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Vie pratique

Linwood Barclay : “Mes héros sont des gens ordinaires”

Publié le 16 juillet 2016

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Si vous avez l’habitude de prendre des auto-stoppeurs, méfiez-vous : ce livre risque de vous refroidir. Mais si vous aimez les thrillers bien ficelés, alors cet ouvrage est fait pour vous.

De passage en France, son auteur, un ancien journaliste américano-canadien reconverti avec bonheur dans l’écriture de polars, nous a donné les ingrédients d’une énigme réussie.

France Dimanche (F.D.) : Votre héros est un détective privé. Un type de personnage qui n’est plus très à la mode…

Linwood Barclay (L.B.) : C’est juste. D’ailleurs, dans la plupart de mes livres, mon personnage central est un type ordinaire. Cependant pour La fille dans le rétroviseur, j’avais besoin d’un héros ayant une solide expérience des enquêtes, pour rendre l’intrigue crédible. Mais en même temps, Cal Weaver n’est pas un détective glamour, il s’occupe d’histoires d’adultère, pas de meurtres. Son quotidien n’a rien d’excitant. Donc, malgré sa profession, c’est aussi un homme ordinaire.

F.D. : Ce livre parle aussi de la vie d’une petite ville américaine où tout le monde s’épie…

L.B. : Ce qui m’a poussé à prendre pour décor une petite ville, c’est que, dans un tel univers, tout le monde se connaît. Vos voisins n’ignorent rien de vos moindres faits et gestes, alors que dans des grandes villes, c’est l’indifférence qui prédomine. Et puis le lecteur ne s’étonnera pas de voir les personnages principaux se croiser à tous les coins de rue, alors que dans une grande cité, ce ne serait pas crédible.

F.D. : Dans cette communauté, les policiers semblent agir en toute impunité. Vous êtes-vous inspiré des récentes bavures aux États-Unis ?

L.B. : J’ai fini d’écrire ce livre avant que n’aient eu lieu les événements de Ferguson. Mais je pense que si l’on en arrive à des situations où les policiers se sentent intouchables, c’est aussi la faute de tous ceux qui se disent : « Bon, tant que cela ne me concerne pas, qu’ils fassent ce qu’ils veulent. Tant qu’ils ne s’attaquent qu’à ces gens-là [la population noire, ndlr], je ferme les yeux. » C’est une attitude lâche et absurde car, si personne ne leur fixe de limites, certains policiers iront de plus en plus loin.

F.D. : Pouvez-vous nous parler du tournage en France d’une série adaptée de l’un de vos romans, Contre toute attente ?

 L.B. : Je viens de passer deux jours en Bretagne pour la fin du tournage. Ce sera une série en six épisodes, diffusée sur France 3 en octobre, intitulée L’accident. J’ai eu l’occasion de rencontrer les acteurs, dont Bruno Solo. Je trouve que tout le monde a fait un boulot formidable. Je suis ravi car, jusqu’à présent, si Hollywood ou la télévision américaine avaient mis des options sur mes textes, les projets n’avaient jamais abouti. C’est une première !

F.D. : Votre expérience de journaliste vous est-elle utile pour écrire vos romans ?

L.B. : Je n’ai pas une grande expérience de reporter, car j’ai surtout été éditorialiste et chroniqueur pour le Toronto Star. Mais le journalisme m’a appris la discipline. Comme je sors un roman par an, je n’ai pas le droit à la paresse. Même les jours où je ne me sens pas inspiré, je m’assieds devant mon ordinateur pour écrire mes 2 000 mots quotidiens. n

Claude LeblancLa fille dans le rétroviseur, Linwood Barclay

Un privé dans le brouillard

Un soir de pluie, Cal Weaver, détective privé, prend en stop une adolescente qui n’est autre que la fille du maire de sa ville. Il ne va tarder à s’en apercevoir, ce n’était pas une bonne idée. Déjà qu’il était rongé par la culpabilité depuis le récent suicide de son fils Scott, il se retrouve bientôt persécuté par les flics locaux, dirigés par son beau-frère. Leur but ? Lui mettre sur le dos le meurtre et la disparition de deux jeunes femmes. Il va devoir coincer le vrai criminel pour prouver son innocence.

« La fille dans le rétroviseur », de Linwood Barclay, aux éditions Belfond Noir, 21,90 €.