Gilles Legardinier : “Je crois aux choses qu’on partage”

Gilles Legardinier

©Vincent Colin pour Coming Soon Prod

 

Auteur de plusieurs best-sellers qui ont ému des millions de lecteurs à travers le monde, Gilles Legardinier n’a pas pris la grosse tête.

 

Avec humour et tendresse, ce « raconteur d’histoires », comme il se définit modestement, a même trouvé le temps de partager avec nous ses émotions.

 

France Dimanche (F.D.) : Le héros de votre dernier livre est terrifié par ce qui pourrait arriver à sa fille. Tremblez-vous parfois pour vos enfants ?

 

Gilles Legardinier (G.L.) : Je m’inquiète pour tellement de gens ! Mais je n’ai pas besoin de me faire trop de souci pour mon fils de 19 ans et ma fille de 17 ans. Je leur fais confiance. Quand j’étais jeune, on nous donnait tellement de conseils débiles ! Je préfère les laisser libres, avec quelques garde-fous, mais je leur dis qu’ils sont responsables de cette liberté. Heureusement, ma femme est sur la même longueur d’onde.

 

F.D. : Comment pouvez-vous protéger vos enfants ?

 

G.L. : Il n’y a pas de recette miracle. Mais nous communiquons beaucoup. Je me souviens de ce que j’étais à 17 ans, et leur raconte ce que j’ai vécu. Je leur livre le fond de mon âme. Après, ils en retiennent ce qu’ils veulent.

 

F.D. : Vous êtes un enfant adopté. Avez-vous souffert d’avoir été abandonné par vos parents biologiques ?

 

G.L. : Mes géniteurs m’ont largué, mais ce n’est rien. J’ai été découvert par mes parents. C’était une vraie chance ! J’ai eu une enfance adoptée heureuse.

 

F.D. : Vous aimez la France. Mais y a-t-il des choses dans notre société qui vous révoltent ?

 

G.L. : Je trouve qu’isoler les vieux, c’est crétin. Quand j’étais jeune, j’ai vécu avec des personnes âgées bienveillantes. On est dans une époque où on met en place des systèmes commerciaux qui remplacent les liens humains.

 

F.D. : Comment faites-vous pour aider les personnes en difficulté ?

 

G.L. : Je suis visiteur dans les hôpitaux et bénévole dans les lycées, où je rencontre des élèves qui ont des problèmes.

 

F.D. : Avec toutes vos activités, quand trouvez-vous le temps d’écrire vos romans ?

 

G.L. : Je suis levé très tôt, vers 3 heures du matin, et j’écris jusqu’au petit-déjeuner, que je prends avec ma femme Pascale et mes enfants.

 

F.D. : Quand avez-vous commencé à écrire ?

 

G.L. : J’ai écrit mes premiers textes quand j’avais 11-12 ans. C’étaient des petites histoires, des lettres.

 

F.D. : Et le cinéma ?

 

G.L. : J’écris des dossiers de presse sur des films, en collaboration avec ma femme. On peut s’appuyer l’un sur l’autre. C’est très bien, je crois aux choses qu’on partage.

 

F.D. : Depuis combien de temps êtes-vous mariés ?

 

G.L. : Depuis vingt-sept ans. J’ai connu mon épouse au lycée. J’ai demandé sa main trois fois et elle m’a dit non trois fois !

En fait, elle ne m’a jamais vraiment dit oui. Mais l’épouser a été ce que Quelqu'un pour qui trembler de Gilles Legardinierj’ai fait de plus intelligent dans ma vie.

 

F.D. : À quand votre prochain roman ?

 

G.L. : En octobre 2016. Ce sera un thriller

 

 

Un papa pas comme les autres

Découvrir l’existence de sa fille alors qu’elle a déjà 20 ans, c’est l’expérience que vit Thomas, médecin, qui s’est consacré à l’humanitaire aux confins de l’Inde. De retour en France, il va tout tenter pour faire le bonheur d’Emma, quitte à forcer le destin. Une histoire bouleversante qui fait chaud au cœur.

 

« Quelqu’un pour qui trembler », de Gilles Legardinier, Fleuve Éditions, 19,90 €.

 

Gwenaëlle Keskaven