France Dimanche > Actualités > Michel Sardou : Il a risqué sa vie pour sauver sa fille

Actualités

Michel Sardou : Il a risqué sa vie pour sauver sa fille

Publié le 2 février 2018

sardou-michel-cynthia-20180116

Le 24 décembre 1999, en voulant secourir Cynthia, victime de viols, Michel Sardou perd le contrôle de son véhicule.

Dans ses chansons, comme dans la vie, il n’a jamais mâché ses mots, ce qui lui a valu d’être catalogué comme « réac » par certains. Même quand il parle de lui, Michel Sardou ne se fait pas de cadeau. C’est ainsi qu’il y a quelque temps, il confiait au Journal du dimanche avoir été un mauvais père : « Je n’ai jamais eu de tête à tête avec mes enfants. […] Leur vie me touche, me préoccupe, mais ne me regarde pas », affirmait-il.

Cela suffit-il à en faire un papa déficient ? Sûrement pas. Comme le raconte son producteur et ami, Jean-Claude Camus, dans sa biographie qui vient de paraître chez Plon, intitulée Pas né pour ça, le chanteur a même risqué sa vie pour voler au secours de sa fille, Cynthia ! Nous avons déjà évoqué dans notre magazine la terrible tragédie qu’a vécue la jeune femme et qui a marqué au fer rouge tout le clan Sardou.

Le soir du 24 décembre 1999, Cynthia, alors âgée de 26 ans, quitte les locaux de la chaîne iTélé où elle est reporter. Trois voyous la suivent, l’enlèvent et la séquestrent. Durant ce cauchemardesque réveillon de Noël, comme la malheureuse le confiera en 2005 dans son ouvrage Appelez-moi Li Lou, ses ravisseurs abuseront d’elle à tour de rôle…

Abandonnée au petit matin par ses bourreaux, la jeune femme est hospitalisée dans un premier temps, puis recueillie chez son célèbre papa et son épouse, Anne-Marie Périer.

Angoissé

Comment survivre après un tel drame ? La béquille chimique des antidépresseurs, le soutien d’un psychiatre ne suffisent hélas pas. Obsédée par le souvenir de cette nuit atroce, elle finit par se persuader que son propre père est le responsable de tous ses maux. À l’en croire, il l’aurait même chassée de la maison. « Je ne veux plus que tu restes ici. Tu nous emmerdes ! Ta thérapie, c’est de la merde ! », écrit-elle dans son livre.

Ces paroles, le chanteur les a-t-il vraiment prononcées? Si oui, fallait-il les prendre pour argent comptant, ou comme l’aveu d’impuissance d’un père blessé, qui ne sait plus que faire pour aider son enfant à guérir? Il faut dire qu’entre eux, la communication n’a jamais été simple.

Quand Cynthia naît, en 1973, le couple que forme Michel et Françoise bat de l’aile. Le chanteur s’est en effet épris de Babette, qu’il épousera quatre ans plus tard. La petite fille souffre d’autant plus de cette séparation que sa mère refait sa vie avec un homme tyrannique, un beau-père qu’elle surnommera le Funeste… Il n’empêche. Cynthia a beau en vouloir à celui qu’elle n’appelle presque jamais « papa » mais « Sardou », en cette horrible nuit, alors qu’elle vient de se faire sauvagement agresser et violer, la première personne qu’elle pense à contacter, c’est Michel.


En entendant la voix entrecoupée de sanglots de sa cadette qui appelle au secours, le sang de la star ne fait qu’un tour, comme le raconte son ami Jean-Claude Camus. Cette même nuit, vers 1 heure du matin, le producteur reçoit en effet un appel angoissé d’Anne-Marie Sardou. « Michel est parti comme un fou en voiture, lui explique-t-elle. Sa fille l’a appelé, elle était en pleine campagne du côté de Pontoise, elle a été violée. »

Le chanteur, pressé (et qui ne l’aurait pas été à sa place ?) d’arriver auprès de Cynthia, a sans doute appuyé un peu trop sur le champignon, omettant les règles élémentaires de sécurité. À peine a- t-il parcouru quelques kilomètres que c’est le choc, la collision. Comme Anne-Marie, désespérée, le confie à Jean-Claude Camus : « Il a eu un accident sous le tunnel de La Défense. Maintenant, je ne sais pas où il est.

Très inquiet, le producteur décide alors de passer prendre Mme Sardou en voiture, et de partir à la recherche de Michel et Cynthia… Qu’ils finissent par retrouver au commissariat de Pontoise, à quelque 25 km de Paris. Comme l’écrit Jean-Claude Camus : « Ce fut une nuit épouvantable pour nous tous. […] J’étais en pleine détresse. »

Amour Est-ce par pudeur, ou parce qu’il s’en est voulu de ne pas être arrivé auprès de sa fille aussi vite qu’il l’aurait souhaité que Michel n’a jamais évoqué ce terrible accident ? Lequel est aussi une magnifique preuve d’amour ! Car cette nuit-là, il a bel et bien risqué sa vie pour voler au secours de Cynthia. Même s’il n’a pas toujours su ensuite trouver les mots pour l’aider à guérir de ce traumatisme, comme il le confiait en 2010 dans l’émission Sardou en question, que lui consacrait France 2 : « Je ne sais pas comment m’y prendre. Je suis très maladroit pour ça… C’est très difficile, avec ce qu’elle a souffert. […] J’ai le sentiment qu’on ne se comprend pas. […] Moi, en tant que père, je ne sais pas comment on s’y prend. »

Heureusement, le temps et le travail que Cynthia a accepté de faire sur elle-même – sur les conseils de son père –, ainsi que sa rencontre avec le journaliste et écrivain Jean-Claude Bataille, épousé en 2012, lui ont permis de trouver enfin la paix. Capable d’envisager l’avenir sereinement, la jeune femme s’est aussi réconciliée avec le passé et son illustre papa. Il y a trois ans, dans Une vie à reconstruire, son deuxième ouvrage, publié chez City, elle racontait combien Michel avait joué un rôle essentiel dans sa métamorphose. Et confiait peu après, dans une interview accordée à RTL : « Je voudrais lui dire merci. Merci de m’avoir sauvé la vie et d’avoir été si patient. » Un message qui, n’en doutons pas, a dû mettre du baume au cœur de ce « mauvais » père !

Lili CHABLIS

À découvrir