René Casselly : Mes amis les éléphants

René Casselly

 

Ce dresseur ne 
quitte pas ses cinq éléphants, qu’il considère comme partie intégrante 
de sa famille. 
En spectacle jusqu’au 26 février 2017 au Cirque d’hiver, à Paris, 
René Casselly nous raconte sa vie hors norme avec 
ses pachydermes.

«ll est plus fréquent d’avoir pour animal de compagnie 
un chien ou un chat. Mais moi, je vis depuis toujours aux côtés de mes cinq éléphants ! Je dois ça à mon père, dresseur dans un cirque, et à mes aïeux durant sept générations.

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VAP 3676 RENE CASSELY DU CIRQUE BOUGLIONE

Avec Betty, Kimba, Mambo, Nanda et Tonga, nous nous déplaçons ensemble, en troupeau, comme dans la jungle. Dès notre arrivée sur la piste, notre bonne humeur suscite la joie et les rires. Surtout ceux des enfants !

Si mes animaux leur plaisent autant, c’est sans doute pour des raisons identiques aux miennes : j’adore leur aspect majestueux. Tout est gigantesque chez eux : leurs grands yeux globuleux, leurs défenses interminables qui sont, en fait, leurs incisives. Sans parler de leur trompe ! Bien plus amusante que le nez d’un clown !

Mais contrairement à Dumbo, le célèbre personnage de Walt Disney, mes éléphants ne volent pas. Dans notre numéro, je suis le seul à m’élancer dans les airs.

Arrivé sur l'éléphant après la cabriole de  René

 

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Afin de bien rôder mon numéro et d’en limiter les risques, je répète plusieurs fois 
par jour. Mon triple saut périlleux sur le dos de mes bêtes a exigé 
une année entière de travail. Mais il m’arrive encore de tomber.

Je suis toujours étonné de voir combien mes éléphants sont concentrés. Quand Kimba pose sa patte sur le propulseur pour me projeter à plusieurs mètres du sol, je vous assure qu’elle fait très attention et me suit du regard pour s’assurer que ma réception sera bonne. Son œil brille d’intelligence.

Le pachyderme surpasse tous les autres mammifères du globe, tant par la taille que par l’intuition ! Après le travail, nous allons nous reposer à la campagne, près de Paris. Nous paressons dans les vastes parcs boisés. C’est notre savane africaine à nous. À force de vivre avec mes animaux depuis l’âge de 3 ans, je me sens des leurs. Parfois, je dors même avec eux.

Nous partageons nos secrets. Leurs yeux sont tellement expressifs ! Nous communiquons aussi par les gestes, le comportement, la voix, nous nous comprenons.

Avec Stéphanie de Monaco

Avec Stéphanie de Monaco

Mon rêve ? Réaliser un quintuple saut périlleux. Si j’y arrive, avec beaucoup d’entraînement, je pourrai sans doute retourner au Festival international du cirque de Monte-Carlo. C’est là que j’ai commencé ma carrière, en 2012. La princesse Stéphanie m’a remis mon Clown d’or, l’équivalent des Oscars pour les artistes de cirque.

Son altesse préside le jury du festival depuis la mort de son père. Je sais qu’elle aime aussi beaucoup les éléphants. À tel point qu’elle a elle-même recueilli, il y a trois ans, Baby et Népal, deux éléphantes suspectées d’avoir contracté la tuberculose auprès d’une troisième, morte de la maladie. Elles étaient vouées à l’euthanasie.

Comment peut-on vouloir du mal à ces animaux ? Comment peut-on les laisser se faire massacrer en Afrique ou en Asie pour leur ivoire, ou tout simplement pour le plaisir de chasser ? Leur survie est réellement menacée. En vingt ans, 30 % des éléphants d’Afrique ont disparu. C’est révoltant ! »

Cédric Potiron