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Rosabelle : “J’ai sauvé la fabrication du béret français !”

Publié le 9 octobre 2017

rosabelle

En cinq ans, Rosabelle a repris les rênes de l’entreprise Laulhère qui confectionne ces célèbres couvre-chefs “made in France”.

Rosabelle Forzy, Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques)

Rosabelle a réussi à sauver les emplois tout en préservant l’héritage culturel 
de cet accessoire célèbre dans le monde entier. «J’ai toujours rêvé d’être entrepreneur. Et puis, je n’avais surtout pas envie de rester toute ma vie dans le monde de l’informatique. En 2012, je me suis donc mise à rechercher les entreprises qui n’allaient pas bien.

Et je suis tombée sur Laulhère, le dernier fabricant historique de bérets en France. Je me suis dit que le béret en laine vierge mérinos, ce symbole si fort de l’Hexagone, devait continuer à être confectionné et commercialisé ici, au pied des Pyrénées. Les Chinois n’allaient tout de même pas nous confisquer ce savoir-faire ancestral, unique et exceptionnel…

Le béret béarnais nécessite deux jours de travail et oasse entre les mains d'une dizaines d'ouvrières
Le béret béarnais nécessite deux jours de travail et oasse entre les mains d'une dizaines d'ouvrières

Je suis tombée en amour de cette usine qui compte aujourd’hui 48 salariés. C’est ici, au cœur du Béarn, que l’on confectionne des bérets tous différents depuis 1840. Plus de 200.000 bérets plats sont produits chaque année, dont la moitié est destinée aux armées française, belge et norvégienne. Nous proposons une collection à partir de matières nobles comme la laine feutrée (pour le béret basque par exemple) ou le cuir.

Tradition

On sait que cette toque de laine ronde et plate est redevenue à la mode. C’est simple, le béret est partout, dans tous les défilés. Cette année chez Dior, il n’y avait pas un seul mannequin sans béret. L’an passé, Saint Laurent, Gucci et Louis Vuitton le mettaient en avant dans leurs collections.

Pas de doute, ça sent bon le béret en ce moment !Regardez aujourd’hui Rihanna, Omar Sy ou encore Charlène de Monaco et Madonna : tous des adeptes du petit chapeau de laine mou.

Résultat d'un savoir-faire  de qualité, il est toujours à la mode.
Résultat d'un savoir-faire de qualité, il est toujours à la mode.

On a tous en tête l’image du Français avec son béret et sa baguette qui fleure bon la tradition. Mais bien d’autres personnalités l’ont immortalisé. À commencer par Coco Chanel qui l’a fait monter sur les podiums.

Imaginez aussi le révolutionnaire Che Guevara sans son béret avec étoile, Catherine Deneuve dans Les demoiselles de Rochefort ou Brigitte Bardot sans cet accessoire… Lorsque les femmes l’ont adopté, le béret est devenu le symbole de la Parisienne qui le porte avec une certaine impertinence.

Moderne

À présent, on joue davantage les couleurs originales et les matières modernes. Qui ne rêverait pas de porter un béret en angora rose pâle avec des paillettes argentées ? Nous commercialisons aussi très bien le béret imitation léopard, en cuir ou encore le béret militaire jaune !

Grâce à l'entreprise Laulhère qui, depuis 180 ans, revisite ses matières, couleurs et habillages.
Grâce à l'entreprise Laulhère qui, depuis 180 ans, revisite ses matières, couleurs et habillages.

Les avantages de ce couvre-chef unique en son genre sont nombreux : d’abord il tient chaud en hiver et ne se mouille jamais. Il est aussi léger, souple et malléable : on peut s’asseoir dessus avant un bon repas ou le rouler dans son sac à main sans qu’il s’abîme. On peut vraiment le martyriser, il ne perd jamais de sa superbe !

À côté du béret chinois fabriqué en vitesse, privé de finition… En une semaine, celui-là va boulocher. On en trouve sur certains étals pour touristes à dix euros les deux. Alors que le prix de vente de ceux que nous fabriquons (il faut deux jours pour finaliser une pièce qui passe entre les mains d’une dizaine d’ouvrières) avoisine la centaine d’euros. Mais vous le garderez à vie et pourrez également le transmettre à vos petits-enfants…

Le béret a toujours été fabriqué dans le Béarn. À l’époque, les bergers béarnais portaient cette “galette de laine” pour se couvrir la tête en montagne afin de se protéger ainsi des intempéries.

Il était d’usage aussi d’en offrir un aux gamins de 10 ans, pour aller à l’école : cela signait ainsi, en quelque sorte, leur entrée dans le monde des adultes. »

Alicia Comet

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