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Véronique Sanson : Son incroyable dédoublement de personnalité !

Publié le 3 février 2018

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Lorsqu’elle se retire loin de la scène, Véronique Sanson subit alors une métamorphose si radicale qu’elle en devient une autre femme…

Tout le monde connaît le mythe du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde, créé par l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson (l’auteur de L’île au trésor, entre autres). Résumons-le néanmoins. Le docteur Jekyll est un savant respecté, opulent, aimé pour sa capacité à faire le bien autour de lui. Mais, dès qu’il avale la terrible potion qu’il a lui-même mise au point, il se transforme en mister Hyde, un monstre repoussant ne songeant qu’à répandre autour de lui la violence, la désolation et même la mort.

En réalité, bien sûr, les deux hommes ne font qu’un, Mr. Hyde représentant la part mauvaise qui sommeille au fond de chaque être humain et que, normalement, le sens moral empêche de réveiller. Eh bien, aussi stupéfiant que cela puisse paraître à première vue, Véronique Sanson a quelque chose en elle du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde !

Oh, bien sûr, il n’est pas, dans son cas, question de lutte entre le Bien et le Mal ! Ni de la plus petite monstruosité ou méchanceté. Néanmoins, comme elle reconnaît elle-même dans l’article que lui a consacré le magazine Elle, il lui arrive de subir une métamorphose de tout son être si radicale que, si elle sort à ce moment-là de chez elle, les nombreuses personnes qui la croisent sont incapables d’identifier la star de la chanson qu’elle est depuis plus de quarante-cinq ans !


La Véronique Sanson « Jekyll », tout le monde la connaît, c’est celle qui se fait acclamer sur toutes les scènes du monde : créature sophistiquée ou « tout cuir », diva lointaine nimbée par la lumière des projecteurs, magicienne toute-puissante derrière son piano de concert, femme libre, revendiquant hautement cette liberté depuis son tout premier tube qui disait tout, Besoin de personne.

Envoûtante

La Véronique Sanson « Hyde » est beaucoup plus difficile à saisir, et fort peu de gens ont eu, à ce jour, l’occasion de se trouver face à elle. Quoi de plus normal, d’ailleurs, puisque, en anglais, le verbe to hide signifie « se cacher » ? Peu de personnes, oui, car cette Véronique-là n’accomplit sa métamorphose que lorsqu’elle se trouve chez elle, au bord de la Seine, dans son village au fin fond des Yvelines.

C’est là que, soudain, l’envoûtante chanteuse se transforme en… madame Michu. Enfin, en une sorte de madame Michu, il ne faut rien exagérer tout de même ! Il n’empêche que, dans son coin de campagne, la rockeuse romantique se fait cuisinière, jardinière, ménagère, passant du piano des virtuoses à celui des chefs cuistots, et du pied de micro à celui des pommes de terre qu’elle plante.

Et la mue est si radicale que Véronique devient bel et bien une autre personne, que nul ne reconnaît lorsqu’elle arrive sur le marché pour y faire ses emplettes, comme n’importe quelle ménagère des alentours, ainsi qu’elle le dit elle-même dans Elle : « Il suffit que je me fasse un chignon, que j’enfile un survêt par-dessus mon pyjama, et on n’y voit que du feu quand j’achète mes poireaux… »

Donc, il faut se faire une raison : Véronique Sanson est bel et bien une femme double. Heureusement pour elle, si dans le cas de Dr. Jekyll et Mr. Hyde il s’agit de deux personnalités violemment opposées, chez l’interprète de Vancouver, elles sont harmonieusement complémentaires. Véronique-la-campagnarde refait dans le calme de sa retraite le plein de cette énergie, qui sera ensuite indispensable à Sanson-la-créatrice.

Cela ne l’empêche pas d’être riche de contradictions, comme le sont finalement tous les artistes. Par exemple, la femme libre et indépendante qu’elle a toujours voulu être n’hésite pas à dénoncer sans fioritures « le sexisme, les inégalités entre les sexes, le viol trop souvent excusé ou minimisé », etc. Ah ! se dit-on alors, les choses sont claires : Mrs. Sanson est féministe !

Peut-être… sauf que, presque sans s’interrompre, Dr. Véronique enchaîne ainsi : « Avec l’affaire Weinstein [ce producteur hollywoodien accusé de harcèlement par plusieurs actrices, ndlr], tout le monde se met à ouvrir sa gueule, même des gens à qui l’on a juste effleuré la main. J’ai peur que tout cela ne tue la séduction, ne tue les appels qu’on se fait avec nos phéromones et qu’on ne puisse même plus dire “Bonjour, madame” ! » Alors, féministe ou antiféministe, Véronique ? Star mystérieuse, la Sanson, ou ménagère « en pyjama et survêt » ? Allez donc vous y retrouver !

Oiseau de nuit

Cela dit, sa plus flagrante, et la plus insoluble, contradiction est encore à venir. Dans l’interview que nous avons déjà citée, elle affirme que, ancien « oiseau de nuit », ex-reine des longues soirées parisiennes, elle en a conservé les habitudes : même à la campagne, l’artiste ne se couche jamais avant l’aube. Au point que, quand son interlocuteur frappe à sa porte vers quatre heures et demie de l’après-midi, Véronique l’accueille par ces mots : « Vous savez, j’ai fait un effort incommensurable pour vous recevoir si tôt ! »

OK, très bien, pourquoi pas ? Chacun vit selon son rythme… Seulement, nous posons simplement la question : en se couchant à l’aube et en ne commençant sa journée que dans l’après-midi, comment Véronique Sanson fait-elle pour aller au marché ? Le marché qui, comme chacun sait, a lieu le matin… Décidément, on va finir par croire qu’elles sont réellement deux !

Valérie BERGOTTE

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