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Tex : « On ne vire pas les gens pour une blague ! »

Publié le 8 avril 2018

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INTERVIEW EXCLUSIVE. À l’occasion de la sortie de son WC Book « Blagues à Tex » le 12 avril prochain, France Dimanche a interviewé en exclusivité l’ancien animateur des Z’amours.

Le mot d’ordre est donné : ne pas parler de la polémique… Pourtant c’est bien sur elle que Tex a décidé de surfer pour son nouveau projet. Le 12 avril prochain, l’ancien animateur des Z’amours, écarté à cause d’une plaisanterie jugée sexiste en janvier, sort un nouveau WC Book « Blagues à Tex » aux éditions Sand. Le concept ? « Viré pour une blague… en voilà 300 ». Et paf à la PAF [Paysage audiovisuel français, ndlr] ?

Dans une interview exclusive, Tex se livre sur les raisons qui l’ont poussé à écrire ce registre de blagues, sur ses projets et sur ce qu’il retient de la polémique trois mois après son départ.

France Dimanche : Le 12 avril prochain sortira votre WC Book. Vous qui êtes plutôt un homme de scène, qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir écrire un livre ?

Tex : Sur scène, je raconte énormément de blagues. Donc Pascal Petiot, qui fait des WC Book depuis maintenant dix ans et qui en a vendu 2 millions d’exemplaires, me dit : « Tu as été viré pour une blague, pourquoi est-ce que tu n'en raconterais pas ? ». Sa proposition m’a semblé logique, en plus d’être rigolo à faire. C’est dans le prolongement. Moi je suis un gars qui ne se prend pas au sérieux, donc ça me correspond. Si ça marche bien, on en fera peut-être d’autres mais pour l’instant, c’est l’occasion qui fait le larron.


FD : « Viré pour une blague… En voilà 300 », titre votre livre. Est-ce une revanche envers France Télévisions ?

Tex : Non. Je n’ai aucune revanche à prendre. C’est juste une manière de continuer à déconner. Je continue à m’amuser, à faire des spectacles. Je veux montrer aux gens que je suis toujours là.

FD : Est-ce que vous regrettez d’avoir fait cette « mauvaise » blague ?

Tex : Ma blague n’était pas une mauvaise blague. Il n’y a pas de mauvaise blague, c’est une blague, c’est tout. Je peux vous en raconter une n’importe comment : « Comment provoquer un Corse ? Le provoquer c’est facile, c’est survivre qui est une autre histoire. » Il y a juste des manières de raconter les choses. C’était une blague, et on ne vire pas les gens pour une blague. Donc non, je ne regrette pas.

FD : Comment avez-vous appris votre éviction ?

Tex : Comme tout le monde, j’ai reçu une lettre le mercredi. Voilà. C’est le triste sort qui est réservé aux chômeurs, mais je ne suis pas spécialement à plaindre par rapport aux autres chômeurs, ça va.

FD : Souhaitez-vous attaquer France TV ?

Tex : Pas de polémique. Je suis déjà sur la suite. Moi je suis un homme de spectacle. Il y a des hommes de lois qui s’occupent du reste.

FD : Avez-vous été touché par les soutiens ou les critiques des différentes personnalités françaises ?

Tex : Oui, j’ai été très touché par les soutiens. Avec ce qu’il s’est passé, c’est la liberté d’expression qui est remis en cause. Il y a eu de la délation, avec de la censure. Donc, c’est normal que ça fasse réagir, même les intellectuels. Je remercie Charlie Hebdo, monsieur Lafesse, Anne Roumanoff, ceux qui se sont mobilisés en général. Il y a en a d’autres qui ont eu des paroles un peu malheureuses… Par exemple, quand j’entends un humoriste dire « On n’a pas le droit », je ne comprends pas comment il peut dire ça de lui-même. Bien sûr que l’humoriste a tous les droits et c’est même son devoir de tout dire. Je ne les cite pas, mais ceux qui ont dit ça sont à côté de la plaque à mon avis.

FD : Est-ce que vous craigniez que les humoristes soient obligés de s’autocensurer dans notre société actuelle ?

Tex : Avec ce qui se passe je pense que oui. Les gens vont devoir faire beaucoup plus attention. C’est l’explosion des réseaux sociaux qui fait qu’on balance ! Par exemple, #BalanceTonPorc, c’est terrible, #BalanceTonAnimateur, #BalanceTaBlague, etc… on ne balance pas ! Dans ma génération, en tout cas, ça ne se fait pas. Ça s’appelle la délation. Ça a emmené des gens à la mort. Ça ne se fait pas, c’est super violent. La délation et la censure, ça n’appartient pas à notre type de liberté, ça n’appartient pas à la France. C’est d’ailleurs ce que je dis dans mes spectacles.

FD : Est-ce que vous pensez que c’était un prétexte pour vous virer ?

Tex : Éventuellement. Je n’en sais rien. Moi, je ne dis pas que c’est un prétexte, je dis juste qu’ils ont peut-être utilisé ça pour me virer. Ce que je pense surtout c’est que la blague a été pris au premier degré. Et il ne faut pas prendre les choses au premier degré.

FD : Est-ce que les Z’amours vous manque ?

Tex : Ça ne me manque plus. Je suis passé à autre chose. Je me suis éclaté durant ces dix-sept années, maintenant c’est terminé. Je ne veux pas commencer à regretter ceci ou cela.

FD : Quels sont vos projets à venir ? Avez-vous reçu des propositions pour animer d’autres émissions de TV ?

Tex : Ce livre déjà, qui a vu le jour seulement trois mois après la polémique. J’ai quelques propositions avec la télévision, le cinéma et le théâtre. J’ai écrit un nouveau spectacle. J’ai des tournées. J’ai le festival d’Avignon. Bref, j’ai plein de propositions : ça va être à moi de choisir.

Julia NEUVILLE

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