« Le Test » de Stéphane Allix

 

Stéphane Allix

©seignettelafontan.com

 

Le destin de cet ancien reporter de guerre a basculé avec la disparition de son frère Thomas, en 2001, dans un accident de voiture en Afghanistan. Depuis, la mort s’est imposée au cœur de l’existence de celui qui a, entre autres, réalisé pour M6 la série des Enquêtes extraordinaires.

 

Et dans son dernier ouvrage, Stéphane Allix a mis à l’épreuve six médiums pour mieux ébranler nos certitudes concernant la vie dans l’au-delà.

 

 

France Dimanche (F.D.) : C’est le décès de votre père qui vous a poussé à écrire cet ouvrage très personnel ?

Stéphane Allix (S.A.) : Quand mon père s’est éteint, en 2013, je connaissais déjà bien le travail des médiums. Depuis la disparition de Thomas, j’enquêtais sur les phénomènes inexpliqués avec la même rigueur que lorsque j’étais reporter de guerre. Et les témoignages sur les expériences de mort imminente (Emi) m’avaient convaincu que la vie continuait une fois notre dernier souffle rendu. Sinon, comment expliquer que des malades dont le cerveau ne fonctionne plus soient capables de se souvenir de leur bref séjour dans l’au-delà ? Alors, j’ai voulu tester mon hypothèse en glissant six objets dans le cercueil de mon père, avant de demander à des médiums d’entrer en communication avec lui, afin qu’il leur décrive ces objets. En fait, ce livre est celui que j’aurais voulu lui donner pour le rassurer quand il était en fin de vie.

 

« La mort n’existe pas ! »

 

 

F.D. : Quel bilan tirez-vous de cette aventure ?

S.A. : Un bilan très positif qui m’a renforcé dans mes convictions. Participer à cette expérience m’a enthousiasmé. Les informations fournies par les médiums peuvent certes paraître fragmentaires, mais le fait qu’ils aient tous pu entrer en contact avec mon père, mais aussi avec d’autres défunts, en donnant une accumulation de détails très précis, m’a déconcerté. Ce ne peut pas être le fruit du hasard. D’autant que dans 4 cas sur 6, mon père a fini par désigner au moins l’un des objets glissés dans son cercueil. Aujourd’hui, je suis persuadé que la mort n’existe pas.

 

 

F.D. : À quoi ressemble la vie après la mort ?

 S.A. : Les hommes continuent d’évoluer après leur décès. C’est pourquoi il faut s’y préparer le plus longtemps possible de son vivant, pour l’aborder dans des conditions optimales, en ayant éclairé ses zones d’ombre. À mes yeux, le but de l’existence n’est pas la recherche du bonheur ou de la richesse, mais une quête de sagesse et d’apaisement, au travers des épreuves auxquelles elle nous soumet, afin de mourir en toute sérénité.

 

 

F.D. : Consulter un médium aide-t-il à faire son deuil ?

S.A. : Non, le recours à un médium ne peut pas remplacer le processus de deuil et ses différentes étapes. Cependant, s’il ne parvient pas à supprimer la souffrance éprouvée lorsque l’on perd un être cher, il peut l’adoucir, en donnant un peu d’espérance, de foi en l’avenir, à celui qui reste.

 

 

F.D. : Les médiums vivent-ils leur don comme un fardeau ?Le Test de Stéphane Allix

S.A. : Dans la plupart des cas, les médiums ne considèrent pas ce don comme un fardeau, mais estiment qu’il leur impose un sacerdoce. Lorsque ce don se manifeste pour la première fois – presque toujours dès l’enfance –, ils se sentent un peu perdus. Mais, devenus adultes, ils apprennent à le maîtriser, et surtout, ils découvrent que le lien qu’ils ont établi, malgré eux, avec l’au-delà leur permet d’aider et de soulager les autres. Du coup, ils prennent plaisir à faire leur travail.

 

Brice Moulin

 

 

Au-delà du réel…

Cette fois, l’auteur qui a toujours revendiqué une approche scientifique de son étude des phénomènes inexpliqués nous guide dans un long périple au pays des médiums. Les six spécialistes qu’il a sélectionnés seront-ils capables de découvrir les objets introduits dans le cercueil de son père ? Et comment entreront-ils en contact avec le cher disparu ? Tels sont les enjeux de cette expérience unique, qui pourrait bien troubler les plus sceptiques d’entre nous.

« Le test », de Stéphane Allix, aux éditions Albin Michel, 19,50 €.