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Stéphane Bern et Lorànt Deutsch : Violemment attaqués !

Publié le 20 décembre 2017

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Tous deux passionnés d’histoire depuis leur enfance, l’animateur Stéphane Bern et le comédien Lorànt Deutsch n’auraient jamais cru qu’en voulant faire partager leur amour, ils seraient victimes de ce flot de haine.

Quel est le rapport entre l’animateur préféré des Français et l’acteur et écrivain de 41 ans ?

Le premier a commencé sa carrière de journaliste en 1985 dans la presse écrite, en devenant rédacteur en chef du magazine Dynastie. Quelques années plus tard, après un passage remarqué chez Madame Figaro, Stéphane Bern s’est transformé en l’homme de télévision et de radio que l’on connaît, et dont on adore les émissions !

Le second n’a quant à lui jamais œuvré dans les médias. Lorànt Deutsch a fait ses débuts d’acteur à l’âge où d’autres garçons se désespèrent à cause de leurs boutons d’acné et de leur voix qui, soudain, s’envole dans les aigus sans sembler pouvoir être rattrapée. Son timbre est d’ailleurs reconnaissable entre tous, puisque, toujours perché dans les cintres, il le rend capable de prononcer dix mots à la seconde sans s’emmêler les consonnes ! Le comédien des Ripoux 3, que l’on a pu voir au théâtre cette année dans Bankable, une pièce de Philippe Madral, a fait un crochet par l’écriture, domaine dans lequel il cartonne également !

Vous avouerez que l’on ne pouvait imaginer deux hommes aussi éloignés, célèbres à leur manière, mais n’ayant ni la même vie ni les mêmes aspirations, sauf peut-être un même goût indéfectible pour la royauté.

Forteresse

Et pourtant, le présentateur et l’artiste ont bien plus qu’un point commun. Ils partagent désormais le même sentiment d’injustice, voire la même douleur. Tous deux ont en effet subi d’odieuses attaques, qui les ont atteints dans ce qu’ils ont de plus cher : leur irréductible passion pour l’Histoire ! Stéphane n’a jamais cessé de prouver son intérêt pour cette matière, dont l’enseignement à l’école est fort décrié, ainsi que pour la préservation de notre patrimoine.

Attraction presque obsessionnelle qu’il cherche à nous transmettre au fil de ses programmes télévisés, tels Secrets d’Histoire ou Visites privées, sur France 2, mais aussi dans ses actes, comme l’achat et la rénovation du collège royal et militaire de Thiron-Gardais, dans l’Eure-et-Loir, auquel il consacre tous ses revenus, ou encore la création de sa fondation, abritée par l’Institut de France, qui s’attache à faire vivre ce lieu et son musée.


Et cet intérêt ne date pas d’hier ! «J’ai toujours aimé l’Histoire et le patrimoine, vient-il de confier dans le magazine Point de vue. Lors de nos déplacements en famille sur les routes de France, j’insistais pour que mon père fasse des haltes devant tous les monuments historiques à visiter.»

Cette manie, qui n’a sans doute pas toujours ravi ses parents, pressés de gagner leur villégiature, n’a ensuite fait que croître : «Lorsqu’encore étudiant, j’ai dû chercher un job d’été pour payer mes vacances, j’ai postulé pour devenir hôte d’accueil au château de Versailles, a poursuivi ce passionné de vieilles pierres. Tous les matins, j’étais impatient de prendre mon poste à 8 heures après avoir traversé la galerie des Glaces déserte. Je l’empruntais à nouveau le soir avant de reprendre mon train pour rentrer à Paris. Les trésors architecturaux m’ont éveillé au beau et à l’harmonie. Une sorte de choc émotionnel que je retrouve chaque fois que je tourne une émission sur le sujet.»

De quoi rendre jaloux les malheureux parents qui ne parviennent pas à extraire leur progéniture de leur téléphone ou de leur tablette ! Mais chez les Bern, l’intérêt pour l’Histoire et l’amour de l’art sont dans les gènes : «Tous les mercredis après-midi, ma mère nous faisait visiter les musées de Paris et courir les expositions. Mais mes parents et mon frère aîné étaient davantage attirés par l’art contemporain tandis que j’étais résolument porté vers les vieilles pierres, a ajouté l’animateur. Je dois cette passion à mes grands-parents maternels et à la ville de Luxembourg avec sa forteresse millénaire qui a été le paradis de mon enfance.»

Ces merveilles, découvertes durant son plus jeune âge, l’ont marqué à tout jamais. Dès lors, rien d’étonnant à ce que le présentateur cherche à nous faire partager son enthousiasme ! Il propose même un tirage spécial du Loto pour sauver notre patrimoine.

C’est sans doute ce même goût pour l’Histoire avec un grand «H» qui a motivé Lorànt Deutsch lorsque, cinq ans plus tard, en 2009, il a écrit son premier livre, Métronome : L’histoire de France au fil du métro parisien, publié chez Michel Lafon. Son engouement a été lui aussi précoce, comme il l’a confié au JDD : «Quand j’avais 10 ans, ma maman m’achetait Alain Decaux raconte l’histoire aux enfants, et je regardais La dernière séance que présentait Eddy Mitchell.
Il y avait Ivanhoé, Ben-Hur, Les Vikings, Moïse
[Les dix commandements]
Je bouffais ça et le lendemain je reconstituais la traversée de la mer Rouge avec mes Playmobil !
»

Son livre de vulgarisation historique, adapté pour le petit écran, sur France 5, en 2010 (et suivi en 2013 par Hexagone, chez le même éditeur), dans lequel l’acteur avait mis toute son âme, a déclenché un torrent de critiques qui l’a submergé. Des critiques lancées, dans un premier temps, à l’époque de l’adaptation de l’ouvrage à la télévision, par le bras droit de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, alors élu au Conseil de Paris. Ce dernier, en plus d’accuser l’écrivain de laisser sa plume trahir son royalisme, lui avait reproché d’avancer «des faits historiques bidons» de relater des légendes «sans aucun recul».

Des attaques reprises par d’éminents historiens, qui ne s’étaient pas fait prier pour éplucher l’ouvrage afin d’y débusquer par le menu de supposées aberrations. Ces reproches avaient heurté l’auteur de Métronome qui avait déclaré à l’AFP : «Quant aux prétendues erreurs et affabulations qui trufferaient mon livre, c’est faux. Je me suis référé à des historiens de renom comme Henri Sauval [spécialiste du xviie siècle, ndlr]. Je n’ai rien inventé.»
Et d’ajouter, dépité : «Ce qui me fait le plus mal, c’est que mes détracteurs veulent me faire passer pour un vampire réactionnaire. Et si je fais du prosélytisme, c’est pour donner à tous, notamment aux enfants, l’envie de connaître le passé de la France.»

Celui qui avouait alors : «J’ai découvert que l’Histoire était un champ de bataille où chacun défend sa chapelle» doit probablement se remémorer cette phrase aujourd’hui, devant le flot de critiques qui vient de s’abattre sur Stéphane Bern !

L’animateur, qui n’a pourtant pas publié d’ouvrage susceptible d’exciter la hargne des spécialistes, se voit malgré tout assailli de reproches par ceux qui ont passé leur vie dans les archives.

Sa faute ? Avoir été nommé par le président de la République, qui est par ailleurs son ami, pour une mission bénévole de recensement du patrimoine français en danger. L’animateur, sur le plateau de Quotidien, sur TMC, le 18 septembre, dénonçait «le flot de haine» qui s’est abattu sur lui : «J’ai été adoubé par la reine d’Angleterre, j’ai eu tous les honneurs possibles, mais là vous êtes touché par le président et tout le monde vous tombe dessus.»

Défense

Cette injustice a tellement heurté l’auteur de Métronome, dont le deuxième volet dans sa version illustrée va bientôt sortir, qu’il s’est empressé de prendre la défense de Stéphane, se souvenant avec amertume des accusations qu’il avait lui-même subies en 2012 de la part d’Alexis Corbière : «On est face à des militants, regardez qui lui fait des reproches, a-t-il expliqué sur le site du Point. Vous verrez que c’est une femme, que je ne vais pas citer pour ne pas lui faire de publicité, qui fait partie de La France insoumise.»

Il est clair que chaque tentative de transmettre un savoir au plus grand nombre porte en germe un conflit entre vulgarisateurs passionnés et éminents spécialistes. Au bout du compte, c’est le public qui tranche : les livres de Lorànt Deutsch se vendent comme des petits pains et les émissions de Stéphane Bern sont toujours autant plébiscitées par les téléspectateurs !

Nul doute que sa mission officielle pour réhabiliter le patrimoine en péril sera soutenue par la majorité des Français. «Il y a d’un côté les historiens très pointilleux sur les petites choses, une certaine élite, et le public qui sait que je vais me battre pour le patrimoine», a d’ailleurs confié sur le plateau de Yann Barthès l’ami des têtes couronnées. Une certitude que nous partageons…

Clara MARGAUX

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