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Bruno Richard : “Notre lutte sans relâche pour sauver Robin !”

Publié le 6 janvier 2018

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Il y a dix ans, lorsqu’il avait 14 ans, leur fils a été frappé par la foudre. Les médecins ont pensé que l’adolescent ne s’en sortirait pas. C’était compter sans la force et l’amour de ses parents (domiciliés dans l'Oise) qui font tout leur possible au quotidien pour que Robin soit correctement pris en charge…

« Cela fait dix ans que nous nous occupons tous les après-midi de Robin, notre fils, âgé aujourd’hui de 24 ans, et qui a été frappé par la foudre, un jour de mars 2007. Dix ans que chaque jour, nous effectuons nous-mêmes toutes les séances de rééducation dont il a tellement besoin. Car en France, on s’occupe de moins en moins des patients qui nécessitent une attention soutenue et des soins de chaque instant…

Mars 2007. Robin et son frère jumeau Maxime effectuent avec leurs copains de classe, une sortie scolaire à VTT.

Ce jour-là, Robin remporte même la course des 20 km organisée par le professeur. Le soir de l’arrivée, ce dernier l’envoie chercher du bois, pour alimenter le feu du refuge dans lequel ils doivent tous passer la nuit. L’adolescent file dans la forêt.

La foudre le frappe

Un seul éclair, une détonation qui s’entend de loin. Son frère, parti à sa recherche, le trouvera inanimé. Malgré le massage cardiaque pratiqué par le professeur avant l’arrivée des pompiers, l’état de Robin reste très critique.Transporté à l’hôpital de La Timone à Marseille, on le plonge dans un coma artificiel car il a subi de graves brûlures sur l’ensemble du corps. Les médecins à son chevet jugent son état sans espoir.

“Cerveau grillé”

Il a le cerveau grillé… Il faut le débrancher !”, nous assènent-ils froidement, sans le moindre ménagement.

Annick et moi restons abasourdis. “Vous êtes sûr que Robin ne pourra jamais sortir de ce long tunnel ? Qu’il ne pourra pas revivre ?” Les médecins sont formels : “D’après notre expérience, il y a 95 % de risques qu’il ne se réveille jamais…
95 %… Pour nous, cela signifie qu’il y a 5 % de chances qu’il s’en sorte un jour ! Nous avons alors fermement refusé que l’on débranche notre fils. On s’est d’abord dit que dans dix ans, un moyen aurait peut-être été trouvé pour le sortir de ce coma. Notre combat pour Robin a commencé là.

Après tout, les médecins ne savent pas vraiment, les cas de patients atteints par la foudre étant très rares. J’ai le sentiment qu’ils vous débranchent un peu vite… Au fil des jours et des mois (huit exactement), Robin commence à donner des signes de vie : il bouge un doigt, une main puis remue les paupières. Pas tous les jours certes, mais ces signes de vie sont si encourageants.

Il faut savoir que la foudre détruit les nerfs, les muscles, les veines, les organes. C’est pire qu’une électrocution… Le choc est extrêmement violent.Chaque jour, nous venons lui parler, le masser. Annick, ma femme, lui lit des livres entiers, lui caresse les joues, les mains.

Le jour où il a rouvert les yeux a été le plus beau de notre vie ! Après cette première étape, on a vite été confrontés à un nouveau problème : maintenant que Robin était revenu, qu’est-ce qu’on allait faire de lui ? Et là, on s’est heurté à un mur, une montagne. En dix ans, Robin a séjourné dans plus de dix hôpitaux différents. Aujourd’hui, il est installé dans l’établissement médical de Carnelle, dans une section où résident les personnes en fin de vie…

Grève de la faim

Les médecins continuent de nous dire que Robin est dans un état végétatif chronique. Mais à force de rééducation (effectuée par nos soins), d’amour et d’attentions, nous avons réussi à le remettre debout grâce à des sangles.

Aujourd’hui, Robin peut prendre un crayon. Il comprend ce que l’on dit même s’il ne peut pas articuler des mots, sa mâchoire étant restée bloquée depuis l’accident. Il faut savoir que ce type de patients ne peut bénéficier dans notre pays que d’une heure de kinésithérapie respiratoire par jour !

Alors que Robin a besoin d’une stimulation, d’une sollicitation permanente de tous ses membres pour progresser. J’ai fait plusieurs grèves de la faim pour faire entendre notre voix, auprès des ministres de la Santé successifs et des services hospitaliers. On a remué ciel et terre pour que Robin soit correctement soigné. J’ai même alerté le nouveau gouvernement…

Tout ce que je sais c’est que Robin esquive parfois un sourire, fait couler une larme, cligne des yeux pour dire “oui” ou “non”. C’est finalement grâce à nous et aux infirmières qu’il est vivant et qu’il communique, à 
sa manière… » 

À lire : Qui a peur de soigner le jeune Robin ?, par Annick et Bruno Richard, ­éditions du Rocher.

Alicia COMET

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