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Gérald Dahan : “J’ai réalisé mon rêve !”

Publié le 8 mars 2017

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Entouré de ses deux plus grandes fans, l’humoriste Gérald Dahan nous fait visiter son nouveau théâtre flottant, entre  amour et fantaisie…

C’est à bord du Nez rouge, l’étonnant bateau théâtre dont il est propriétaire depuis peu, que le célèbre imitateur nous a reçus. Entre deux répétitions de son nouveau spectacle, Dahan présidents, dans lequel il parodie avec talent les travers des futurs candidats à l’élection, Gérald Dahan, 43 ans, nous raconte le rêve qu’il réalise.

Au côté de son épouse, Claire, sur laquelle il pose un regard attendri, il a sur ses genoux sa petite Élisa, 2 ans, qu’il fait éclater de rire. À moins que ce ne soit le contraire…

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France Dimanche (F.D.) : Ravi de votre dernière acquisition ?

Gérald Dahan (G.D.) : Plus que jamais ! J’ai réalisé mon rêve : vivre sur un bateau qui est aussi un lieu de spectacle. Depuis le 12 janvier et jusqu’après le second tour de la présidentielle, j’y joue mon tout nouveau one-man-show, adapté en fonction de l’actualité politique, et Dieu sait qu’elle est chargée ! Il faut suivre le rythme, car le matin on écrit un sketch, et le soir il est déjà dépassé. Les Guignols ne sont plus que sur Canal, mais sur toutes les chaînes, en chair et en os ! Ça stimule la créativité, et le spectacle change vraiment tous les jours. Je me régale !

F.D. : Vous recevez aussi de nombreux artistes.

G.D. : C’est le but. J’ai souhaité un lieu culturel dédié à l’humour, la musique, la chanson, le cinéma, le théâtre, le mime, les créations jeune public. Offrir à la fois une rampe de lancement aux jeunes talents et recevoir des gens confirmés. On a eu les guitaristes Jean-Félix Lalanne, Norbert Krief (Trust et Johnny Hallyday) ; les chanteurs Michael Jones, Renaud Hantson, Jean Guidoni ; les comédiens Christophe Malavoy, Thierry Samitier ; les humoristes Sandrine Alexi, Christophe Alévêque. Tous souhaitent revenir, car il y a une proximité incroyable avec le public et l’acoustique est géniale.

Élisa, entre papa Gérald et maman Claire. Photos : Éric Fougère
Élisa, entre papa Gérald et maman Claire. Photos : Éric Fougère

F.D. : Comment est née cette envie de vivre sur l’eau ?

G.D. : Le déclic s’est produit il y a deux ans, lorsque nous nous sommes dit oui, ma femme et moi, sur une péniche justement. J’aimais le côté atypique de se marier ainsi. Et cette expérience a confirmé notre profond désir de vivre sur l’eau. On en a visité plein, et je suis tombé sur cette péniche de 40 m de long qui transportait du charbon et de la soude et était surnommée le «Nez rouge» par les mariniers à cause de la bande de peinture rouge sur sa coque avant. En 1986, Michel Galabru l’a transformée en théâtre, avant de la revendre à un couple de comédiens itinérants qui sillonnèrent les canaux de France pendant plus de quinze ans. Ils sont même venus y jouer depuis j’ai racheté la péniche. En juin dernier, j’ai fait 500 km pour la ramener du Jura, puis nous l’avons rénovée de fond en comble durant trois semaines avec des copains. Elle porte le n° 105, qui est devenu mon nombre fétiche. Car, la veille de la visiter, j’ai dormi à l’hôtel dans la chambre 105. Mon rendez-vous à la mairie de Paris pour présenter mon projet a eu lieu dans le bureau 105. Quand j’ai fait ma formation de sécurité incendie, la première question a été de savoir si je connaissais le nombre maximal de décibels autorisés à bord. Je n’en savais rien du tout, alors j’ai répondu 105, et c’était ça. Du coup, en décembre, pour son inauguration, nous avons accueilli 105 artistes.

F.D. : Votre petite dernière, Élisa, doit être ravie de jouer les moussaillons ?

G.D. : Elle est aux anges ! Elle assistait déjà à mes tournées, mais là, le public vient dans sa maison, et je peux vous dire qu’elle n’est pas la dernière à faire le spectacle en coulisse. À 2 ans, ma fille me fait mourir de rire ! Elle salue avec un chapeau, occupe la scène, a déjà tous les codes de l’artiste et un sens assez aigu de l’observation, ce qui nous désarme. Elle trouve toujours le moyen d’attirer l’attention sur elle. J’ai l’impression de me revoir quand j’étais gamin, sauf que moi j’avais déjà 5 ans, et elle est déjà très drôle ! Pour rigoler, je lui ai même fait une affiche d’elle sur la scène du Nez rouge avec en titre « One baby show », barré d’un « Complet et uniquement dans les coulisses ! » Elle vit pleinement l’aventure avec nous.

F.D. : Claire, votre épouse, a-t-elle aussi le pied marin ?

G.D. : Elle n’était jamais vraiment montée sur un bateau. Moi, j’ai eu la chance, quand j’étais enfant, de beaucoup naviguer en mer avec mon papa. Pour le coup, Claire a tout changé en me rencontrant : de vie, de région, de travail, d’environnement… Quand je l’ai connue, elle dirigeait un journal à Chambéry. Elle est passée de la montagne à l’eau, et surtout, elle a dû s’habituer au milieu du spectacle. C’était donc un vrai bouleversement, mais aussi un grand bonheur ! Une évidence, comme ça l’a été tout de suite entre nous. Elle était enceinte moins de deux mois après notre rencontre, on s’est mariés l’année suivante… C’est la chanson de Joe Dassin, La fleur aux dents : « Il y a les filles que l’on aime, celles qu’on aurait pu aimer, et puis un jour il y a la femme qu’on attendait… »

F.D. : Que manque-t-il à votre bonheur ?

G.D. : Je me trouve bien chanceux de pouvoir réaliser tant de choses. J’ai toujours mené ma vie ainsi, en réalisant mes rêves d’enfant, et je crois que c’est ça aussi, devenir adulte.

F.D. : Comptez-vous partir avec la péniche ?

G.D. : Oui, bien sûr. Comme c’est un excellent bateau, qui navigue très bien, on va descendre sur le festival d’Avignon l’année prochaine, et aussi partir en tournée avec plusieurs artistes, tous logés à bord, puisqu’il y a plusieurs cabines. Quel plaisir d’avoir l’impression d’être chez soi partout, d’ouvrir la porte et d’être ailleurs ! Pouvoir partir avec son propre théâtre procure un incroyable sentiment de liberté. Et nous reviendrons au 13 quai de l’Oise, dans le XIXe arrondissement de Paris, son port d’attache, où il n’a pas été si simple de la faire arrimer… On peut même dire qu’il a fallu soulever des montagnes ! Depuis la première fois que je l’ai visitée, le 26 juin dernier, je m’y consacre entièrement, nuit et jour. Mais le résultat est là : un public toujours plus nombreux. On affiche d’ailleurs complet tous les soirs et les gens repartent enchantés du spectacle, mais aussi de l’endroit. Une belle récompense !

Caroline Berger
Photos : Éric Fougère