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“J’ai créé une radio pour les divorcés ! ”

Publié le 16 août 2016

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Me Yves Tolédano, cet avocat parisien de 44 ans, spécialiste du divorce, permet aux auditeurs de poser des questions pratiques sur la séparation conjugale. À ses côtés, une vingtaine de professionnels interviennent pour tenter de résoudre à l’amiable les conflits de couple.

« Je suis avocat au barreau de Paris depuis dix-huit ans et passionné par la communication. L’année dernière, je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucune radio, aucune télé qui parlait de divorce. Je me suis alors posé la question de savoir comment créer un média qui aiderait les gens dans leurs démarches.

En juin 2015, j’ai donc lancé Radio divorce, accessible sur Internet [radiodivorce.fr, ndlr] et sur smartphone via une application gratuite. Nous émettons 24 heures/24 même si nous n’avons pas de fréquence sur la bande FM.

"Aujourd’hui, il y a près de 130 000 divorces par an dans l’Hexagone..."

Chaque jour, je fais une émission en direct de mon bureau parisien – où j’ai installé un ministudio – et je réponds aux questions des auditeurs pendant une heure.

Aujourd’hui, il y a près de 130 000 divorces par an dans l’Hexagone et près d’un million de personnes sont concernées par des séparations parfois douloureuses. Toutes sont à l’affût de réponses concrètes. Je leur donne donc des informations très pratiques.

Faut-il systématiquement être assisté d’un avocat ? “Oui, c’est obligatoire.” Combien ça coûte ? “S’il s’agit d’un divorce à l’amiable, environ 2 000 €, mais si la situation est compliquée, cela se situe entre 4 000 et 8 000 €”. Combien de temps cela prend-il ? “Entre deux et six mois, si l’on est d’accord sur tout. Beaucoup plus longtemps si l’on se dispute la garde des enfants, s’il y a des conflits d’argent…”

Les auditeurs appellent aussi pour des questions beaucoup plus pointues (montant d’une prestation compensatoire [pour atténuer des différences de conditions de vie, ndlr], partage des biens, garde des enfants…) et je suis alors entouré par une équipe d’une vingtaine de professionnels (avocats et notaires mais aussi coaches, médiateurs familiaux, psychologues et même sexo-logues).

Ce qui me frappe surtout, c’est que les particuliers ont une grande soif de vérité. S’ils vont d’abord piocher des infos sur Internet, rien ne remplace le contact direct et gratuit avec un avocat ou un juriste.

"Je suis surpris de voir à quel point les gens parlent facilement de leur vie intime."

Nous avons plus de femmes que d’hommes à l’antenne. Et même des personnes pas encore mariées qui se renseignent “au cas où…”. Je me souviens aussi d’un témoignage d’un auditeur de 85 ans que sa femme venait de quitter. Il souhaitait savoir s’il avait une chance de voir son divorce aboutir… avant de mourir !

Plus personne n’aspire à s’embarquer dans des procédures longues et coûteuses. Six cas sur dix se règlent à l’amiable et la tendance s’accentue. Si l’on est d’accord sur tout, il est bien plus facile de divorcer que de se marier !

La future réforme simplifiera la procédure par consentement mutuel puisque les deux avocats contresigneront la convention de divorce qui sera ensuite enregistrée par un notaire. Le passage devant le juge sera supprimé.

L’acte jadis “honteux” de briser le lien du mariage est, aujourd’hui, rentré dans les mœurs. Je suis surpris de voir à quel point les gens parlent facilement de leur vie intime. Ils se livrent sur leurs tourments et leurs envies et n’ont plus de tabou.

Radio divorce reflète l’évolution de notre société. »

Alicia Comet

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