« Mon paradis du chat cherche son ange gardien. Répondez-moi ! »

 

« Passionnée de chats depuis mon plus jeune âge, ils ont toujours fait partie de ma vie.
En 1990, j’ai été contactée par des personnes qui voulaient créer une association pour la protection animale dans ma région. J’ai répondu à cet appel et hélas, je me suis aperçue que les chats n’étaient pas au programme et, malgré quelques promesses à leur sujet, rien ne se faisait. Seuls les chiens étaient concernés. J’ai donc démissionné et créé mon association.

C’est ainsi que naissait le 21 juin 1994, l’AFPAE  (Association Fium’orbaise de Protection des Animaux et de l’Environnement), moi-même étant présidente. Pour être efficace, l’association avait besoin d’un refuge. Le maire nous a proposé un terrain communal, en montagne. Nous avions déjà 20 chats, chez une personne qui a dû déménager d’urgence, qui se trouvaient donc abandonnés. C’est ainsi que nous avons accepté le terrain communal, en plein maquis, sans eau ni électricité.

Après avoir récolté des fonds (organisations de soirées, vide-greniers, foires et ventes d’articles), nous avons aménagé le terrain pour recevoir les 20 chats sous notre protection. Le 19 septembre 1994 naissait le refuge de l’AFPAE. Après avoir fait retaper le terrain, acheté une vieille caravane et fait construire une baraque en bois, le tout entouré d’un grillage, les chats y  ont été installés. Ceci étant de la folie pour les uns, une belle action pour les autres, un engagement sérieux et passionné pour moi.

Nous avons convenu que chaque membre de l’association se succéderait pour les corvées journalières. Je m’aperçus bien vite du manque de motivation. Avec ma fille, nous assurions les tâches du refuge. Quelques mois après, et vu les très rares visites de  mes collaboratrices, je décidais de réunir le bureau le 16 novembre pour mettre en place un emploi du temps de répartition des tâches. Ce même jour, la vice-présidente donnait sa démission.

Le nombre de chats augmentait, chats accidentés ou bien abandonnés au refuge. Les autres membres m’aidaient tout de même pour les organisations diverses et notre petite association grandissait tout doucement. Nous avons clôturé le terrain de 5000 mètres où nos chats vivent en liberté.

Vu le manque de bénévolat, j’avais fait appel à l’ANPE pour obtenir un contrat CES.  Ce fut une bonne idée et c’est avec ce système que j’ai fait fonctionner le refuge. Sans pour cela me décharger des tâches quotidiennes de plus en plus grandes, et ma présence au refuge est devenue mon quotidien en toutes circonstances.

L’été 1998, lors d’une vente à un stand, nous avons rencontré la personne qui changea la vie de nos protégés et la mienne avec. Une touriste Allemande s’arrêta pour acheter un article proposé au profit des chats. Comme à chaque fois que quelqu’un s’intéressait à notre œuvre, nous lui avons remis notre circulaire qui résumait le travail réalisé par l’association.

C’est seulement l’été suivant que Brigitte, de nouveau en vacances en Corse, me contacta pour visiter notre refuge. Elle passa un long moment avec les chats posant des questions sur notre organisation, nos difficultés, etc. Et face à notre dévouement, à ces chats heureux et bien soignés, elle est  repartie en nous promettant de nous aider à son retour en Allemagne. Promesse tenue !

Brigitte me contacta pour me demander l’autorisation de récolter des fonds pour l’achat d’un terrain en plaine avec possibilité d’installer l’eau et l’électricité. Très motivée, je me suis occupée de chercher et ai trouvé ce petit paradis à quelques kilomètres de mon domicile.   C’est grâce à Brigitte que ce terrain, où nous sommes installées aujourd’hui, de 7000 mètres, a été acheté en juin 2000 au nom de l’AFPAE.

Très remontée par cette aide, je lançais un appel aux dons dans la presse locale et sur les magazines animaliers pour l’installation du nouveau refuge où tout était à refaire. Nous devions faire une clôture avant de déménager nos 92 pensionnaires et  acheter des abris. Les amis des animaux répondaient généreusement à cet appel et nos fidèles adhérents nous aidaient à réaliser les travaux : clôture, installation de l’eau agricole, achat de 5 chalets en bois, la Fondation Brigitte Bardot nous en finançait 2 autres. Voilà donc notre nouveau refuge équipé de 7 chalets montés sur des dalles en béton.

Le 16 mars 2001 : déménagement des chats qui s’habituèrent bien vite à ce nouveau confort mais guère plus de motivation concernant le bénévolat des autres membres. Je continuais à m’occuper du refuge avec une nouvelle personne en “contrat aidé“. 18 mois plus tard, installation d’un  compteur électrique illuminait chaque chalet.

2005 : Construction de notre infirmerie, financée par la  fondation 30 Millions d’Amis, nous permettant ainsi d’isoler les nouveaux arrivants ou d’y soigner les chats malades.

Le nombre de nos protégés augmentait encore malgré les quelques adoptions. Très régulièrement, nous retrouvions des chatons abandonnés devant notre portail. Nous menions pourtant des campagnes de stérilisation et avions aussi la gestion des chats libres stérilisés, identifiés, nourris quotidiennement et laissés sur leur lieu de vie. Nous comptons 2 652 stérilisations depuis la création de l’association.

L’association est tout à fait indépendante, vivant des dons, recevant seulement 2 petites subventions annuelles de 300 € des municipalités de Prunelli et Ghisonaccia. Le Conseil général de la Haute-Corse nous alloue 1 500 € par an pour la stérilisation.

Pendant de longues années, j’ai fait face à tout cela tout en conservant une vie de famille heureuse. Puis le 25 mai 2006, ma vie a été brisée.  Mon cher époux disparaissait subitement  me laissant dans un immense chagrin. Tout s’est écroulé autour de moi. Ma vie, avec lui si belle et insouciante, devenait un calvaire et personne n’a levé le petit doigt pour me venir en aide dans ces tragiques moments.

C’est ainsi que le lendemain de l’enterrement, c’était un samedi et notre employée ne travaillait pas, nous avons avec ma fille dû assumer les taches du refuge en trouvant au portail un carton avec deux chattes et 7 chatons. Nous les avons installés à l’infirmerie et accompli le travail du jour.

Je me demande encore comment nous avons pu affronter tout ça ! Et continuer les jours suivants, le contrat de la jeune femme se terminant le 15 juin. Je restais seule, ma fille ayant repris son travail. Mes matinées étaient chargées et je me souviens de la chaleur de ces mois de juin et juillet, à m’occuper de ces chats qui eux ne savaient rien de mon désespoir. Comment ai-je pu tenir ?  Je crois que de là-haut, mon mari m’a encouragé. Je ne pouvais pas les laisser. J’ai accompli tout ce travail sans rien demander et en toute dignité. J’ai même reçu une petite carte d’une de nos associées me disant : “j’admire ton courage“. Avais-je le choix ?

Au mois d’août, une autre employée en “contrat aidé“ vint me  rejoindre et ce fut une très bonne collaboration de 2 ans.

Après le décès de mon époux, j’ai réalisé que  la vie ne tenait vraiment à rien et si je venais à disparaître, que deviendrait le refuge de ces pensionnaires ? Je ne voulais pas que tout ce travail soit vain. Je me lançais dans un autre projet : la construction d’un logement pour héberger une personne sur place qui s’occuperait des taches du refuge.

Août 2007, je lançais cet appel dans une première circulaire envoyée à nos adhérents.  Les travaux se feraient par tranches en fonction des dons reçus.  Ce projet fut clos au bout de 5 ans, nos adhérents me soutenant en toute confiance.

Le logement est aujourd’hui opérationnel. Il me reste le plus difficile, trouver la bonne personne pour ce poste. Certes, j’ai reçu des candidatures mais pas très convaincantes.

Je lance donc un nouvel appel aujourd’hui à vous qui lirez l’histoire de cette association du refuge, si cher à mon cœur.

Si vous aimez passionnément les chats, si vous rencontrez quelques problèmes financiers pour les nourrir, si vous êtes prêts à rejoindre la Corse pour fusionner avec cette œuvre, vous êtes la personne que j’attends, en contrepartie de ce T2, neuf, meublé, avec jardinet clôturé, indépendant du refuge, sans aucune charge d’eau et d’électricité. Mais aussi pour lier une complicité et partager la vie de ces petits félins, partager les jours de joie et les jours de peine.

J’attends vos appels et suis à votre écoute pour plus d’informations

Félinement vôtre »

Marie Rocchi

Contact : Marie Rocchi  0672833884/ 0495560744  / rocchi-marie@orange.fr

AFPAE,  Marie Rocchi, BP 2, 20243 Prunelli di Fiumorbu, Corse.

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