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Sanda et Michel Fugain : “J’ai cru que j’allais perdre l’amour de ma vie !”

Publié le 11 décembre 2017

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Un accident de voiture 
a bien failli empêcher Sanda et Michel Fugain de se retrouver 
ensemble sur scène.

À la ville comme à la scène, ces inséparables s’admirent et s’aiment comme des fous. C’est donc ensemble qu’ils ont choisi d’évoquer pour nous leurs projets, leur mariage, leur famille recomposée, mais aussi, avec des frissons rétrospectifs, le récent accident de voiture qui a failli leur coûter la vie. Confidences.

France Dimanche : Parlez-nous de votre prochain spectacle La causerie musicale, au théâtre de l’Atelier, à Paris, le 27 novembre ?

Michel Fugain : Ce sera un vrai échange avec le public, durant lequel on va parler de chansons populaires. Car une chanson, c’est un partage. J’en prépare cinquante-cinq qui illustreront tout ce qu’on va se raconter. Je serai sur scène avec trois copains musiciens. Cette causerie est faite pour ceux qui aiment la chanson et veulent savoir comment elle est faite, si on écrit d’abord la mélodie ou les paroles, d’où vient l’inspiration. Après plus de cinquante ans de carrière, ma passion est intacte !

F.D. : Êtes-vous nostalgique ?

M.F. : Pas du tout ! Et en même temps, je ne suis pas un homme de l’avenir. Une société menée par l’intelligence artificielle me met mal à l’aise. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si je suis allé me réfugier en Corse, où les rapports avec les gens sont francs et humains. J’en ai besoin. Par contre, je vis le présent intensément, avec une envie toujours plus forte de transmettre, partager. Je n’ai pas envie qu’on m’enterre avec mon trésor !

F.D. : Sanda, êtes-vous heureuse d’avoir intégré la troupe de Pluribus ?

Sanda Fugain : Très. Cela fait dix ans que je m’occupe de tout, de la production, du management, du son, du stylisme, du maquillage, des relations avec la presse.

M.F. : C’est notre mère à tous !

S.F. : Mais après toutes ces années, j’en crevais de ne plus chanter. C’est toute ma vie ! J’ai commencé à l’âge de 5 ans, en Roumanie, et à 21 ans, j’étais célèbre là-bas. J’ai débarqué en France en tant que réfugiée politique, et je jouais dans des pianos-bars. Jusqu’à ma rencontre avec Michel. Donc, chanter à nouveau avec cette troupe que j’adore, au côté de mon homme, que j’admire et aime, c’est un bonheur ! La première fois que je lui ai fait la surprise de le rejoindre sur scène, il a pleuré. Je ne l’avais jamais vu ému comme ça.

F.D. : Vous vous êtes mariés il y a tout juste trois ans, c’était important pour vous ?

S.F. : Oui. Avant, tout le monde m’appelait Madame Fugain, et comme je ne mens jamais, je répondais : « Non, je suis la compagne de Michel Fugain. » Maintenant, quand on me dit : « Madame Fugain ? », je dis : « Oui ! » Je suis si fière d’être sa femme. Et toi, es-tu fier d’être mon mari ?

M.F. : C’est toi qui me fermeras les yeux mon amour !

F.D. : Le grave accident de la route dont vous avez été victimes en juin vous a rapprochés ?

S.F. : Je ne pense pas que ce soit possible.

M.F. : Moi, j’ai vraiment eu très peur a posteriori, car si je m’étais avancé un tout petit peu plus, le camion-benne percutait la portière et je perdais Sanda.

S.F. : On a eu de la chance, on a été protégés. Au début, j’étais très en colère et, comme on est partis chanter au Québec tout de suite après, c’est l’océan qui nous séparait du lieu de l’accident qui m’a apaisée. Mais là encore, je ne peux pas m’empêcher de regarder mon mari en me disant : « Mon Dieu, il est là ! », et ça me fait pleurer… (Elle fond en larmes, ndlr.)

F.D. : Michel, vous avez dû souffrir avec votre sternum enfoncé et votre côte brisée ?

M.F. : J’ai eu trois semaines de douleurs terribles. Et pour continuer à monter sur scène malgré mes souffrances, je prenais une ceinture de Sanda, dont je m’entourais la poitrine pour coincer ma côte cassée. Sans ça, c’était impossible, même respirer était une torture, alors chanter… Et j’étais obligé de dormir sur le dos.

S.F. : Lorsqu’une nuit, je l’ai senti se tourner vers moi et me prendre dans ses bras, je me suis dit : « Alléluia, on tient le bon bout ! »

F.D. : Sanda, vous avez deux grandes filles, Ioana, 28 ans, et Jessica, 24 ans ; et vous Michel, vous êtes le papa de Marie, 44 ans, et Alexis, 24 ans. Ce petit monde s’entend bien ?

S.F. : À merveille ! On a passé un été divin chez nous, en Corse, à danser tous les soirs, à chanter, et même à répéter tous ensemble la nouvelle pièce de Marie. On ne fait aucune différence entre eux, tous sont nos enfants.

M.F. : Les relations n’ont pas toujours été si roses, mais comme le temps est le meilleur des remèdes, aujourd’hui, c’est oublié. Quel bonheur ! Mes enfants ont assez vite compris que Sanda était un être d’amour et qu’il ne pourrait rien leur arriver à ses côtés. Tout le monde va bien et s’aime plus fort qu’on aurait pu l’imaginer. Marie a les mêmes centres d’intérêts et la même façon de parler, de déconner que ses petites sœurs. Je trouve qu’on forme une très belle famille recomposée !

S.F. : Tous se soutiennent énormément. C’est d’ailleurs avec Alexis qu’on a accompagné ma fille aînée à l’hôpital, il y a quelques jours, pour qu’elle se fasse opérer d’un problème au dos, une scoliose aggravée. Depuis, on se relaie à son chevet, car elle souffre énormément.

M.F. : Savoir Ioana souffrante à l’hôpital me fait autant de peine que si c’était ma grande fille, Marie.

F.D. : Quel grand-père êtes-vous avec les deux fils de Marie justement, Elliot, 14 ans, et Sam, 10 ans ?

M.F. : Je suis un papi-né ! Ils m’appellent « Babou » et avec eux, je ne suis qu’amour.

S.F. : Michel a un truc avec les enfants, c’est fou, ils sont toujours collés à lui. S’il est plutôt impatient avec les adultes, avec les petits, il est d’une patience d’ange. Comme avec les plantes et les animaux d’ailleurs.

F.D. : Michel a souvent dit que vous lui aviez sauvé la vie… L’inverse est-il vrai ?

S.F. : Oui ! En 2005, même si on s’aimait, on ne vivait pas encore ensemble, lorsque j’ai eu un gros pépin de santé. J’ai commencé à perdre mes cheveux, à être tout le temps fatiguée, irritable. J’ai fait une batterie d’examens et les médecins m’ont diagnostiqué un cancer du rein. Une tumeur de six centimètres qu’il fallait opérer d’urgence. Moi, je n’avais rien compris et me disais : « On ne va quand même pas m’enlever un rein pour un tout petit truc de six millimètres ! » Jusqu’à ce que ma belle-sœur, Claude Fugain, excellent médecin, m’ordonne d’entrer à l’hôpital sur-le-champ. Suite à l’échographie, on m’a dit que je pouvais en mourir. En allant au bloc, j’ai pensé : « Merci pour tout ce que j’ai vécu, d’avoir eu de merveilleux enfants, d’avoir aimé éperdument… » Puis, j’en suis ressortie saine et sauve, et là, Michel, qui avait déjà trouvé une maison, m’a dit : « Chérie, on se barre en Corse ! » Là-bas, je n’ai eu besoin ni de chimio ni de traitements lourds. La musique et l’amour de Michel ont suffi à me guérir.

M.F. : Avec Sanda, on s’est offert le luxe de redevenir des ados !

Caroline BERGER

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