Marine : “Avec mes chats je soigne des personnes atteintes de démence !”

Marine avec ses adorables "aides-soignants", deux chats Ragdoll et deux cochons d'Inde

Cette jeune comportementaliste animalière souhaite améliorer le quotidien des personnes âgées souffrant des maladies d’Alzheimer ou de Parkinson. Amoureuse des chats, Marine Droin élève une race bien particulière, le ragdoll, originaire des États-Unis…

«Ces félins, qu’on surnomme “chats canapés” tant ils adorent votre présence au quotidien, sont réputés pour leur douceur et leur gentillesse. Ils sont très souples quand on les prend dans les bras et se laissent faire comme des poupées de chiffon, d’où leur nom. J’en ai actuellement cinq à la maison.

Deux d’entre eux (Hélios, 5 ans, et Nikita, sa fille de 6 mois) ont été spécialement éduqués pour participer à mes ateliers (à découvrir sur www.catpattes-complicite.fr) à destination des seniors atteints de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson.

VAP 3703 CHATS SENIORSCette thérapie avec les chats est plutôt rare en France, où l’on préfère souvent les chiens. J’ai eu l’idée de travailler avec deux félins et deux cochons d’Inde (Cookie et Caramel) lorsque je suis allée pour la première fois dans une maison de retraite rendre visite à mes arrière-grands-parents.

J’ai alors découvert que les personnes très âgées restaient souvent prostrées toute la journée dans leur fauteuil roulant ou sur leur lit. Elles semblent vides de vie, leurs yeux regardent toujours ailleurs. Détachées de leur entourage, elles n’interagissent plus entre elles. Je me suis dit qu’avec la compagnie des chats, ce serait forcément différent !

Satisfactions

Par la suite, j’ai entamé des études de zoothérapie au cours desquelles j’ai notamment découvert les bienfaits que les félins peuvent apporter à l’être humain. Ce que j’ai ensuite vérifié concrètement avec mes propres chats. On sait aujourd’hui que lorsqu’on caresse un animal, on éprouve immédiatement un certain plaisir, ce qui se manifeste par la libération dans le corps d’endorphine, une hormone aux vertus apaisantes. On se retrouve ainsi dans un état de quiétude agréable.

En même temps, l’activité avec l’animal développe une réelle confiance en soi. Physiquement aussi, les effets sont perceptibles : le rythme cardiaque diminue, la pression artérielle s’abaisse. Le stress et les angoisses s’envolent au contact d’un chat ! On s’évade le temps d’un jeu, d’une longue caresse. Et on retrouve le sourire. Ainsi que l’envie de raconter son expérience…

Enfin, ce contact direct avec le poil soyeux et la chaleur de l’animal est efficace chez les personnes âgées car elles ont souvent déjà perdu la vue et l’ouïe, mais leur sens du toucher, bien présent, reste une source de satisfactions. C’est souvent par ce biais que l’on parvient à atteindre les personnes souffrant d’Alzheimer, à capter leur attention.

J’ai donc éduqué mes chats pour qu’ils ne griffent pas et qu’ils ne soient jamais agressifs. Ils sont tout autant capables d’aller rattraper une balle que de s’installer tranquillement sur des genoux en ronronnant. à partir de septembre, je propose plusieurs ateliers dans les maisons de retraite de la région, à Coubert, Fontainebleau et Meaux.

Dans un premier temps, par petits groupes de quatre à cinq, les résidents approchent les animaux. à leur contact, les bras et les mains s’ouvrent, les sourires et les paroles fusent. Cela fait du bien aux résidents de caresser mes deux cochons d’Inde et de les entendre couiner de plaisir. Une expérience toujours gratifiante…

Comme le chat, le cochon d’Inde ne juge pas l’être humain et il est même très empathique. L’animal leur rappelle souvent leur enfance et permet une rééducation cognitive et motrice étonnante. Parfois même, ils se mettent tout à coup à raconter leur vie. Entre les jeux de mémoire et les câlins, ces malades en fin de vie semblent retrouver un peu de leur dignité ! »

Alicia Comet

Mots Clés :