie parfois de mettre son casque. Mais le chef de l’État sait aussi s’octroyer des plages de détente et ne raterait pour rien au monde un déjeuner en altitude au restaurant L’étape du berger.

Là, perché sur le col du Tourmalet, face aux sommets immaculés, il savoure le plaisir d’un retour aux sources dans cet établissement sans prétention dirigé depuis trente-six ans par Éric Abadie. Un personnage haut en couleur, qui, entre deux côtes de bœuf passées au four par ses soins, a accepté de nous révéler les habitudes culinaires de son ami de toujours, Emmanuel Macron qu’il appelle toujours « Manu ».

France Dimanche : Le président est un pilier de L’étape du berger ?

Eric Abadie : Oui. Quand il est à La Mongie, il vient déjeuner chez moi tous les midis. Mais venir ici, ça se mérite. Il faut prendre le télésiège et, en cas de tempête, braver le vent qui peut être redoutable. Mais ça ne fait pas peur à Manu.

F.D. : Quels sont ses plats préférés ?

E.A. : Aujourd’hui, je lui ai préparé un petit ragoût de mouton qui devrait lui plaire. À moins qu’il ne préfère une épaule d’agneau. On travaille les produits de notre ferme située dans le hameau de Campan. On est éleveur avant tout. On propose du mouton, du porc et du bœuf, en grillade ou en ragoût, selon l’humeur. Manu n’exige rien. Il se décide en fonction des plats du jour. Vous savez, il n’est pas compliqué. Il a beau être le président, pour moi, c’est un type simple et accessible qui accepte de faire des selfies même au beau milieu du repas. Côté cuisine, il varie les plaisirs. Un jour, il va opter pour une bonne entrecôte. Le lendemain, il prendra des côtes d’agneau ou peut-être du gigot, mais toujours servis avec des haricots tarbais, la spécialité de Bigorre, un bon produit du terroir souvent mijotés dans de la graisse d’oie. Il ne vient pas ici pour manger du caviar ! De toute façon, je n’en fais pas… [rires

F.D. : Où s’installe-t-il ?

 

E.A. : Vous savez ici, on est en famille et quand Manu débarque, il est comme à la maison. Je l’ai connu tout jeune quand il venait manger au restaurant avec ses grands-parents. Depuis, on a tissé des liens et je le considère comme un ami. Il n’a pas changé depuis ses vingt ans. C’est toujours le même, aussi simple, mais avec des responsabilités en plus. Le pouvoir ne lui a pas du tout donné la grosse tête, on continue à discuter de tout et de rien, mais surtout pas de politique ! Il débarque à l’improviste sans jamais réserver, en général vers 14 heures, après avoir passé la matinée à skier et aussi à plancher sur ses dossiers. S’il fait beau, il s’installe en terrasse sinon il se met à l’abri dans la salle à manger. Brigitte et lui ne sont pas du genre à faire des manières. Jamais ils ne se permettraient de réclamer une table en particulier.

F.D. : On l’a vu dévaler les pistes sans casque. Pas très prudent pour un président ?

E.A. : Je peux vous l’assurer, c’était tout à fait exceptionnel. Il l’avait oublié au restaurant mais il est vite revenu le chercher. Il n’est pas du style à prendre des risques inutiles, surtout depuis que pèse sur lui le poids des responsabilités !

F.D. : Le président craque aussi pour les desserts ?

E.A. : Nos assiettes sont si généreuses qu’en général, il n’a plus de place pour le dessert. En revanche, il aime bien prendre de la charcuterie en entrée. Il a un faible pour nos jambons qui ont, pour certains, jusqu’à trois ans d’affinage. Il n’est pas bien épais, il peut se faire plaisir, non ?

F.D. : Même Brigitte si soucieuse de sa ligne ?

E.A. : Brigitte n’a pas besoin de faire de régime. Elle est si mince ! Elle aime commander la soupe locale, la garbure, que je prépare à base de porc avec plein de légumes : choux, haricots, pommes de terre.

F.D. : Et pour la boisson ?

E.A. : Ils boivent tous les deux du vin. Avec nos plats si goûteux, ce serait dommage d’être à l’eau plate. J’ai mis à la carte les vins d’un producteur des Pyrénées, qui s’accordent parfaitement avec la gastronomie bigourdane. Manu et Brigitte apprécient particulièrement son Torus, un rouge fruité avec des notes d’épices. Mais attention, ils restent raisonnables : un verre pas plus !

F.D. : Vous lui présentez l’addition à la fin du repas ?

 

E.A. : Bien sûr. Il la règle comme tout le monde ! À L’étape du berger, pas de traitement de faveur ! Mais je vous rassure, on n’est pas au Fouquet’s. Le prix des plats oscille entre dix et vingt euros. C’est raisonnable, non ?

Sophie MARION

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