France Dimanche > Actualités > Adamo : Il change de nationalité !

Actualités

Adamo : Il change de nationalité !

Publié le 15 novembre 2018

À 75 ans, Adamo est sur le point de devenir… belge! Jusqu’à présent, il n’était qu’un citoyen italien ayant passé presque toute sa vie dans le plat pays.

On ne présente plus Salvatore Adamo, ce chanteur romantique italo-belge, auteur de nombreux tubes inoubliables, né à Comiso, en Sicile, et qui vient tout juste de fêter ses 75 ans, le 1er novembre dernier. Une erreur s’est pourtant dissimulée dans cette brève présentation que l’on peut trouver sur lui dans la plupart de ses biographies. En effet, aussi bien dans certains écrits que dans notre inconscient collectif, même s’il vit depuis plus de soixante-dix ans en Belgique, il n’en a toujours pas acquis la nationalité. Aussi surprenant que cela puisse paraître, celui que l’on considère comme une des plus célèbres personnalités belges ne l’a donc en réalité jamais été mais serait en passe de le devenir très prochainement. Étonnamment, de cette erreur, il ne s’en est pour autant jamais offusqué. Mieux, il s’en amuserait presque. Car cet amour pour la Belgique est bel et bien viscéral et remonte à sa tendre enfance. 

Le petit Salvatore avait à peine 3 ans quand sa famille est venue s’installer dans le Nord. « Mon père est arrivé d’Italie en 1947, raconte-t-il dans le JDD, et ma mère et moi l’avons rejoint quand il a trouvé où nous héberger. » Son papa, puisatier, était devenu mineur dans une mine de charbon près de Jemmapes. C’est dans cette commune de Mons, à une quinzaine de kilomètres de la frontière française, que cet aîné d’une fratrie de huit enfants grandit, qu’il suit une éducation très stricte dans des écoles catholiques dont il garde toujours le respect de certains principes, et qu’il joue au football jusqu’à 17 ans à la Royale Union de Jemappes au poste d’ailier droit.


Bref, une enfance heureuse qui le fera tomber définitivement amoureux de son pays d’adoption. Ce n’est donc pas un hasard s’il réside encore aujourd’hui dans la commune bruxelloise d’Uccle, un quartier huppé où il s’adonne aux plaisirs simples de la vie, entre de longues promenades dans la forêt de Soignes, au sud de la capitale, avec sa femme et son chien, et des repas festifs interminables en famille. Autant dire que cet artiste à la renommée internationale incarne à merveille ce petit pays d’une si grande richesse culturelle. 

Jacques Brel lui-même, autre véritable personnalité belge, ne tarissait d’ailleurs pas d’éloges à son sujet. C’est dire… Toujours est-il que c’est avec un passeport italien que Salvatore circule depuis des décennies dans le monde entier. Mais pourquoi a-t-il alors attendu aussi longtemps pour régler cette histoire de papiers ? Il faut savoir que, avant 2010, la législation italienne n’acceptait pas la double nationalité. Il aurait donc pu devenir belge plus tôt, mais il aurait perdu de facto sa nationalité italienne. Or, si Salvatore a toujours souhaité acquérir la nationalité belge, c’était à condition de pouvoir la cumuler avec l’italienne. « Par gratitude pour la Belgique, je vais devenir belge, déclarait-il il y a peu dans VSD, et par fidélité à mes parents, je veux rester italien. Double nationalité donc. Je pensais que c’était la Belgique qui était réticente à la double nationalité, or j’ai appris que c’était l’Italie. Mais ça va s’arranger. » 

Effectivement, ce lourd dossier administratif semble sur le point d’être refermé. Celui qui a été fait en 2001 chevalier par le roi de Belgique devrait donc enfin devenir citoyen belge… dès cet hiver ! Il aura juste fallu attendre que « tombe la neige »…

Philippe CALLEWAERT

À découvrir