Marie Trintignant : Nouvelles révélations sur ses derniers instants !

Marie Trintignant

Dans une autobiographie poignante, le réalisateur  Samuel Benchetrit revient sur ce terrible soir du 26 juillet où l’actrice Marie Trintignant a perdu connaissance sous les coups de Bertrand Cantat pour ne plus jamais se réveiller…

 

Personne, à part son meurtrier, ne peut dire ce qui s’est réellement passé durant la fameuse nuit du 26 juillet 2003 à Vilnius, en Lituanie. Nuit terrible durant laquelle, lors d’une violente dispute, Marie Trintignant a perdu connaissance sous les coups de son amant…

Mais si Bertrand Cantat détient la vérité sur cet épouvantable drame, il est une autre personne qui révèle aujourd’hui la sienne ! Il s’agit de Samuel Benchetrit, écrivain, scénariste, réalisateur et dramaturge, le seul et unique homme que la comédienne épousera. Ensemble, ils ont un fils, Jules, né en 1998.

livreCet auteur vient de publier une très belle autobiographie, La nuit avec ma femme, aux éditions Plon Julliard. Un témoignage poignant qui s’adresse à la défunte, une véritable déclaration d’amour à la disparue.

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Oui, que s’est-il vraiment passé dans cet hôtel, au fil de ces heures sombres, où l’ex-mari de la star a plusieurs fois parlé au téléphone avec Bertrand Cantat, tandis que, dans une autre pièce de la suite du couple, sa compagne se mourait déjà…

Mais revenons d’abord sur les faits que, au lendemain du drame, la justice a pu reconstituer. La police du pays a évidemment longuement enquêté sur ce crime passionnel qui a défrayé la chronique et plongé la France dans le plus grand émoi.

Les amis, la famille, les proches, tous ceux qui avaient côtoyé le couple durant les mois et les semaines précédant la mort de l’actrice de 41 ans, tous ont aidé, par leurs témoignages, à comprendre les liens houleux qui unissaient la comédienne au regard de chat et le leader ténébreux du groupe de rock Noir Désir. Un amour féroce et brûlant de la part de cet artiste torturé, qui a fini par coûter la vie à la malheureuse.

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Ce soir-là, comme nous vous l’avions alors raconté dans nos pages ainsi que dans notre hors-série Destins brisés (vol. 1), devait être un beau moment. Nadine Trintignant, la mère de l’actrice, fêtait la fin du tournage de Colette, son téléfilm consacré à la vie de la célèbre romancière, dont Marie tenait le rôle-titre. Ce 26 juillet était la conclusion heureuse des longs mois durs et épuisants d’une équipe de cinéma fière du travail accompli et ravie de pouvoir enfin décompresser…

Pourquoi la dispute entre Marie et Bertrand a-t-elle éclaté ? Certes, les deux artistes avaient beaucoup bu, – on sait même qu’il avait abusé d’autres substances –, mais surtout Cantat était d’une jalousie maladive à l’égard de sa compagne, un sentiment qui le consumait, et qui a explosé ce soir-là à cause d’un texto envoyé à la comédienne par… Samuel ! « Je compte sur toi », dit le message.

Ces mots, d’ordre professionnel, sont mal interprétés par le chanteur, plein de haine à l’encontre de tous ceux qui s’approchent de cette femme qui lui « appartient ». Il ne se contrôle déjà plus…

Plusieurs échanges téléphoniques plus tard, l’actrice, victime de l’homme qui s’est métamorphosé en bête enragée, a perdu connaissance et gît dans la suite 35 de l’hôtel Domina Plaza, à Vilnius.
Bertrand Cantat, affolé, dont Benchetrit ne prononce d’ailleurs jamais le nom, le nommant dans son livre « l’homme », lui demande ce qu’il doit faire. Perdu, le chanteur explique qu’elle s’est endormie. On sait maintenant qu’après l’avoir rouée de coups, il l’a portée et déposée sur le lit. Marie est sans doute déjà loin de ce monde.

Griffes

« On s’est beaucoup engueulés ce soir. Je l’ai giflée », avoue « l’homme » du livre de Benchetrit. Samuel ne comprend pas ce qui se passe dans cette pièce qu’il ne connaît pas, à des milliers de kilomètres de là. Fatigué de parler à « ce type » qu’il trouve « gonflant », il poursuit néanmoins la conversation avec Cantat qui se rend auprès de Marie, téléphone en main.

Samuel Benchetrit

Samuel Benchetrit

L’auteur l’entend parler un moment à la jeune femme allongée. Il perçoit le vain espoir dans la voix de « l’homme » qu’elle ouvre enfin les yeux et que la vie reprenne son cours comme avant. Hélas ! Il est déjà trop tard, et Samuel fait ce constat terrible : « Elle ne se réveille pas. Combien de temps avons-nous perdu à parler aux morts ? », écrit-il.

Culpabilité de n’avoir pas pu la sortir des griffes d’un homme violent ? Haine de celui qui a tué la mère de son enfant ? Vengeance tardive treize ans après le décès de son ex-femme, alors que le coupable a désormais purgé sa peine ?

Rien de tout cela dans ce livre empreint pourtant de lourds regrets et d’une profonde tristesse. Cette tristesse d’avoir perdu un être cher, tombé sous la violence d’un homme, on la ressent au fil des pages de cette longue lettre ouverte à Marie Trintignant et dans ces deux derniers extraits très émouvants : « Tu aimais. Et si l’on tuait tous ceux comme toi, le monde serait alors peuplé de petits cœurs gris », Et aussi : « J’aime comme tu aimes. Et si tu ne vis plus, c’est moins d’amour sur cette terre. Quel gâchis. »

Tout est dit. Et tout fait mal…

Clara Margaux