Mylène Farmer : Dévastée par la mort de sa mère !

Mylène
Alors qu’elle s’apprêtait à revenir en vedette au cinéma, après vingt-trois ans d’absence, 
la chanteuse Mylène Farmer a dû affronter un  drame  qui aurait pu tout compromettre…

 

Une malédiction pèserait-elle sur Mylène Farmer ? Y aurait-il un génie malfaisant qui s’acharnerait sur l’artiste dès qu’elle s’avise de s’éloigner de son domaine de prédilection, la chanson, notamment pour se lancer dans la grande aventure du cinéma ? On ne serait pas loin de le penser !

Car si la première tentative faite par la rousse « libertine » a été l’occasion d’une blessure cuisante, la seconde, toute récente, a été marquée par un drame atroce. Sa première expérience sur grand écran remonte déjà à vingt-trois ans.

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C’est en effet en 1994 que sort sur les écrans le second film de Laurent Boutonnat – le compagnon d’alors de Mylène –, intitulé Giorgino, dans lequel la chanteuse tient le rôle féminin principal. Hélas ! avec moins de 70.000 entrées, c’est à la fois un gouffre financier et un bide retentissant. Les critiques ne se lassent pas de mettre plus bas que terre cette œuvre incomprise qui, à leurs yeux, n’est rien de plus qu’un long clip de trois heures. Le réalisateur est si mortifié par cet accueil qu’il rachète les droits de son propre film afin d’en empêcher toute diffusion à la télé et toute autre exploitation commerciale.

On imagine la déception de Mylène Farmer : non seulement sa première incursion au cinéma se solde par un terrible échec mais, en plus, tout le poids en retombe sur les épaules de l’homme qu’elle aime ! Cette expérience malheureuse, elle va mettre plus de vingt ans à la surmonter.

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Dans le long et riche entretien qu’elle a accordé la semaine dernière au magazine Gala, la chanteuse avoue avoir laissé passer durant ces années « quelques propositions et projets fantômes… »

Plein fouet !

Et puis, soudain, voilà qu’un réalisateur a su trouver les mots qu’il fallait pour convaincre Mylène de retenter l’aventure ! Pascal Laugier est français et, à 45 ans, a déjà une réputation de cinéaste aussi solide que sulfureuse. Son deuxième film, Martyrs, tourné au Canada, a déclenché une énorme polémique et a failli être interdit aux moins de 18 ans, tel un vulgaire « porno », tant il était violent et gore.

Quant au suivant, intitulé The Secret, il mettait la belle Jessica Biel aux prises avec des créatures maléfiques kidnappant des enfants dans une mine abandonnée : de quoi séduire la sulfureuse Mylène qui n’a jamais eu peur des ambiances plus ou moins morbides ! Cette fois, l’affaire se présentait bien ; d’autant mieux du reste que le cinéaste et sa future vedette se connaissaient déjà, puisqu’en 2015, Laugier avait conçu et réalisé le clip de la chanson de Mylène City of Love.

Le tournage était donc sur le point de débuter lorsque la malédiction a de nouveau frappé de plein fouet Mylène Farmer, dans ce qu’elle peut avoir de plus cher, de plus intime. À cette époque, la chanteuse a commencé à se préparer au rôle qui doit être le sien dans Incident in a Ghost Land, celui d’une mère de famille confrontée, là encore, à des esprits malfaisants qui hantent sa maison.

Et c’est précisément alors qu’elle tente de se glisser dans la peau et dans l’esprit de cette femme qui tente de protéger ses filles du pire, que sa propre mère meurt : au moment même où Mylène s’apprête à devenir mère devant la caméra, elle se retrouve soudain orpheline dans sa véritable existence ! Combien de femmes, moins solides qu’elle malgré ses apparences fragiles, auraient été si douloureusement frappées par une telle coïncidence macabre qu’elles auraient choisi de renoncer à leur rôle ? Beaucoup sans doute… Mais pas Mylène Farmer.

Comme à son habitude, elle a fait de sa timidité et de son goût du secret une coquille protectrice. Dans Gala, la réponse qu’elle apporte à son interlocuteur lorsque celui-ci aborde la délicate question de ce deuil lui ressemble parfaitement : « Permettez que je ne vous réponde pas directement, dit-elle. Chacun d’entre nous est touché par des deuils. J’ai la chance de pouvoir écrire sur “mes” absents… Sans les nommer… Et de pouvoir, par la magie des mots, aspirer un peu du chagrin des autres. »

On n’en saura pas plus à propos de cette épreuve. Chez Mylène Farmer, comme chez toutes les personnes pudiques, plus la blessure est profonde, plus épais sont les pansements qui la recouvre… Ce qui est certain, c’est qu’avant même la toute première prise de vue, le film dans lequel Mylène avait mis tant d’espoir s’annonçait bien mal : l’expérience enrichissante et agréable risquait fort de tourner en épreuve pénible.

D’autant que, à son sujet, la chanteuse avait une grande angoisse, qui venait s’ajouter à sa douleur : celle non seulement de devoir porter tout le film en endossant le rôle principal, mais en plus de devoir le faire… en anglais ! Heureusement pour elle, l’un de ses plus proches amis est venu à la rescousse, tel le prince des contes de fées, pour lui permettre de surmonter ce blocage.

« Depuis le cours Florent, je suis amie avec Vincent Lindon qui m’impressionne infiniment dans chacun de ses rôles, vient-elle de révéler. Son aide fut précieuse. Il m’a conseillé son coach. J’ai répété. Et puis… j’ai fait le grand saut dans le vide ! »

Blessures

Avant même sa sortie (prévue pour le début de 2018), le film de Pascal Laugier a donc déjà eu une heureuse conséquence, celle de lever le secret sur une amitié que personne ne soupçonnait : toujours le goût du secret de Mylène.

Cette amitié a ensuite été confirmée par Vincent lui-même, au micro d’Europe 1 : « Je ne lui ai pas prêté mon coach, commence-t-il par rectifier, je n’ai pas de coach, j’ai eu une fois quelqu’un qui m’a aidé, c’est tout. Mylène paniquait comme une folle à l’idée d’aller tourner ce film en anglais et je lui ai conseillé quelqu’un, un répétiteur professionnel extra qui l’a beaucoup rassurée. »

Pour ce qui est de leur amitié, Vincent a des accents qui ne trompent pas : « Être ami avec Mylène, c’est très doux, très agréable, dit-il. Je l’aime énormément. On s’est connus tout jeunes au cours Florent, on ne s’est pas vus pendant des années, on s’est revus. On n’a pas besoin de se parler tous les jours, on a des crises : on peut se voir quatre fois dans le mois, puis plus rien pendant deux mois ! »

Et quoi de plus précieux qu’un ami solide, lorsqu’il faut affronter les blessures cruelles que la vie nous inflige ? Elle a de la chance, Mylène Farmer !

Valérie Bergotte