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Max Guazzini : “Brigitte Bardot est une sainte !”

Publié le 5 décembre 2017

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Ce créateur inclassable vient d’écrire son autobiographie. En exclusivité pour France Dimanche, Max Guazzini évoque quarante ans de souvenirs d’une vie passionnée… Dalida, Mitterrand, Claude François, Johnny.

Ex-président du Stade français et cofondateur de la radio NRJ, Max Guazzini nous a reçu dans une brasserie de la porte de Saint-Cloud : après s’être confié sur ses racines italiennes et son enfance tumultueuse à Marseille, il nous parle à cœur ouvert de la star qui a marqué sa jeunesse : Dalida.

France Dimanche : Vous débutez votre livre par un coup de fil d’Orlando, catastrophé, le 3 mai 1987. Que se passait-il ?

Max Guazzini : Sa sœur Dalida venait de se donner la mort. C’était un dimanche, en milieu d’après-midi. Au téléphone, il disait : « Viens, viens, il faut que tu viennes tout de suite ! Max écoute, viens ! ». J’ai aussitôt compris. Vingt ans plus tôt, elle avait fait une tentative de suicide qui avait échoué. Cette fois, elle avait tout mis en œuvre pour réussir. Orlando voulait cacher ce drame : « On va le dire à personne, on va l’enterrer et on verra après.  » Ce qui était complètement illusoire : les pompiers étaient venus, le Samu était intervenu, donc la presse était forcément informée. Il était 17 heures. La dépêche est tombée 3 heures après, vers 20 h 10. On est restés trois heures, coupés du monde, dans un non-dit complet, enfermés, barricadés…

F.D. : Et le soir même, en rentrant chez vous, vous assistez à un spectacle à peine croyable…

M.G. : Oui. Il y avait dans ma chambre une penderie coulissante composée de miroirs. Lorsque je suis rentré, le miroir était brisé ! Dans la chambre d’à côté se trouvait un tableau que le peintre Richard Chanfray, l’ex-compagnon de Dalida, m’avait donné. Il représentait New York avec un ciel orange. Le tableau s’était décroché, il était tombé…

F.D. : Avant d’être l’attaché de presse de Dalida, vous avez été vous-même chanteur… C’était une vocation ?

M.G. : Plutôt une expérience que j’avais envie de vivre : j’avais décidé que je serai chanteur. Mais comme je n’étais pas vraiment doué, j’ai réussi à ne faire que deux disques. Comme quoi dans la vie, quand on veut vraiment quelque chose, on finit par y arriver. à l’époque, Orlando et Dalida avaient créé une maison de production, ils avaient quitté Barclay, ils voulaient découvrir de jeunes talents. Après beaucoup d’auditions, et beaucoup de travail, j’ai été retenu.

F.D. : Autre révélation, vous racontez que Dalida prêtait de l’argent à la mère de Claude François, Chouffa, accro aux jeux de hasard…

M.G. : Profondément généreuse, Dalida n’osait pas dire non lorsque Chouffa lui en réclamait. Un jour, elle l’a avoué à Claude François. Très en colère, il lui a ordonné « Arrête tout de suite ! ». Elle a arrêté. Mais Claude et Dalida s’aimaient beaucoup : ils avaient en commun des racines égyptiennes et un passé douloureux.

F.D. : Vous évoquez la relation de la chanteuse avec François Mitterrand. L’ancien président de la République a donc bien été son amant ?

M.G. : Je n’étais pas dans leur lit… Mais une chose est sûre : Mitterrand était un sacré séducteur, un « chaud lapin » à cette époque. Avec Dalida, ils se connaissaient depuis 1974. Ils s’étaient rencontrés à une Fête de la rose, à Marseille, je crois. Elle aimait son côté intellectuel et son immense culture. Elle n’avait pas fait d’études supérieures, et le savoir, le phrasé de François Mitterrand la fascinaient. Une fois devenu président, il venait lui rendre visite incognito, sans service de sécurité. Pour lui faire plaisir, il a ordonné l’installation de réverbères rue d’Orchampt, où elle habitait. Aujourd’hui, les riverains de la rue profitent sans le savoir de l’éclairage de François Mitterrand  à la mort de la chanteuse. Mitterrand ne s’est même pas déplacé à ses obsèques. Peut-être avait-il peur de la rumeur…

F.D. : En 1986, vous révélez que lors du deuxième anniversaire d’NRJ, vous affrontez l’un des pires drames de votre vie…

M.G. : C’était au pub Renault sur les Champs-Élysées, un samedi après-midi, il y avait Jean-Luc Lahaye. Johnny Hallyday était venu la veille. Beaucoup d’adolescents étaient là devant la vitrine, une centaine, deux cents peut-être… Et là, Nathalie, mon assistante, remarque un paquet suspect, avec une fleur qui sortait. Et comme on était en pleine période d’attentats, elle a appelé deux policiers. Ils ont pris le paquet, l’ont descendu dans un sous-sol et ça a explosé. Ils sont morts tous les deux, déchiquetés ! Ils se sont sacrifiés pour éviter un carnage. Moi, j’étais effondré…

F.D. : En dehors de Dalida, il existe une autre femme que vous admirez beaucoup : Brigitte Bardot. Pourquoi ?

M.G. : Tout ce que fait Brigitte Bardot est formidable. Ecoutez, elle est peut-être critiquée, moi je ne la connais pas personnellement… Reste que cette femme est une sainte pour les animaux. Elle est une sainte tout court. J’ai beaucoup d’admiration pour l’actrice, parce qu’il n’y a jamais eu une comédienne plus belle qu’elle dans l’histoire du cinéma français. Franchement, personne ne lui arrive à la cheville. C’est la diva, la star, point à la ligne ! Les autres actrices de l’époque, elles étaient bien gentilles, mais elles pouvaient toujours aller se rhabiller. Aujourd’hui, ce que Brigitte Bardot fait pour les animaux est incroyable. Je déplore d’ailleurs que les médias ne soient pas toujours tendres avec elles. Moi, je me fous de ce qu’elle pense, je regarde simplement ce qu’elle fait pour les bêtes : c’est hautement respectable !

F.D. : Vous-même adorez les animaux. à commencer par Holy et Mirka, vos deux chiennes…

M.G. : Je les adore comme mes propres enfants. Quand, à l’été 2015, Holy s’est égarée deux semaines dans les Landes, j’ai beaucoup pleuré, je ne vivais plus. Pour la retrouver, beaucoup de gens m’ont aidé, ainsi que des journaux, dont le vôtre. Merci du fond du cœur ! Je n’oublierai jamais ces gestes de gentillesse. En septembre dernier, j’ai adopté, dans un refuge, un jeune chien du nom de Rick.

F.D. : Vous m’avez avoué que notre journal, France Dimanche, vous renvoie à votre petite enfance…

M.G. : Ma mère, une femme très douce, l’achetait et le lisait régulièrement. Et je me souviens très bien du petit garçon que j’étais découvrant les couvertures spectaculaires de votre journal.

F.D. : Pourquoi avoir intitulé votre livre Je ne suis pas un saint ?

M.G. : Je suis un grand timide, un homme pudique, assez secret, et parfois si torturé… Et comme tous les timides, j’ai été dans ma vie capable des plus grandes audaces : imaginez que j’ai été chanteur, avocat, créateur d’NRJ avec Jean-Paul Baudecroux, puis président du Stade français Rugby (cinq fois champion de France), initiateur du catalogue Les dieux du Stade, puis producteur de CD de chants grégoriens. Malgré ces mille vies, je n’ai pas tout dit, loin de là : il y a des pensées et des choses que j’ai faites qui demeureront à jamais enfouies au plus profond de moi. Vraiment, croyez-moi : je ne suis pas un saint… »

Jean-Baptiste DROUET

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