Élodie Gossuin : “J’ai ma carte de fidélité aux urgences !”

Élodie Gossuin lors de l'enregistrement de  l'emission du dimanche "les grands du rire" © Eric Fougère

Élodie Gossuin lors de l’enregistrement de l’emission du dimanche « les grands du rire » © Eric Fougère

Malgré son emploi du temps de  ministre, Élodie Gossuin, la Miss préférée des Français, apparaît plus épanouie que jamais.

 

Au micro du Meilleur des réveils, tous les matins sur RFM, de 6 h à 9 h 30, ambassadrice de l’Unicef, candidate de la prochaine saison de Danse avec les stars et maman d’une tribu de quatre enfants (deux paires de jumeaux : Rose et Jules, 9 ans, Joséphine et Léonard, 4 ans), notre Miss France 2001 Élodie Gossuin ne chôme pas !

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Pourtant elle a trouvé le temps d’écrire un livre réjouissant, Miss Maman, le guide de la mère (im)parfaite, qui vient de sortir, en septembre. Cet ouvrage, qui mêle humour, témoignages et conseils, de la grossesse à l’école primaire, va déculpabiliser bien des mamans.

France Dimanche (F.D.) : Comment est née cette envie d’écrire ?

livre ÉlodieÉlodie Gossuin (É.G.) : Il y a plus de dix ans, j’ai commencé à consigner plein de petites choses dans un carnet, mais juste pour moi. Un peu comme certaines écrivent des blogs, je me suis mise à prendre des notes sur notre désir d’être parents, la grossesse, les examens médicaux, mes sentiments. Des textes destinés à mes enfants, avec leurs premiers pas, leurs premières dents, etc. Mon engagement pour l’Unicef m’a aussi permis de partager avec des mamans de cultures et d’horizons différents. Sans oublier tous les échanges avec mes copines. Beaucoup m’ont alors encouragée à publier l’ouvrage qu’elles auraient tant aimé trouver quand elles étaient enceintes. En plus, mes meilleures amies sont infirmière, institutrice, sage-femme et orthophoniste, ce qui m’a bien aidée. Elles interviennent d’ailleurs dans le livre, qui a été nourri par de très nombreuses Miss Maman.

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F.D. : Quel genre de maman êtes-vous ?

ÉG. : J’ai tenté d’être une mère parfaite au début, à peser la viande, à me rendre tous les jours au marché, à n’acheter que du bio, à faire la cuisine, etc. Et puis, j’ai appris à lâcher prise, pas pour devenir complètement laxiste, mais disons beaucoup plus cool ! Néanmoins, je reste très protectrice, genre lionne. Je consacre à mes enfants autant de temps que possible. Je pourrais certainement en faire encore plus, mais j’estime qu’on peut être mère sans pour autant tout sacrifier, sans se priver de liberté.

F.D. : Comment avez-vous vécu ces deux annonces de grossesse gémellaire coup 
sur coup ?

É.G. : Avec mon mari, avoir des jumeaux était notre rêve ! Ma sœur et mon frère, qui ont six ans de moins que moi, sont jumeaux, et j’ai toujours été proche d’eux, je ne me suis jamais sentie exclue de leur relation. De plus, mon beau-père ayant lui aussi une jumelle, nous avions des chances d’en avoir. Donc, pour l’annonce de la première grossesse, on était aux anges. Pour la seconde, je dois dire qu’on n’avait pas trop anticipé. Mais bon, comme je suis de nature à tout positiver, ça s’est bien passé. Après, je n’ai pas vécu ces deux grossesses avec la même légèreté. Pour la première, je n’avais que 25 ans, beaucoup de naïveté, tout était magique, c’était le miracle de la vie. Pour la seconde, même s’il me restait un peu de cette candeur, j’avais plus à l’esprit la fragilité de l’existence, la difficulté des grossesses gémellaires, qui impliquent de davantage se ménager, chose compliquée pour moi de par mes obligations professionnelles. Et au regard des drames vécus par certains de mon entourage ou que j’ai rencontrés via l’Unicef, j’ai compris à quel point la vie pouvait parfois être injuste, et j’avais très peur qu’elle le soit avec nous. Avant mon second accouchement, j’ai été hospitalisée au septième mois, car je risquais d’avoir des prématurés. Finalement, tout s’est bien passé, mais j’ai été très angoissée. Chaque jour qui passait était une victoire.

F.D. : C’est rigolo, qu’il s’agisse de vos enfants, de vos frères et sœurs ou du papa de votre mari et sa jumelle, à chaque fois, ce sont un garçon et une fille…

É.G. : Oui, c’est un peu notre signature familiale. J’aurais adoré avoir un jumeau. On a toujours son meilleur pote avec soi, quelqu’un sur qui compter, on n’est jamais seul…

F.D. : En multipliant par quatre les risques de petits bobos, vous devez être abonnée au service des urgences ?

É.G. : J’ai même ma carte de fidélité aux urgences ! Avoir des enfants fait naître un sentiment de fragilité permanent et des crises d’angoisse insoupçonnées. Dès que je ne suis pas avec eux, je me demande ce qu’ils sont en train de faire, j’ai peur, j’espère qu’ils ne sont pas tombés à l’école, qu’ils ne se font pas harceler par un camarade… Je comprends mieux ma mère qui s’inquiétait tout le temps pour nous.

F.D. : Avec Bertrand, vous avez fêté vos 10 ans de mariage l’an dernier, c’est toujours le grand amour ?

É.G. : Plus qu’avant ! Ça fait treize ans qu’on est ensemble, mais j’ai l’impression de le découvrir encore chaque jour. En tant que papa, il est mieux que tout ce que j’avais pu imaginer. Tellement présent, impliqué tout le temps, partout. Je ne pourrais pas l’admirer plus s’il était président de la République ! Il fait preuve d’abnégation et de patience, alors que bien des hommes sont des géniteurs mais pas des pères, et encore moins des super papas ! Ça force l’admiration.

F.D. : Souhaiteriez-vous d’autres enfants ?

É.G. : Dans l’absolu, oui ! Qu’il est difficile de faire le deuil de la maternité ! J’évite d’y penser, car j’ai beaucoup de mal à l’accepter. L’idée de ne plus être enceinte, de ne plus porter la vie me rend très triste. J’ai à peine 36 ans et me dis que je pourrais très bien faire un petit dernier, mais bon, je sais ensuite ce que ça représente au quotidien de les élever correctement. J’ai déjà le sentiment de vivre trois journées en une, alors je me console en me disant qu’on forme déjà une belle tribu.

F.D. : Vous venez d’être nommée ambassadrice de l’Unicef, que ressentez-vous ?

É.G. : Ça fait cinq ans que je suis à leurs côtés en tant que marraine, donc là, être nommée ambassadrice est une très belle reconnaissance de leur part. Ça ne change pas réellement mon engagement, mais c’est un cadeau magnifique qui m’honore infiniment.

F.D. : Vous êtes au casting du prochain Danse avec les stars. Vous savez danser ?

É.G. : Pas du tout ! Je suis nulle en danse, et en plus, comme je suis grande, j’ai toujours de gros soucis de coordination et de synchronisation. Je ne sais jamais quoi faire de mes jambes et de mes bras. Donc ça va être très compliqué pour moi. Pourtant je piaffe d’impatience ! Cela fait des années que cette émission me fait rêver et que je passe à côté. Une fois, ça a failli se faire, j’allais dire oui le jour où j’ai appris que j’étais enceinte. Là, si je peux me lancer dans l’aventure, c’est aussi grâce à mon mari, qui m’a dit : « Vas-y, fonce, je vais gérer les enfants ! » Et finalement, je suis très heureuse de le faire car aujourd’hui, ils sont tous en âge de me suivre. Peut-être même viendront-ils me soutenir un jour sur un prime. J’adorerais ! J’espère seulement ne pas les ridiculiser, que ce ne soit pas une épreuve pour eux d’aller à l’école le lundi avec une maman qui s’est tapé la honte le samedi soir à la télé. Je veux juste qu’ils soient fiers de moi.

Caroline Berger