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Clementine Churchill, la femme du lion

Publié le 26 mars 2016

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La deuxième reine   Il y a souvent une femme derrière un grand homme. « Là, elle était à côté ! », s’esclaffe Philippe Alexandre, de sa voix canaille de commentateur politique. À côté de lui, dans leur appartement du Palais-Royal, se tient Béatrix de L’Aulnoit, sa compagne et coauteur.

« C’est notre neuvième livre à quatre mains ! ». Forts du succès de leur dernier opus sur la reine Victoria, ils ont retrouvé l’Empire britannique en enquêtant sur Clementine Churchill. « Une femme exceptionnelle et méconnue. »

Engagée
Philippe Alexandre et Béatrix De l'Aulnoit

Pour cette biographie, le couple a interviewé Nicholas Soames, député et petit-fils des Churchill, et s’est rendu à Dieppe, où Clementine a vécu auprès d’une mère légère et sans le sou.
Mais, c’est surtout une idylle hors normes que nos journalistes content : « Dès ce dîner où aucun d’eux ne voulait aller, Winston, déjà ministre, a été subjugué par sa grande beauté, explique Philippe. Un vrai top model pour l’époque ! »
Béatrix, ancienne rédactrice en chef de Marie Claire, parle de leurs milliers de lettres enflammées ou leurs baisers passionnés sur les tarmacs à 70 ans passés ! Plus à gauche que son mari, elle s’engage auprès des suffragettes pour obtenir le droit de vote des femmes, alors que Winston est ministre de l’Intérieur !
« Sans Clementine, il n’y aurait pas eu Thatcher, c’est une pionnière ! », s’exclame Philippe. Engagée, elle l’est aussi durant la guerre en créant une fondation récoltant du matériel médical et de l’argent pour les Russes. Staline la remerciera en privé.
« Winston a toujours été sa priorité », admire Béatrix, même s’ils faisaient chambre à part. Mais pour Clementine, vivre avec un tel personnage n’est pas de tout repos !
Débordant d’ambition, son époux travaille même en vacances. Elle reste son meilleur antidépresseur, tolérant son mode de vie, ses excès de table et de cigares. « Premier couple people de l’après-guerre, pourchassé par les paparazzis, personne n’a été aussi populaire ! », affirment les auteurs.
Après la mort de son mari en 1965, elle honore sa mémoire jusqu’à son dernier souffle (en 1977) dans leur propriété de Chartwell (Kent), restée intacte. Veuve, elle reçoit encore la visite des grands de ce monde (de Gaulle, Truman).

Clementine Churchill, la femme du lion

Plus qu’une saga amoureuse, c’est une tranche de l’Histoire que retracent Béatrix et Philippe en dressant le portrait passionnant d’une vraie première dame. Un titre inventé pour Clementine ?

Yves Quitté

« Clementine Churchill, la femme du lion », de Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoit , aux éditions Tallandier/Robert Laffont, 21,50 €.

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