France Dimanche > Vie pratique > Gonzague Saint Bris : Louis XI, un grand roi qui aimait le peuple

Vie pratique

Gonzague Saint Bris : Louis XI, un grand roi qui aimait le peuple

Publié le 11 juin 2016

capture-d-e-cran-2016-06-03-a-11-07-28

On vient de lui décerner le Grand prix spécial Hugues Capet 2016 pour l’ensemble de son œuvre, dont cette magnifique biographie.

Dans le portrait qu’il brosse de celui qui a inspiré tant de romans, films et téléfilms, Gonzague Saint Bris prend le contre-pied de nombre de ses prédécesseurs : il nous invite à aimer ce Capétien qui a fait cesser la Guerre de cent ans et a donné à la France les bases d’une administration au plus près des besoins du peuple…

France Dimanche (F.D.) : Vous avez un lien particulier avec Louis XI ?

Gonzague Saint Bris (G.S.B.) : Il a donné le Clos Lucé, où je suis né, à l’un de ses amis et conseiller, Étienne Leloup. Le château est dans notre famille depuis deux cents ans. Comme lui, j’aime la forêt d’Amboise. Louis XI avait un plaisir, la chasse et il aimait passionnément les arbres. Le jour où un messager est venu lui annoncer la mort de son fils François, il se trouvait dans la forêt de Loches. En signe de deuil, il a demandé que l’on fasse venir les bûcherons pour qu’ils coupent tous les arbres autour de lui. Il avait aussi un amour fou pour les animaux, il entretenait une vraie ménagerie avec des éléphants et des guépards. Il adorait ses lévriers qu’il payait deux à trois fois le prix, lui, réputé pour son sens de l’économie !

F.D. : En quoi était-il méconnu ?

G.S.B. : Les romantiques ont fait de lui un roi cruel et machiavélique, tels Sir Walter Scott avec Quentin Durward, ou Victor Hugo avec Notre-Dame de Paris. On oublie derrière la légende que ce roi a eu le courage de débarrasser la France de ses grandes compagnies de mercenaires, il a battu les ducs de Bretagne et de Bourgogne. Pour administrer au mieux le royaume, il a parcouru le pays, en emmenant son mobilier avec lui, ses oiseaux en cage et ses lévriers. Il prenait conseil de tous ses sujets. Il n’hésitait pas à s’entourer de roturiers quand ils avaient du bon sens, comme ce marmiton dont il a fait l’un de ses administrateurs.

F.D. : À la télévision, c’est Jacques Perrin qui a incarné Louis XI à la fin de sa vie. Cet acteur a un beau visage, tout le contraire de l’image que l’on a de ce roi.

G.S.B. : Un téléfilm fort réussi. Jeanne d’Arc le trouvait joli garçon. Elle l’a rencontré à Bourges, à la cour de Charles VII, son père. Il avait 7 ans, elle 16. Elle a dit de Louis qu’il était un enfant gracieux, enjoué.

Dominique Préhu

Louis XI, le méconnu de Gonzague Saint Bris

L’histoire vraie d’un roi de cœur !

C’est un Louis XI fin politique, mais aussi un roi chevalier qui nous est présenté ici. Un monarque qui a mis fin à la Guerre de cent ans en dépit d’une santé fragile. Une fois les grands seigneurs muselés, il a administré
la France avec sagesse. On lui doit la première licence passée avec Gutenberg, pour utiliser l’imprimerie.
Il a créé les foires, a installé l’industrie de la soie à Lyon et à Tours, et on lui doit aussi la Poste. Il a, le premier, compris que l’information était essentielle pour gouverner. Il voulait être informé de tout, c’est pourquoi toutes les sept lieues (25 km), un cavalier était prêt à partir pour relayer les nouvelles. Il a eu de beaux gestes, comme lorsqu’il a amnistié François Villon, le poète voyou, pour les beaux yeux de la maîtresse qu’ils avaient en commun, Catherine de Vaucelles…

« Louis XI le méconnu », de Gonzague Saint Bris, aux éditions Albin Michel, 19 €.

À découvrir