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Vie pratique

Janine Boissard : “Les ayatollahs de l’alimentation m’ont énervée !”

Publié le 30 juillet 2016

janine-boissard

Pour la sortie de son nouveau roman, Voulez-vous partager ma maison ?, Janine Boissard nous a reçus chez elle, à Paris.

Depuis la sortie de L’esprit de famille, voilà presque quarante ans, elle vit de sa plume, souvent adaptée à la télévision.

France Dimanche (F.D.) : Vous ne voulez pas que l’on féminise les mots « auteur » ou « écrivain ».

Janine Boissard (J.B.) : Surtout pas! J’ai toujours voulu devenir écrivain. Comme je ne voulais rien faire d’autre, j’ai été renvoyée de quatre écoles. Pour mes quatre sœurs et mon frère, j’étais l’anormale. Les autres m’ont rejetée, c’est cette blessure, toujours à vif qui me pousse à écrire.

F.D. : Vous avez été la première femme à écrire pour la Série Noire chez Gallimard.

J.B. : Oui, sous mon nom de femme mariée. Mon mari ne voulait pas que j’écrive. J’ai donc d’abord travaillé : je crois que j’ai été la plus mauvaise secrétaire du monde. Je tapais à la machine mes romans en douce. OK Léon a été adapté au cinéma, c’est devenu OK Patron, le premier rôle de Jacques Dutronc.

F.D. : Vous avez commencé à vivre de vos romans après votre divorce.

J.B. : Avec deux fils et des jumelles à charge, je n’avais pas le choix. J’ai donc suivi les conseils de mon agent. Bien m’en a pris ! Après trois « Série Noire », il m’a dit : « Je te verrais bien raconter une histoire comme celle des Quatre filles du docteur March [de Louisa May Alcott, ndlr], toi et tes quatre sœurs… ». Ses mots ont tout déclenché. Depuis L’esprit de famille, je vis de ma plume. René Julliard m’avait publiée à vingt ans. Il me disait que j’étais un vrai écrivain parce que je ne parlais pas de moi dans mes romans. J’ai fait des rencontres fabuleuses dans ma vie qui m’ont aidée à me construire.

F.D. : Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

J.B. : Les ayatollahs de l’alimentation m’ont irritée, ça a été le déclic. Si on les écoute, cela devient un pensum de se nourrir. J’ai voulu pousser un cri de colère contre eux.

F.D. : Avez-vous partagé votre maison comme le fait Line, votre personnage ?

Voulez-vous partager ma maison ? de Janine BOISSARD

J.B. : Jamais ! Je vis seule. Dans ma propriété de Normandie, je reçois mes dix petits-enfants, ainsi que leurs amis. Mais il y a trop de bruit et nous n’avons pas les mêmes horaires !

Cohabitation compliquée

Quand elle perd son mari, Line, mère au foyer, ne se voit pas vendre sa belle maison angevine. Sa fille lui suggère alors de prendre des locataires. La maîtresse de maison va devoir renoncer à sa grande chambre et à sa salle de bains, et va se heurter aux diktats d’une « ayatollah de la nourriture ». Priscille n’est pas seulement intolérante en matière d’alimentation, elle entend convertir toute la maison à son mode de vie. Line va-t-elle se laisser dominer ? Comment va-t-elle rétablir l’harmonie dans cette maison où elle aime tant vivre ?

Voulez-vous partager ma maison ? de Janine Boissard, éd. Fayard, 20 €.

Dominique Préhu

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