Sarah : “Mon tour du monde sans argent !”

Sarah aux Philippines

Sarah Gysler, cette baroudeuse de 23 ans, a quitté son domicile le 8 décembre dernier et, sans un sou, a traversé l’Atlantique à bord d’un voilier…Le début d’un périple autour de la planète, en solitaire, qui n’est pas près de prendre fin.

« J’ai 23 ans, aucun diplôme, aucune possession. Ni permis de conduire, ni de logement fixe. Pas d’argent à la banque, pas de projet rentable à long terme. Pour n’importe quelle personne sensée, je suis l’exemple parfait de l’irresponsable, de la hippie. J’accepte la critique.

Je n’ai jamais compris pourquoi je devrais trimer cinquante ans pour un patron qui ne m’estimerait même pas. Sur la route, je sais que je peux compter sur moi et sur des inconnus. Elle est là ma sécurité.

« Le matin, au réveil, je ne sais rien de la tournure que prendra ma journée. »

Il y a deux ans que j’ai quitté mon job et mon appartement pour voyager. Depuis, j’ai parcouru l’Europe sans argent, passé des mois en Norvège, traversé le lac Baïkal à pied et la Russie en train, rencontré des nomades en Mongolie, fait la bise à un Chinois et pris le temps de découvrir les Philippines.

Sarah en bateau-stop

Sarah en bateau-stop

Boucler un tour du monde sans argent, ça faisait deux ans que j’en parlais. Mon voyage a commencé au début du mois de décembre, devant la maison dans laquelle j’ai grandi, à Lausanne. Je ne parle pas un mot d’espagnol et j’ai le mal de mer. Pourtant, il m’a fallu descendre à Gibraltar pour trouver un voilier qui m’a permis de traverser l’Atlantique en “bateau-stop”. Aujourd’hui, je n’ai pas de date de retour prévue.

Voyager en étant fauchée est un concept nouveau. Le matin, au réveil, je ne sais rien de la tournure que prendra ma journée. J’ai une vague idée du pays que j’aimerais atteindre, mais je n’ai pas de train à prendre, aucune réservation d’hôtel et personne ne m’attend nulle part. Face à ces données inconnues le seul moyen de ne pas perdre pied, c’est de lâcher prise.

Voyager sans argent, c’est se sentir à la bonne place, en toutes circonstances. Je n’achète pas de nourriture, je ne prends pas d’avion. J’apprends à pêcher, à me nourrir dans la nature, à m’abriter. Je me déplace à pied ou en stop, en voiture ou en bateau. Souvent, je passe la nuit chez les gens que j’ai rencontrés durant la journée. Si je ne trouve personne pour m’accueillir, je recherche un hôte directement dans la rue ou sur Internet (dans les groupes de voyageurs). Il m’arrive aussi de dormir dans la nature, dans mon hamac.

– > Suivez son tour du monde sur son blog : www.laventurierefauchée.com

Pour ce qui est de la nourriture, je suis souvent invitée à partager des repas de mes hôtes ou de mes chauffeurs, mais parfois je ne rencontre personne. Dans ces cas-là je récupère les légumes moches du marché, la nourriture dans les poubelles des commerces, le vieux pain des boulangeries, les restes des restaurants.

Sarah se déplace en stop ou à pied

Sarah se déplace en stop ou à pied

Je dispose d’un ordinateur, ça oui, acheté d’occasion. Sinon dans mon sac, j’ai emporté Mimou, mon chat en peluche. C’est un cadeau que l’on m’a fait pour mon départ en Norvège et je le trimbale toujours avec moi. Il a déjà visité trois continents…

Ma particularité est de voyager léger. Mon sac, qui ne doit pas peser plus de 7 kg, contient un pantalon, un short, deux tee-shirts, deux robes, un paréo (qui me sert de serviette de bain, de foulard et de robe), une grande écharpe qui me sert de pull s’il fait froid et de couverture pour la nuit, une paire de chaussettes et trois culottes. Je voyage depuis toujours avec une seule paire de chaussures.

J’ai mon harmonica, une liseuse et une immense enveloppe avec des photos et des lettres de mes proches. J’ai un hamac et une bâche (qui me sert aussi de veste de pluie et de récupérateur d’eau), un dico d’espagnol et des huiles essentielles en cas de bobo. J’ai une pierre à feu, un bon couteau et quelques bouts de ficelle. Et c’est tout.

Je garde le contact avec mes proches via Skype ou Facebook. Je joins ma famille au moins une fois par mois. Comme je suis partie avec ma liseuse, j’ai une centaine de livres avec moi. En ce moment, je dévore Simone de Beauvoir et Stefan Zweig. J’ai l’ambition d’écrire un jour un livre sur mes aventures, mais comme je n’ai pas le temps sur la route, cela attendra mon retour… »

Alicia Comet

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