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Fiona Gélin : “J’aimerais bien 
devenir centenaire !”

Publié le 9 février 2018

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RSA, drogue, amours… Fiona Gélin, la comédienne 
de 55 ans, nous dit tout, sans tabou.

L’issue d’un rendez-vous médical pour subir une douloureuse injection aux genoux, Fiona Gélin, 55 ans, nous a confié tous ses malheurs, mais aussi sa joie immense de continuellement les surmonter. Car malgré toutes les embûches qu’elle a rencontrées depuis son enfance, la fille du célèbre acteur Daniel Gélin affirme avoir une foule de projets aussi divers que variés.

A commencer par deux pièces de théâtre : Le chameau bleu et Les frangines. De quoi lui faire presque oublier qu’elle a quand même toujours du mal financièrement à joindre les deux bouts. D’autant que les huissiers la menacent maintenant d’hypothéquer son appartement…

France Dimanche : En septembre 2016, vous nous faisiez part de vos vieux démons, l’alcool et la drogue, dans votre livre Si fragile (éd. l’Archipel). Comment allez-vous aujourd’hui ?

Fiona Gélin : Je sors tout juste de chez le médecin. J’ai subi quatre ponctions aux genoux en une semaine. C’était extrêmement douloureux. On m’a donné de la cortisone, donc ça va un peu mieux aujourd’hui. J’ai commencé à avoir mal au genou droit depuis toute petite à cause d’un épanchement de syntonie. Il y a quelques années, on m’a découvert de l’arthrose aux deux genoux. L’hiver dernier, je ne pouvais carrément pas marcher sans mes béquilles. Mais j’ai de la chance dans mon malheur. Car depuis trois ans, je suis au RSA, et « grâce » à cette arthrose, je peux toucher l’allocation aux adultes handicapés. Au lieu de gagner les 476 euros par mois du RSA, je touche désormais, depuis le début de cette année, 700 euros par mois. C’est quand même déjà mieux ! Mais ce qui me réjouit le plus, c’est que je remarche normalement depuis juin dernier. Et je dois ce miracle à une médaille que j’ai retrouvée dans un vieux vêtement de marque que je portais il y a une dizaine d’années. Cette médaille appartenait à ma mère…

FD : Vous croyez donc aux miracles ?

FG : Vu ce qui s’est passé, je ne peux qu’y croire. Faut dire que je prie tous les matins la Vierge Marie depuis 1996. Elle est même tatouée sur mon épaule. Avant j’étais athée. Je suis devenue croyante suite à mon premier internement à l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris. Je fais aussi beaucoup de yoga depuis treize ans. Tout ça me fait un bien fou. Il faut savoir qu’à la mort de maman, j’ai en outre perdu mes cils, mes sourcils, et j’ai été subitement ménopausée. Son départ aura été un choc terrible pour moi. Elle avait Alzheimer, je savais qu’elle allait bientôt partir, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi rapide.


FD : La maladie vous fait-elle peur ?

FG : J’ai déjà fait quelques examens : je n’ai ni ostéoporose, ni Alzheimer. à la mort de maman, j’ai eu peur d’être atteinte du même mal parce que j’ai fait deux semaines de coma à la suite d’une bronchite mal soignée. Suivies d’une semaine en fauteuil roulant. C’est mon étiopathe [médecine non conventionnelle manuelle dans la tradition des rebouteux, ndlr] qui m’a miraculeusement remise sur pied du jour au lendemain. C’est à cette période que j’ai souhaité obtenir la carte de donneur d’organes. S’il reste encore quelque chose de bon en moi, je souhaite que ça puisse sauver la vie de quelqu’un d’autre. J’ai déjà failli mourir cinq fois à cause de problèmes de santé. Mon frère est mort trop jeune d’un cancer du poumon, comme ma sœur [Xavier Gélin, mort en 1999 et Maria Schneider, en 2011, ndlr]. Si bien que j’ai décidé d’arrêter de fumer. Je me suis mise à la cigarette électronique, mais j’ai prévu de tout arrêter cette année. Je l’ai promis à ma mère. Je n’ai pas envie de mourir d’un cancer du poumon ! Dans la famille, nous n’avons pas été gâtés avec cette terrible maladie. J’aimerais bien être centenaire, même sur une chaise roulante ! Je n’oublie pas que j’ai été longtemps droguée à l’héroïne et à l’alcool. Ce n’est pas terrible, mais j’ai tout arrêté. Et je tiens toujours grâce au yoga, à la méditation et… au gingembre ! J’en prends tous les jours depuis le mois de juin dernier. J’ai exceptionnellement droit à un verre de vin ou de champagne, à l’occasion. Mais je n’ai plus touché une goutte de rhum depuis quatre ans. Je fais d’ailleurs des conférences sur la résilience : « Comment se sortir de la drogue et l’alcool ». Je commence enfin à être fière de moi, à m’aimer.

FD : Où en êtes-vous d’un point de vue professionnel ?

FG : Je n’ai pas joué au cinéma depuis vingt-deux ans. C’est long. Heureusement qu’il y a le théâtre. Même si là encore, je ne suis pas montée sur les planches depuis sept ans. Mais j’ai enfin remédié à ça puisque je suis à l’affiche de la pièce Le chameau bleu, de Pierre Sauvil, aux côtés d’Adeline Blondieau et Laurent Petitguillaume. Je l’ai déjà jouée notamment en Suisse. J’avais un de ces tracs ! J’en ai carrément eu un trou de mémoire. Ça ne m’a pas empêchée d’avoir une ovation du public. J’étais si heureuse ! Fin septembre, je serai aussi à l’affiche d’une autre pièce intitulée Les frangines. Je vais aussi monter le festival de la poésie Daniel Gélin. Ça devrait voir le jour en 2019. J’ai en outre commencé des cours de chant avec le grand Richard Cross. J’ai déjà sept chansons écrites pour un futur album. Ensuite, mon rêve serait de chanter dans la troupe des Enfoirés.

FD : Tout semble donc aller pour le mieux…

FG : Oui, si ce n’est que les huissiers viennent de tout me prendre à la banque. Comment vais-je faire maintenant pour payer mes charges ? Je suis encore endettée de 10 000 euros. Il ne manquerait plus qu’ils hypothèquent mon appartement [à Paris, ndlr] ! Ils m’ont d’abord menacée de venir tout prendre chez moi. Dieu merci, ils ne sont pas encore passés. Mais j’ai peur qu’ils me prennent mes meubles… Au printemps dernier, j’ai carrément dû vendre ma voiture tellement j’étais dans la dèche. Je me déplace désormais en métro ou en bus dans Paris. Si seulement je pouvais gagner au Loto ! Heureusement que je suis parfois aidée financièrement par deux personnes exceptionnelles : Daniel Hechter [son ex-compagnon, ndlr], et Golda, une amie très proche. C’est Golda qui me remplit le frigo et qui m’habille depuis trois ans. Mais comme je viens d’obtenir l’allocation adulte handicapé, je ne paierai ni la taxe foncière ni la taxe d’habitation cette année. Enfin une bonne nouvelle !

FD : Et comment vont les amours ?

FG : Je suis célibataire depuis cinq ans. Et j’en ai ras-le-bol ! J’aimerais tant refaire ma vie une dernière fois, voir un homme vieillir. Je voudrais surtout me remarier. Je suis d’ailleurs déjà allée voir le curé de Saint-Tropez, dans l’église où je voudrais que ça se passe. Il ne manque plus que le futur… marié ! Je l’imagine d’origine italienne, propriétaire d’une grande maison en Italie, ou au Cap-Ferret, par exemple. Tant qu’à faire ! C’est du moins ce que j’ai demandé à mon ange gardien. à ce même ange gardien, j’avais déjà demandé un Italien restaurateur d’art, et je l’ai trouvé. C’est avec lui que je me suis mariée en 2002, avant de divorcer cinq ans plus tard. Je me souviens qu’il m’avait demandé ma main alors que j’étais à Sainte-Anne… Des demandes en mariage, j’en ai eu des tonnes quand j’étais jeune. Aujourd’hui, c’est fini… Hormis parfois des lettres d’amour de taulards. Mais j’y crois encore, je n’ai que 55 ans ! Je préfère rester optimiste… En attendant, je me console en me disant que je suis une maman et une grand-mère heureuse. Mon fils Milan [28 ans, ndlr] est aujourd’hui directeur d’un restaurant à Paris qui s’appelle… Mamie ! Marrant, non ? Il aimerait bien redevenir comédien. Et ma petite-fille vient d’avoir 6 ans, elle est splendide. C’est une bombe ! Elle a les yeux bleus comme l’océan. On dirait ma mère quand elle était jeune…

Philippe CALLEWAERT

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