Herbert Léonard : “Avec 11 kg en moins, je ne suis pas encore présentable !”

Herbert Leonard dans sa maison de Barbizon en Seine-et-Marne © Thomas Padilla,

En juin dernier, le chanteur Herbert Léonard était placé dans un coma artificiel à la suite 
de graves problèmes respiratoires.

 

Herbert Léonard en est ressorti miraculeusement,
 très affaibli, au bout d’un mois. «Lorsque je me suis réveillé au bout de trente-deux jours, ma femme et les médecins m’ont dit qu’ils avaient failli me perdre deux fois, mais ils m’ont rattrapé, ils sont formidables. »

Voici les paroles prononcées il y a trois semaines par Herbert Léonard, véritable miraculé, sur RTL, au micro de Marc-Olivier Fogiel. Le chanteur a perdu tout souvenir de la nuit du 16 au 17 juin, après qu’il a soudain eu du mal à respirer. Il se retrouve aussitôt aux urgences de l’hôpital de Melun, entre les mains de spécialistes qui décident de le mettre sous coma artificiel.

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S’ensuivent des jours et des nuits d’inquiétude extrême pour son entourage. Ses fans imaginent déjà qu’ils ne reverront plus jamais celui qui les a tant fait vibrer. Mais force est de constater qu’il en faut plus pour abattre cet homme-là.

Souvenez-vous, en 1969, Herbert avait déjà frôlé la mort de très près, lors d’un terrible accident de voiture qui lui avait laissé d’importantes séquelles. « Je ressemblais au monstre de Frankenstein. Ce visage m’a gêné pendant dix ans. J’en garde une cicatrice sur le front, mais les autres ont disparu, sans chirurgie », aime à répéter ce rescapé.

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Quarante-huit ans plus tard, le septuagénaire s’en sort donc une nouvelle fois. « J’ai dû faire des séances de kiné pour réapprendre à marcher, raconte-t-il encore à Fogiel. Là, je remarche, mais je ne pense pas que je serai de nouveau à 100 %. »

Rééducation

Sa voix en a aussi pris un sérieux coup. L’artiste suit une rééducation ardue pour s’exprimer à nouveau de façon intelligible. Mais ses progrès sont spectaculaires. Le 19 septembre, sur sa page Facebook, le chanteur se veut rassurant : « Je suis rentré chez moi il y a une dizaine de jours. Tiré d’affaire a priori ! Encore du travail pendant deux à trois mois avec de la kiné respiratoire et musculaire et un suivi médical fort. Quant à ma voix : ça va presque bien ! […] Ma corde vocale gauche a pâti de l’intubation qui m’a relié à la vie pendant les trente-deux jours de mon coma… Un “petit” désagrément à mettre en face de la survie… Donc un moindre mal. »

Que ce soit à la radio ou sur les réseaux sociaux, Herbert Léonard paraît donc avoir repris du poil de la bête. Nous voulions en avoir le cœur net en lui proposant d’aller le voir, chez lui, dans sa maison en Seine-et-Marne. L’interprète de Pour le plaisir nous y a déjà plusieurs fois accueillis. Notre dernier rendez-vous remonte à l’an passé.

Assis confortablement dans le canapé du salon en cuir blanc, et dans un nuage de fumée de cigarettes qu’il allumait de manière compulsive, il nous confiait couler des jours paisibles avec Cléo, son épouse depuis cinquante ans, être l’heureux père d’éléa, née en 1973, et le grand-père comblé de trois petits-enfants. Mercredi 20 septembre, nous avons donc appelé au domicile des Loenhard (son vrai nom).

Médicaments

Jamais nous aurions pensé que le chanteur allait lui-même décrocher son téléphone fixe, pensant à tort qu’il serait trop faible pour discuter. À l’autre bout du fil, le ton de sa voix nous surprend. Herbert semble loin d’être à l’article de la mort, comme on pouvait le redouter il y a peu. « Je vais très bien, mon état s’améliore de jour en jour », nous confie-t-il fièrement.

Mais après quelques minutes de conversation, il décline notre proposition : « Je n’ai pas trop envie que vous veniez chez moi, je ne suis pas encore très présentable. C’est encore trop tôt pour vous recevoir. Je viens tout juste de sortir de l’hôpital. Là-bas, j’ai perdu 11 kg que j’essaie de reprendre. J’en ai aussi profité pour me faire couper les cheveux très courts. Je n’ai donc vraiment pas une tête à faire des photos. »

Néanmoins il n’entend pas baisser les bras et parle déjà du futur. Non, Herbert Léonard n’a pas dit son dernier mot, ni chanté sa dernière mélodie. Il lui faudra juste encore un peu de temps. Manifestement confiant, il pense même pouvoir revenir sur le devant de la scène très bientôt, lors de la croisière Âge tendre, du 4 au 11 novembre, en Méditerranée.

« J’ai pour le moment annulé tous mes galas, sauf cette croisière. Je me fais suivre en ce moment par un phoniatre qui m’assure que ma rééducation vocale et les médicaments qu’on m’a prescrits devraient me permettre d’être au point sur le bateau. Je devrais avoir meilleure mine à ce moment-là. On a toutefois prévu de faire un point avec les médecins dans un mois. Je garde espoir. Donc rassurez-vous, je ne suis ni décrépit ni à l’agonie. » Nous voilà rassurés.

Philippe Callewaert