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Patrick Sébastien : Il prépare sa mort

Publié le 1 décembre 2017

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À l’occasion de la sortie de son livre, l’humoriste Patrick Sébastien a donné des détails sur sa dernière demeure.

Dans son livre Le bonheur n’est pas interdit (XO éditions), Patrick Sébastien se présente comme un homme-enfant et nous fait partager ses secrets pour surmonter les épreuves et les souffrances, lui que le sort n’a guère épargné. Et la sortie de son ouvrage a aussi été pour lui l’occasion d’évoquer un sujet auquel, l’artiste, aujourd’hui âgé de 64 ans, songe de plus en plus dans une interview accordée à Faustine Bollaert pour le magazine Femme actuelle. Quand la journaliste lui demande : «  Tu penses à la mort ?  » Patrick ne se dérobe pas, expliquant avoir tout préparé pour son baisser de rideau. «  Bien sûr  ! Après 60 ans, on peut tomber à la seconde  ! Mais la mort ne me fait pas peur, j’ai déjà prévu mon enterrement.  » Et l’homme de télévision entre ensuite dans les détails de ses obsèques, qui seront, si ses dernières volontés sont respectées, bien à son image : «  Je veux des guirlandes sur mon cercueil et une bosse à hauteur du sexe, pour faire chier.  »

Même si Faustine Bollaert ne cherche pas à en savoir plus, l’on se plaît à penser que cet ultime hommage à sa virilité a pu lui être inspiré par le culte érotique dont fait l’objet Yvan Salmon, dit Victor Noir, journaliste mort à 21 ans, en 1870, qui repose désormais au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Son destin a tourné court le jour où Paschal Grousset, homme politique et patron de presse, s’estimant calomnié par un article signé du prince Pierre-Napoléon Bonaparte, cousin de l’empereur, lui demande, ainsi qu’à son confrère Ulric de Fonvielle, de se présenter au domicile de l’auteur de cette attaque pour exiger des excuses de sa part et, en cas de refus, lui signifier qu’il le provoque en duel. Mais la rencontre vire au cauchemar. Fou de rage, Bonaparte sort un revolver de sa poche et tire six balles, dont l’une, fatale, atteindra Victor à la poitrine.


Le journaliste deviendra, bien malgré lui, le symbole de la lutte pour la liberté contre la répression, et pas moins de 100  000 personnes assisteront à ses funérailles, à Neuilly-sur-Seine. En 1891, la dépouille de cette icône de la République sera transférée au cimetière du Père-Lachaise, et le sculpteur Jules Dalou ornera sa tombe d’un gisant en bronze remarquable de réalisme.Cette œuvre fait l’objet, depuis une cinquantaine d’années, d’un culte «  nécro-romantique  ». Car en l’observant de plus près, on remarque une proéminence au niveau de l’entrejambe, polie non pas seulement par le temps mais aussi par les caresses de toutes celles qui ont cru en une rumeur lancée, voici un demi-siècle, par deux étudiantes.

Une légende selon laquelle la protubérance du gisant de ce pauvre Victor rendrait hommage à l’ultime érection du jeune journaliste à l’agonie. Ce phénomène très courant chez les pendus, plus rare chez ceux qui succombent à des blessures par balle, ne s’est en l’occurrence pas produit dans le cas du journaliste. Pourtant, de nombreuses femmes croient dur comme fer qu’il suffit de se frotter contre cet appendice en bronze pour devenir fertile. L’on pouvait encore en surprendre certaines promenant une main baladeuse ou même chevauchant cette sépulture jusqu’en 2004. Mais, depuis cette date, la tombe est protégée par des barrières.

Au contraire de Victor Noir, devenu à l’insu de son plein gré un étalon posthume, Patrick Sébastien ne voudrait sûrement pas qu’on le protège des ardeurs de ces dames, lui qui ne détesterait sans doute pas que sa tombe soit très visitée. Fera-t-il, lui aussi, l’objet d’un fétichisme sexuel  ? Même s’il n’est pas pressé de le savoir, ce ne serait a priori pas pour lui déplaire. Et la réplique culte de Jean Marais, dans le film Le bossu, d’André Hunebelle, pourrait bien lui servir d’épitaphe : «  Touchez ma bosse, Monseigneur, elle vous portera bonheur…  »

Nina COLLOMBE

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