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Évelyne Dhéliat : Elle renonce à la météo !

Publié le 27 avril 2017

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La mort de son mari, Philippe, après 
50 ans de bonheur, a  dévasté Évelyne Dhéliat.

Mardi 11 avril, ce ciel qu’elle ensoleillait chaque jour de son chaleureux sourire est devenu noir. Évelyne Dhéliat la battante n’est pas là pour présenter le bulletin météo de 13 h, fait rarissime en plus de vingt-cinq ans. À son poste se trouve Louis Bodin, à qui elle a demandé une demi-heure plus tôt de la remplacer au pied levé.

Difficile pour ce dernier de reconnaître au téléphone la voix brisée par le chagrin qui l’appelait à la rescousse. Difficile aussi de trouver les mots pour consoler l’amie qui venait, en quelques instants, de voir son monde s’écrouler. Ce jour-là, en effet, la mort a frappé, la privant d’une partie d’elle-même.

Aux alentours de midi, son mari, Philippe Maraninchi, victime d’un malaise, succombait à un accident vasculaire cérébral. L’époux, l’amant, le frère, le père de leur fille, Olivia, Philippe était tout cela pour Évelyne, et bien plus encore.

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Ils s’étaient rencontrés très jeunes et, en plus de cinquante ans de vie commune, avaient construit leur bonheur pierre après pierre. Un bonheur simple, une famille, des amis, un tendre quotidien et des échappées belles. Un bonheur qu’elle n’évoquait presque jamais, si ce n’est pour déclarer : « Les jours les plus ensoleillés de ma vie personnelle ont été celui de mon mariage et celui de la naissance d’Olivia. »

Et c’est en grande partie grâce au soutien et à l’amour sans faille de Philippe que la journaliste a vaincu son cancer du sein en 2012, qui l’avait tenue éloignée quelques mois des plateaux de télévision. « Comme cela arrive à des milliers de femmes, j’ai subi une intervention chirurgicale qui m’a imposé du repos et un traitement », 
avait-elle pudiquement expliqué à son retour à l’antenne.

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Deux ans plus tard, c’était à son tour de se précipiter au chevet de son homme. En février 2014, Philippe, terrassé par un violent malaise, avait été hospitalisé à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Il avait survécu, grâce à une opération, à un premier accident vasculaire cérébral, assez grave pour qu’il reste quelque temps en soins intensifs. Évelyne avait-elle alors envisagé le pire ?

Sûrement, puisque c’était la deuxième fois que son époux s’effondrait, la toute première alerte remontant à 2007, quand, dans un train, Philippe s’était écroulé. Un malaise « vagal, avec des symptômes s’apparentant beaucoup à ceux provoqués par une crise cardiaque », avaient diagnostiqué les médecins.Mais envisager le malheur, n’était-ce pas déjà, pour une nature aussi optimiste qu’Évelyne, lui ouvrir une brèche ?

Lorsqu’on vit ainsi avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, ne vaut-il pas mieux profiter de l’instant présent, se sentir vivants, aimants, forts de savoir que, quoi qu’il arrive, l’autre sera là ? Joyeuse, sereine, c’est en tout cas ainsi qu’est apparue Évelyne ces derniers temps, que ce soit en présentant la météo ou en interviews, comme dans celle accordée à Nikos Aliagas sur Europe 1, le 8 mars.

Cela n’aura, hélas, pas suffi. En apprenant la disparition de ce compagnon chéri, la journaliste s’est littéralement effondrée. Moralement, bien sûr, mais aussi physiquement, faisant plusieurs malaises successifs, au point qu’elle a dû appeler son médecin. Incapable de parler, de tenir debout, comme si son corps se révoltait devant le manque et l’interminable absence qui lui étaient soudain imposés, Évelyne a craqué.

À son indicible douleur s’ajoute aussi, comme elle l’a confié à un proche, le remords, vain mais si touchant, de ne pas avoir pu sauver la vie de Philippe, comme lui l’avait fait pour elle lors de son cancer. Trouvera-t-elle la force de poursuivre cette longue et belle route tracée et parcourue à deux durant plus de 18 000 jours pour autant de nuits ? Certes, elle a pour l’instant renoncé à présenter son bulletin météo et annulé tous ses rendez-vous professionnels, mais tout porte à croire que oui.

« Ma nature profonde me pousse, en toutes circonstances, à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. […] Je suis une femme incroyablement optimiste », confiait-elle en 2013 à Paris Match.

Et puis, dans ce qui est sans doute la plus cruelle épreuve de sa vie, Évelyne Dhéliat n’est pas seule. Sa fille, Olivia, dont elle est très proche, et ses deux petits-fils, de 14 et 10 ans, ne sont pas seulement là pour la soutenir. En effet, à travers eux, c’est un peu de Philippe qui continue à vivre…

Lili Chablis

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