France Dimanche > Actualités > Nana Mouskouri : Une véritable Mamie Rock !

Actualités

Nana Mouskouri : Une véritable Mamie Rock !

Publié le 8 février 2018

mouskouri-nana-20150205

À 83 ans, Nana Mouskouri revient avec “Forever young”, un disque de reprises 
d’Elvis Presley, Amy Winehouse 
ou encore 
Bryan Adams…

On a parfois tendance à l’oublier mais son palmarès est éblouissant…

Jugez plutôt : au cours de sa carrière riche de 134 albums, dont 42 en français, Nana Mouskouri a vendu plus de 300 millions de disques, un succès phénoménal la plaçant ainsi juste derrière une autre immense vedette… Madonna !

Un aspect comptable qui semble ne pas impressionner la chanteuse aux lunettes cerclées de noir, préférant de beaucoup s’attacher au côté humain :
« Ce qui compte, c’est que ça fait un paquet d’amour », vient-elle en effet de confier dans Le Parisien face à cette réalité terre à terre…

Celle qui a débuté en 1958 n’a donc rien à envier aux plus grandes stars internationales, et se paye même, à 83 ans, un virage à 180 degrés dans sa carrière.

Répertoire

Car, tenez-vous bien, la toujours brune Ioanna – son vrai prénom ! – nous revient en ce début 2018 littéralement transformée… en véritable mamie rock !

Elle qui avait décidé d’abandonner le métier en 2010 n’a finalement pas pu raccrocher ses gants de diva et sort un nouveau recueil de chansons intitulé Forever Young (Jeune pour toujours), un titre qui en dit long sur son vivifiant état d’esprit. Et pour tester ce cadeau musical qui ne fera pas marcher en rythme L’enfant au tambour, elle vient de débuter, le 25 janvier, à Caluire, dans le Rhône, une tournée qui s’arrêtera à la salle Pleyel à Paris, le 8 mars !

« Dans le cœur, je me sens jeune », a-t-elle encore déclaré, toujours dans les colonnes de notre confrère. Va-t-elle pour autant, après avoir interprété la plupart des styles musicaux et chanté l’amour dans toutes les langues, nous la jouer « tout cuir, santiags et lunettes noires » ?


Rien n’est moins sûr, rassurez-vous ! Car notre Nana n’a pas besoin de ça pour déplacer les foules. Mais tout de même, pour ce grand retour à la scène, la chanteuse grecque a décidé de s’attaquer à un répertoire plutôt… musclé !
Si, bien sûr, elle ne déroge pas à la règle de reprendre les chansons préférées de ses amis, comme le regretté Leonard Cohen, Joan Baez ou Bob Dylan, aussi incroyable que cela puisse paraître, elle convoque également Elvis Presley, Amy Winehouse et Bryan Adams !

Une facette de sa personnalité qui, durant toutes ces années, était restée enfouie. Pourtant, Nana affirme, dans Le Parisien : « J’aime le rock and roll depuis petite. Mon père était projectionniste et j’ai été nourrie par les films d’Elvis. » Et d’ajouter : « J’aime aussi Stromae et Christine and the Queens qui me touchent car ils sont uniques et gèrent tout seuls leur musique, leurs shows et leur image. »

Ce fracassant retour lui vaudra peut-être l’aval d’un public plus jeune qui découvrira sa voix pure teintée d’accent grec. Une façon comme une autre d’oublier que ses débuts n’ont pas été faciles : « On m’a beaucoup rejetée, a-t-elle également confié. J’en ai souffert. Pour mes lunettes, d’abord. J’ai été la première à en porter et on m’a souvent demandé de les retirer. Je ne l’ai jamais fait car je suis myope, ce n’est pas pour me donner un style. »

Infatigable

Pour ne rien arranger, au plus fort de sa carrière, cette maman de deux enfants, Nicolas et Hélène, a dû faire des choix qu’elle regrette encore aujourd’hui : « Je n’ai pas été assez présente pour mes deux enfants. Jusqu’à 7 ans, a expliqué Nana, ils m’accompagnaient partout, mais quand ils sont rentrés à l’école, ils sont restés à Genève où ils sont nés, et moi j’étais tout le temps sur les routes. Après le divorce (d’avec le guitariste Georgios Petsilas, ndlr), j’avais leur garde, mais c’est surtout leur nanny qui était là. »

Un regret qu’Hélène, la fille de la chanteuse a exprimé en déclarant en 2016 : « à un moment donné, c’est elle (Féfé, la nurse, ndlr) qu’on appelait maman. Nana, on l’appelait notre mère… »

Même écho chez son fils, Nicolas : « Pendant longtemps, nous avons été étrangers… Dès qu’elle avait une journée de congé, elle prenait l’avion pour nous voir même si elle était à l’autre bout du monde. Mais ça ne servait à rien. Quand elle arrivait, elle était crevée. Elle était là mais pas complètement

Une absence qui a donc si lourdement pesé sur les rejetons de l’interprète de Quand je chante qu’ils en sont venus à haïr son personnage public, encore aujourd’hui, si longtemps après en avoir souffert : « Ils aiment leur maman mais ils détestent la chanteuse, a en effet déploré la star. La chanteuse leur a pris leur maman. »

Alors que cette infatigable artiste à la voix de cristal s’apprête à nous faire danser, voire virevolter en cadence sur les plus grands succès du rock, souhaitons-lui d’en profiter pour laisser s’envoler par la même occasion ces douloureux regrets. Et puis, les regrets, il paraît que ça n’a rien de rock and roll…

Clara MARGAUX

À découvrir