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« Férue de généalogie, j’ai reconstitué le dernier mariage précédant la Révolution »

“Enfant, j’aimais beaucoup la géographie et l’histoire, mais j’ai attendu ma retraite pour me mettre à la généalogie. J’ai commencé par prendre des cours dans une association d’une ville voisine, j’y allais une fois par semaine. Puis, j’ai fondé l’association généalogique de Bessancourt, ma ville. En remontant ma filiation, je me suis rendu compte que mes ancêtres étaient déjà à Bessancourt en 1600 !

Je ne fais pas seulement des recherches sur ma famille : j’aime beaucoup ma ville et nous organisons régulièrement des expositions thématiques pour montrer comment on vivait dans le temps. Celles-ci montrent à quel point notre petite ville a changé. Avant, je me souviens, je pouvais faire toutes mes courses dans le centre-ville. Il y avait un quincaillier, une laiterie, une crèmerie, un poissonnier, un chausseur, une petite cordonnerie, une grainetier… Autant de commerces qui ont disparu aujourd’hui.

Le plus gros événement que nous ayons organisé, c’est la reconstitution du dernier mariage bessancourtois précédant la Révolution française. La préparation nous a demandé des mois de travail. Nous l’avons célébré le 25 février 1989, l’année du bicentenaire de la révolution. Les descendants des mariés vivaient encore à Bessancourt et il a été très facile de les convaincre de jouer le rôle de leurs propres ancêtres. Enthousiaste, le maire de l’époque nous a même proposé de faire coïncider la date avec celle du bal populaire de la ville et nous a offert la location de deux carrosses !

Je suis allée à Paris faire des recherches pour retrouver comment les mariés s’habillaient à cette époque, comment se déroulait la cérémonie et de quoi était composé le menu. Puis, il a fallu louer des costumes, et la seule boutique qui faisait ce que nous cherchions était à Villefranche-sur-Saône. Nos habits sont donc arrivés par le train. Le jour de la fête, il faisait froid mais il y avait énormément de monde. Le curé nous avait prêté son église, et c’est mon mari qui a joué le rôle du prêtre ! La messe ressemblait à celle de la fin du XVIIIe siècle, avec des chants et de la musique.

Les mariés ont signé le registre à la plume d’oie, et nous avons pris la direction de la salle municipale pour un repas typique de l’époque, avec du gibier au menu. Les commerçants ont aussi joué le jeu en installant de grands chaudrons de chocolat et de vin chaud. C’est pour des moments de partage comme celui-ci que j’aime m’intéresser au passé.”

Propos recueilli par Julie Boucher

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