Hugues Aufray : Son incroyable 
nouvelle vie !

hugues aufray

Adolescent, Hugues Aufray rêvait de devenir
 peintre et sculpteur,
 mais son père n’était pas d’accord. À 88 ans, 
il se réalise enfin.

 

Il voulait s’inscrire aux Beaux-Arts pour devenir peintre, mais son père n’était pas d’accord, et il lui lança cette phrase assassine : « Tu veux finir comme Van Gogh ! »

Si Hugues Aufray a finalement gagné sa vie avec sa guitare et sa voix, écumant les cabarets puis enregistrant des chansons qui ont marqué leur temps, aujourd’hui, c’est un homme nouveau, plein de désir, empli d’optimisme, qui a décidé, alors qu’il vient de fêter ses 88 ans le 18 août dernier, de changer radicalement d’existence !

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Car il n’est jamais trop tard pour recommencer sa vie, exploiter tout ce que l’on a appris et compris avec les années, et se réaliser ! L’artiste, qui participera néanmoins à la prochaine croisière Âge tendre et tête de bois en novembre prochain, nous le prouve encore une fois.

Premier indice de ce grand bouleversement, il a abandonné la maison dans laquelle il a si longtemps vécu à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine. Une maison dans laquelle il a aimé pendant plus de quarante-cinq années, où il a eu enfants et petits-enfants (il est même arrière-grand-père), et fait de la musique dans le sous-sol aménagé en studio…

Taudis

Pour ceux qui ne connaissent pas le lieu, sachez que cet écrin de verdure, situé à quelques minutes en voiture du pont de Sèvres, à Paris, est l’endroit que de nombreuses stars ont choisi pour y élire domicile. Maurice Chevalier le premier, puis Alain Prost, Jacques Séguéla, Johnny Hallyday, qui s’y était installé en 2005, pour ne citer qu’eux.

« Moi qui ai vécu dans un taudis, enfant, avec ma mère, je suis maintenant entouré de milliardaires, ça ne me fait ni chaud ni froid », avait confié le chanteur au Monde en 2012. Mais depuis, le temps a passé. Et l’artiste a changé sa perception des choses.

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Dans une récente interview au Journal du Dimanche, l’interprète de Santiano avoue en effet avoir été assez déçu par l’attitude de ses anciens camarades et voisins – Renaud, Bob Dylan, Johnny – qu’il ne voit plus, enfermés qu’ils sont, pense-t-il, dans leur tour d’ivoire, sujets aux flatteries. « Moi aussi, j’ai vécu isolé et replié sur mes responsabilités de chef de famille et ma création artistique. […] Comme l’argent, la célébrité est un poison », a-t-il ajouté, toujours au JDD.

Un poison qui, si on le suit bien, isole et éloigne des autres. Ce que ne supporte plus le chanteur. C’est pourquoi il a décidé de se séparer de sa demeure de Marnes-la-Coquette, pour aller s’installer dans une autre en banlieue ouest de Paris, à Marly-le-Roi, dans les Yvelines. Une maison ô combien symbolique, puisqu’elle appartenait au sculpteur et peintre Aristide Maillol, dont les œuvres sont connues dans le monde entier. Cet homme avait rejoint l’idéal que le chanteur porte en lui depuis toujours…

C’est justement pour aller au bout de ses rêves, et se mettre enfin aux arts plastiques, qu’Hugues Aufray a choisi de vivre dans cette demeure. Magnifique coïncidence, véritable cadeau de la vie, il avait rencontré, durant ses jeunes années, la muse du grand sculpteur, Dina Vierny, et il l’avait revue en 2000, lors d’une rétrospective consacrée à Maillol. Lors de cette rencontre, elle lui soufflera une phrase magique, qu’il laissera doucement grandir en lui : « Il n’est jamais trop tard pour devenir sculpteur. »

Libre

La graine était semée. Et la fleur a germé. C’est cette même grande dame qui lui ouvrira les portes de la maison du maître, à Marly, et lui permettra finalement de s’y installer, en simple locataire. Mais Hugues a aussi donné de sa personne pour faire revivre l’atelier de Maillol, laissé à l’abandon ! « C’était insalubre, il a fallu tout refaire. L’endroit avait été squatté durant des années. Bouteilles de vodka, seringues : le sol en était jonché », a-t-il déclaré au JDD.

Petit à petit, il s’est approprié cet endroit, dans lequel il n’a pas encore fini de déballer ses cartons. Il démarre ainsi une nouvelle existence, adoubé, d’une certaine façon, par l’un des plus grands sculpteurs qui soit ! « C’est la première fois que je me sens aussi libre. Comme si j’avais retrouvé mes 20 ans. » Une liberté d’autant plus fortement ressentie, qu’il peut la vivre avec sa compagne, la belle Muriel, qu’il chérit depuis près de vingt ans !

Et les quarante années qui les séparent ne gênent en rien leur amour fou. Désormais, Hugues Aufray ne vit plus en vase clos. Il va à la rencontre des autres, partage l’existence de ceux qui habitent comme lui à Marly.« J’ai retrouvé une vie de village, où les gens se parlent, se disent bonjour », a-t-il encore confié. Après tout, le bonheur peut être simple comme « Bonjour ».

Laurence Paris