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Sophie Darel : “J’en ai ras-le-bol du jeunisme !”

Publié le 3 décembre 2016

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Sophie Darel et son compagnon depuis plus de trente ans, Jack. Photo : Jérôme Mars Dans son livre “Moi vieillir… Plutôt crever !”, la comédienne Sophie Darel pousse un violent coup de gueule contre le racisme � anti-vieux.

La plume acérée, elle est entrée en guerre contre tous ceux qui veulent envoyer les « vieux » sur une voie de garage. Pour mener sa croisade, Sophie Darel a appelé à la rescousse Jack, qui partage sa vie depuis plus de trente ans, et elle a recueilli les témoignages de personnalités et d’inconnus qui, comme elle, n’acceptent pas d’être mis au rancart parce qu’ils n’ont plus 20 ans.

Quand nous l’avons rencontrée, elle était en pleines répétitions de Si j’avais un marteau, une pièce dans laquelle elle tiendra un rôle de composition, celui de maman. 2017 n’est donc pas l’année de la retraite…

->Voir aussi - Sophie Darel : Inconsolable de la mort de ses deux chiens !

Livre DarelFrance Dimanche (F.D.) : Pourquoi ce livre ?

Sophie Darel (S.D.) : Ce n’est pas un énième ouvrage de conseils pour ne pas vieillir. C’est un mouvement d’humeur. J’en ai ras-le-bol du jeunisme ! Bientôt, il faudra se cacher pour vieillir ! J’en ai assez de cette forme de racisme, de cette dictature qui veut nous imposer d’être minces, de ne pas avoir de rides. Je n’ai pas peur de la vieillesse, j’ai pris le parti d’en rire, avec Jack, mon homme, parce que c’est dans ma nature. Je suis une battante, une rigolote et une optimiste forcenée.

F.D. : Cela vous a aidée dans votre combat contre le cancer ?

S.D. : Oui, sans oublier que j’avais Jack auprès de moi. J’ai reçu un courrier monstre pendant cette période difficile. Des gens m’ont raconté qu’ils avaient été abandonnés par leur conjoint, leurs copains. Moi, j’avais des amis, et puis j’ai continué de travailler. J’adaptais mes spectacles en fonction du protocole de soins.

F.D. : Est-ce que vous avez changé d’avis à propos de la vieillesse ?

S.D. : J’ai vérifié une chose : tous ceux qui, comme moi, exercent un métier avec passion ne s’imaginent pas prendre leur retraite un jour. Attention ! Je comprends parfaitement qu’une femme qui a travaillé dur pendant plus de quarante ans y aspire. J’admire les Super Mamies qui font de l’humanitaire ; des hommes comme Jacques Séguéla et Jean-Pierre Mocky ne s’arrêteront jamais ! Tous deux ont des projets, ils ont un cerveau qui fonctionne à 10.000 km à l’heure.

-> Voir aussi - Simone Garnier : “C’est dur de rayer les numéros de téléphone !”

F.D. : Les sportifs et les acteurs du X sont vieux à 40 ans…

S.D. : Vincent Moscato, le rugbyman, et Richard Allan, l’acteur porno, ont su commencer une seconde carrière. Certains se suicident quand tout s’arrête.

F.D. : Comment faites-vous pour lutter contre l’outrage des ans ?

S.D. : Je ne me laisse pas aller. C’est une question de respect de soi et des autres.

F.D. : Pour être présentable, la chirurgie esthétique est-elle utile ?

S.D. : Le plus embêtant avec l’âge, c’est d’avoir l’air fatigué. Pour avoir bonne mine, je me fais faire des injections. Je m’occupe de moi. Cela fait du bien au moral, et c’est très important pour bien vieillir !

F.D. : Suivrez-vous l’exemple de Charles Aznavour, Robert Hirsch ou Michel Bouquet qui brûlent encore les planches à leur âge ?

S.D. : Je ne crois pas. Il faut savoir s’arrêter. Je ne fais plus de projets à long terme.

Dominique Préhu
Photo : Jérôme Mars

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