Stéphane Collaro : Dans l’enfer 
de Saint-Martin !

Stéphane Collaro  chez lui à  Saint-Martin

Stéphane Collaro chez lui à Saint-Martin.

Nous avions rencontré Stéphane Collaro en 2011 sur son île paradisiaque. Ne parvenant pas à le joindre depuis le passage de l’ouragan Irma, nous avons contacté son frère, Christophe.

Le frère de Stéphane Collaro, Christophe, nous a donné des nouvelles pour 
le moins  alarmantes…

«Désolé, la messagerie vocale Orange de votre correspondant ne peut plus recevoir d’appels. Veuillez rappeler ultérieurement », nous répète inlassablement la voix robotique, dénuée d’émotion, de son répondeur… Depuis le passage de l’ouragan Irma qui, dans la nuit du 5 au 6 septembre, a presque entièrement dévasté l’île de Saint-Martin, dans les petites Antilles, nous avons tenté à maintes reprises, la boule au ventre, de joindre Stéphane Collaro sans, hélas, jamais y parvenir…

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L’ex-animateur de 74 ans était tombé amoureux, il y a trente ans, de ce qui était alors un petit coin de paradis, et où il résidait une grande partie de l’année. Devenu promoteur immobilier et hôtelier, Stéphane avait notamment acheté, dans l’anse Marcel, une grande propriété qu’il avait transformée en maison d’hôtes de luxe, un établissement qu’il dirigeait avec l’enthousiasme qu’on lui connaît depuis son départ de la télé. « Tonton mayonnaise » y coulait des jours heureux…

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Jusqu’à la semaine dernière, et l’arrivée sur sa chère terre d’asile de l’ouragan destructeur au doux prénom féminin que l’on verrait bien disparaître du calendrier : Irma, 1.000 km de diamètre – la quasi totalité de la France métropolitaine ! –, des vents à 279 km/h, avec des rafales à 360 km/h. Un phénomène climatique surpuissant classé en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, c’est-à-dire la plus élevée, et qui a, en un claquement de doigts, tout ravagé sur son passage !

Apocalypse

Alors que le 8 septembre, l’état de « catastrophe naturelle » était déclaré par le gouvernement français, les nouvelles qui nous parvenaient de l’île étaient de plus en plus angoissantes. Raison pour laquelle nous nous sommes terriblement inquiétés pour celui qui nous avait tant fait rire à l’époque du Collaro show.

De plus en plus soucieux pour son sort et celui de sa famille, nous avons fini par appeler son frère, Christophe, qui nous a donné des nouvelles peu rassurantes de son aîné : « Il est barricadé, armé, parce que, évidemment, comme tout le monde, il a peur des pillages, nous a-t-il expliqué. Il y a énormément d’insécurité, très peu relayée par les médias. Mais il va bien, il est sain et sauf. Une partie de sa maison s’est envolée, et il attend la possibilité de prendre un avion pour rentrer en métropole, en laissant, bien sûr, la priorité aux femmes et aux enfants. »

Il y a en effet toutes les raisons de craindre le pire sur cette île située au nord de la Guadeloupe qui vivait, jusque-là, à 80 % du tourisme, et où tout n’est aujourd’hui que désolation et chaos, certains allant même jusqu’à évoquer une apocalypse. De l’image estivale que l’on peut voir sur les pages des catalogues de vacances, montrant des palmiers ondulant au bord d’une mer turquoise, il ne reste qu’arbres fendus, déracinés, branches arrachées, maisons éventrées, vestiges de toits et de façades disséminés sur les routes dont on ne distingue plus les contours.

Sur cette île franco-néerlandaise de 72.000 habitants, dont beaucoup sont très pauvres – un tiers des habitants est au chômage –, il est, depuis une semaine, dangereux de se déplacer, ne serait-ce que pour aller chercher de quoi se nourrir. « On dirait presque un pays en guerre », a confié une journaliste de Guadeloupe 1re, Maeva-Myriam Ponet, évoquant un vrai cauchemar. « On entend des coups de feu toute la nuit. On tue, on vole ! », a également raconté un habitant sinistré.

Un témoignage effrayant, confirmé par le frère de Stéphane, qui a bien voulu relayer ses propos : « Il m’a dit qu’il y a une insécurité énorme. Comme, en plus, les moyens de communication n’ont pas été entièrement rétablis, il a du mal à contacter ses amis, on a peu de nouvelles, mais la ville est totalement pillée. » Et d’ajouter, d’un ton grave où perce une mince lueur d’espoir : « Avec l’arrivée de l’armée, espérons que ça va s’arranger. »

Carnage

Le 11 septembre, en plus des moyens déjà mis en place par l’État depuis la catastrophe, la Légion étrangère s’apprêtait à venir prêter main-forte aux militaires, aux policiers et à l’aide humanitaire, complètement débordés par le désordre sur place. Mais ce soutien, indispensable, n’effacera pas la terreur vécue sur les lieux par toutes les victimes lors du passage destructeur d’Irma, suivie de la crainte indicible de voir José, le second ouragan, surgir 24 heures après et achever le carnage.

Sans parler du fait que tous ces malheureux ont dû vivre les jours suivants sans électricité, et que l’eau courante n’a pas encore été rétablie. « Il a eu la peur de sa vie ! nous a encore expliqué Christophe Collaro. C’est très difficile de faire partager des émotions pareilles quand on n’est pas sur place, on a beau voir des images terrifiantes, on ne le vit pas. »

Très attaché à son havre de paix, l’ancien homme de télévision, tout comme la plupart de ceux qui ont vécu cet enfer, n’a sans doute plus que ses yeux pour pleurer : « Il avait vendu la villa Caye-Blanche, qui faisait hôtel, et qui est détruite par l’ouragan, nous a encore raconté le frère de Stéphane. Il s’est fait construire une maison plus petite, pas loin sur la marina, à l’anse Marcel, dont une partie s’est envolée. Mais c’est une construction récente qui date de l’an dernier, et elle a bien résisté grâce aux matériaux antisismiques et anticycloniques utilisés. »

Malgré tout, les secours s’organisent. Bien que le créateur potache des coco-girls ne songe qu’à revenir au plus vite en métropole, il est bien obligé d’attendre que son tour vienne pour quitter l’île, devenue le théâtre de scènes de guerre civile, comme nous l’a expliqué son cadet : « Il peut vivre dans sa maison mais, étant donné qu’une partie s’est envolée, elle reste précaire, elle ne ferme pas correctement, donc même s’il parvient à rentrer, il devra laisser quelqu’un pour la surveiller et la protéger des pilleurs. » Des pilleurs qui sèment la mort et la désolation en bandes organisées…

Malgré les problèmes de communication, Stéphane Collaro n’a pas manqué de se plaindre auprès de son frère des pratiques de certaines compagnies aériennes : « Il est révolté car elles ont augmenté leurs tarifs, il trouve que c’est honteux. » Et le benjamin des fils Collaro de conclure notre entretien avec tristesse : « On est assez impuissants, on essaie simplement d’envoyer des dons, de mobiliser du monde pour que les conditions de vie s’améliorent, que les gens aient de quoi se loger, se nourrir. »

Une lente reconstruction qui ne se fera pas sans l’aide que, sans nul doute, la plupart d’entre nous tenteront d’apporter à ces milliers de compatriotes en grande souffrance…

Clara Margaux