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Laurent Voulzy : Traumatisé par le racisme

Publié le 25 octobre 2017

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Enfant, Laurent Voulzy n’osait même pas s’asseoir dans le métro, de peur d'être chassé de son siège à cause de sa couleur de peau.

Comme il l’a chanté 
dans l’un de ses
 plus grands tubes, 
Cœur grenadine, l’éternel complice d’Alain Souchon, Laurent Voulzy est « né dans le gris par accident », parce que sa mère, Marie-Louise, avait décidé de quitter son île natale, la Guadeloupe, pour devenir chanteuse et danseuse en métropole.

->Voir aussi - Laurent Voulzy : Il s'est marié avec une journaliste venue l'interviewer !

Elle ne fera jamais carrière, et son fils grandira dans une maison où l’on parle et où l’on cuisine créole, au rythme de la salsa, du calypso et du merengue, un petit coin d’Antilles à Nogent-sur-Marne. Mais l’enfant n’a pas la nostalgie de cette terre qu’il n’a jamais foulée. Quant à ses premières influences musicales de chanteur débutant, elles sont plus anglo-saxonnes qu’antillaises ou afro-cubaines.

En revanche, ses origines vont avoir une influence néfaste sur sa personnalité, le traumatisant toute sa jeunesse. Petit garçon puis adolescent, il craignait à chaque instant d’être victime de racisme, comme il l’a confié dans une interview accordée à notre confrère VSD, à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Belem.

« J’étais maladivement timide, se souvient-il, je n’osais pas m’asseoir dans le métro de peur de prendre la place de quelqu’un. J’avais des complexes avec ma couleur, je craignais que quelqu’un me dise : “Eh, dis donc, le negro, tu laisses la femme s’asseoir !” Donc jamais je ne m’asseyais dans un bus ou un métro. J’avais ce complexe-là. »

Tourmenté

Si cette peur maladive a pu l’aider à muscler ses cuisses à force de rester debout dans les transports en commun, l’on se doute que cela n’a pas dû le rendre plus sociable. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans son nouvel opus, figure une chanson, Timide, aux paroles plaquées sur des accords de bossa-nova brésilienne. « J’avais 17 ans, je l’avais écrite pour une fille dont j’étais un peu épris, explique-t-il, toujours dans VSD […]. Moi, je pense que je n’avais pas la cote, elle, par contre, l’avait avec moi. »

Son pote Alain Souchon est persuadé qu’il s’est mis à jouer de la guitare pour séduire les filles, mais Laurent n’est qu’à moitié convaincu par cet argument : « Avoir cet instrument dans les mains m’a aidé à être moins timide. Ça a été une façon de dire mes tourments d’amour et de les chanter aussi, mais je ne suis pas certain que ce soit la raison qui m’a poussé. J’étais vraiment fasciné par la guitare. »

Et d’avouer que même s’il lui semblait plaire aux filles quand il montait sur scène, dès qu’il en descendait, sa peur reprenait le dessus. Quand ses copains de lycée lui proposaient d’inviter des jeunes femmes solitaires à danser un slow, Laurent n’osait pas se lancer. Peut-être craignait-il que ses « cibles » le rejettent pour sa couleur de peau ?

Heureusement, depuis, ses épouses, Betty (décédée en 2015)
 et Mirella, ainsi que la ravissante actrice Véronique Jannot, avec qui le chanteur de 68 ans a vécu une belle histoire d’amour, lui ont prouvé que Laurent Voulzy avait tout pour plaire. Tout est une affaire de goût… plutôt que de couleur de peau.

Claude Leblanc

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