Jean-Claude Borelly : “Je sauve des églises en y organisant des concerts !”

 

JC Borelly 2
Depuis dix ans, à la demande d’associations de sauvegarde du  patrimoine, le trompettiste Jean-Claude Borelly se déplace dans les paroisses de France.

 

Le musicien aux 22 disques d’or nous a reçu dans ses bureaux, situés près de la place d’Alésia à Paris. Jean-Claude Borelly, le plus populaire des trompettistes, célèbre pour ses tubes Dolannes Melody et Concerto de la mer, est revenu sur sa carrière, nous a fait découvrir son dernier album D’or, de rêve et de lumière, et a même joué quelques notes pour nous.

À 63 ans, il donne toujours des galas, notamment dans les églises, grâce auxquelles il a retrouvé un second souffle…

Le trompettiste Jean-Claude Borelly par Jérôme Mars

Le trompettiste Jean-Claude Borelly par Jérôme Mars

France Dimanche (F.D.) : Comment expliquez-vous votre renommée internationale ?

Jean-Claude Borelly (J.-C.B.) : La trompette est un instrument populaire et ma musique est grand public. Dans mon dernier album, je mélange différents styles : Les Corons de Pierre Bachelet, l’Ave Maria, du Gospel… J’ai aussi composé Love to Marilou, dédié à ma filleule, qui vient d’avoir 10 ans. Elle est très contente d’avoir sa chanson sur un CD et m’a dit : « Tu es le plus merveilleux des parrains ». Je n’ai pas d’enfant, mais ma compagne Nisa (diminutif de Denisa, ndlr), d’origine slovaque, avec laquelle je vis depuis 28 ans, a eu deux fils d’un premier mariage. Marilou est sa petite-fille.

F.D. : Nisa vous accompagne lors de vos tournées ?

J.-C.B. : Pas toujours, c’est fatiguant d’être sur la route. Le 15 et 16 octobre, je serais dans les églises d’Erstein et de Haguenau, en partenariat avec l’Unicef. Il y a beaucoup d’associations de sauvegarde du patrimoine qui me contactent pour que je les aide à restaurer leur petite église. Quand c’est pour la bonne cause, ça ne se refuse pas…

F.D. : Comment avez-vous eu l’idée de jouer dans ces paroisses ?

J.-C.B. : Une association caritative m’avait sollicité en 2006, pour jouer dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. J’ai redécouvert le son de la trompette grâce à l’acoustique exceptionnelle des églises. Et puis, il y a le côté sacré et mystique des lieux. Après le tourbillon des galas, des croisières, des années d’allers retours à Las Vegas, tout cela m’a apaisé.

–> Pour en savoir plus : www.borelly.com

F.D. : Comment se déroulent vos concerts ?

J.C.B. : Après la lecture d’un texte poétique, qui donne le ton, j’arrive du fond de l’église en interprétant l’Hymne à l’amour d’Édith Piaf, en remontant l’allée principale. À la fin du spectacle, le public se lève et applaudit. Un curé m’a dit : « Si on pouvait avoir autant de monde à la messe, je serais heureux ! »

F.D : Êtes-vous le seul musicien de la famille ?

J.-C.B. : Ma mère adorait chanter, c’est elle qui m’a encouragé. Mon père, qui travaillait dans les assurances, était assez inquiet pour moi. Ma sœur aînée Marie-Paule a fait une carrière comme danseuse, à l’Opéra de Paris puis à l’Alcazar avec Jean-Marie Rivière. Aujourd’hui, elle enseigne son art à Poitiers.

F.D. : Êtes vous toujours allergique au poisson ?

J.-C.B. : C’est la faute à l’anisakis, un petit ver qui sévit dans les mers du nord. Il est mangé par les petits poissons, eux-mêmes dévorés par les plus gros. Pendant quarante ans, j’en ai mangé, mais, désormais, je ne prends plus aucun risque. Car il y a une douzaine d’années, mes lèvres ont gonflé sans raison, et j’ai d’abord cru m’en être sorti grâce à une piqûre de cortisone administrée à l’hôpital. Mais, un mois après, un matin, tout mon visage était boursouflé ! J’étais victime d’un œdème de Quincke, dont j’ignorais la cause. J’ai dû aller quatre fois aux urgences. C’est une allergologue qui a découvert que ce parasite était à l’origine de mes maux. J’ai eu très peur ! J’espère désormais garder la forme pour continuer à jouer et transmettre mon expérience à un jeune artiste.

 

Anita Buttez
Photo : Jérôme Mars