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Adèle et Agathe De Fontenay : "Geneviève n'est pas une mamie gâteau !"

Publié le 15 mai 2021

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Si nous avons souvent donné la parole à Geneviève De Fontenay, quelle joie de la découvrir aujourd'hui à travers le regard tendre de ses deux petites-filles…

À88 ans, l'ancienne reine mère des Miss France, qui aime tant les gens et le contact avec son public, tente, comme beaucoup, de traverser ce long confinement le moins mal possible. Bien seule, on l'imagine, elle peut toutefois compter sur la présence et l'amour des siens, et en particulier celui de ses petites-filles, Adèle, 24 ans, et Agathe, 20 ans. Si aucune d'elles n'a souhaité reprendre le flambeau des Miss, elles ont cependant toujours été pleines d'admiration pour cette mamie pas tout à fait comme les autres, et se font un plaisir aujourd'hui de nous la conter.


France Dimanche : Comment traversez-vous cette période bien compliquée ?

Adèle de Fontenay : Ce n'est pas simple, comme pour beaucoup. Moi, je n'ai particulièrement pas de chance, car j'ai terminé mes études en février 2020, pile-poil au mauvais moment. Pas évident donc pour trouver du travail, personne ne recrute, mais je m'accroche. Néanmoins, j'ai dû mettre un peu de côté ma recherche d'emploi dans les relations internationales et refaire du mannequinat pour m'en sortir.

Agathe de Fontenay : Pour moi qui suis à la fac, j'ai tous mes cours à distance, donc ça devient un peu lassant, mais bon, on fait avec.

FD : Et comment va votre grand-mère ?

AdDF : Malgré toute cette situation qui la remue quand même beaucoup, elle va bien. Mais il est vrai qu'on se voit moins. Elle qui aime tant être au contact des gens, ça lui a mis un coup.

FD : Quelle est votre relation avec elle ?

AgDF : Même si ce n'est pas une grand-mère comme les autres, une mamie gâteau, et qu'on ne concocte pas de petits plats ensemble, on s'entend très bien. Et c'est très chouette car, du côté maternel, on a la grand-mère traditionnelle, je dirais ; et du côté paternel, on a Geneviève, avec qui on fait des trucs plus fun. Toutes les grands-mères n'ont pas un compte Instagram !

AdDF : On est plutôt proches et, en temps normal, on se voit assez souvent. Soit pour prendre le goûter ou dîner chez elle. On se dit tout. On parle surtout d'actu et de politique, car ces sujets la passionnent. Comme vous le savez, elle n'a pas sa langue dans sa poche, et dès qu'elle pense à quelque chose, il faut que ça sorte. Elle aime dire ce qu'elle a sur le cœur. Elle ne reconnaît pas trop le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, car les choses ont beaucoup changé. Y compris la mode. Qu'on puisse porter des vêtements troués la choque, elle déteste ça !

FD : Vous êtes donc toujours tirées à quatre épingles pour aller la voir ?

AdDF : Ah oui ! Quand elle me propose de l'accompagner à des rendez-vous, je me dois d'être impeccable. Bien habillée, idéalement en noir et blanc, avec les cheveux attachés, très important, surtout pas dans les yeux. Et pas de trous bien sûr, ce qui serait pour elle une provocation. Elle adore nous voir classes, élégantes.

FD : Comment va-t-elle ? Elle n'a pas eu le Covid ?

AdDF : Non, elle ne l'a pas eu, mais refuse de se faire vacciner. Je ne sais pas si elle se rend vraiment compte du danger, elle pense que ce n'est pas nécessaire. Même le masque la gêne, elle n'entend pas bien ce qu'on lui dit, ce qui la contrarie beaucoup. Du coup, elle nous demande de l'enlever. Pour le vaccin, nous allons quand même essayer de la convaincre.

FD : Comment l'appelez-vous ?

AdDF : Mamie. Elle n'était pas du tout fan au départ, ne voulant pas passer pour la vieille grand-mère gâteau, puis elle s'y est faite. Elle aurait préféré qu'on l'appelle Geneviève, mais comme nos parents disaient Mamie, c'est resté. Lorsque j'avais 3 ans, je l'ai appelée une fois Mémé, mais elle a tellement rouspété que je n'ai jamais recommencé.

FD : Petite fille, quelle image aviez-vous d'elle ?

AdDF : Elle était la joie de vivre incarnée et un véritable exemple. Une espèce de businesswoman, qui restait avant tout notre grand-mère. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour elle.

FD : Quels sont vos plus beaux souvenirs ?

AdDF : Nos réunions de famille. Petite, au restaurant par exemple, je ne comprenais pas bien pourquoi tous ces inconnus venaient sans cesse nous déranger, pour lui demander un autographe, une photo, et surtout pourquoi elle ne les envoyait pas balader. Ado, ça m'agaçait d'ailleurs tellement que je le disais. Jusqu'à ce que ma grand-mère me rappelle à l'ordre, en m'expliquant que tous ces gens, c'était sa vie. J'ai conscience qu'elle avait raison, c'est ce qu'elle aimait par-dessus tout.

AgDF : Elle venait volontiers à nos spectacles de danse ou aux fêtes de fin d'année et, à l'école, bien évidemment, tout le monde la connaissait alors ça m'énervait un peu de devoir la partager.

FD : Que ressentez-vous quand on l'attaque ?

AdDF : Ça m'attriste, ce n'est jamais agréable d'entendre des commentaires négatifs au sujet de ceux qu'on aime. Qui plus est, parce que je sais ce qu'elle pense ou a voulu dire. Elle n'exprime pas toujours les choses de la bonne manière et est souvent mal comprise. Nous, on connaît son cœur en or et la belle personne qu'elle est. Mais c'est le jeu quand on est célèbre, il faut accepter de ne pas être aimé de tous.

AgDF : C'est vrai que ce n'est jamais très agréable mais on a quand même de la chance, car c'est quelqu'un de très aimé.

FD : Et elle, comment le vit-elle à votre avis ?

AdDF : Ça la touche, évidemment, mais je pense que pour se préserver, elle ne lit pas tout. Elle reconnaît parfois être allée trop loin et apprend de ses erreurs. Typiquement, lorsqu'elle avait accepté l'invitation de Florian Philippot, ce n'était que par curiosité. Elle ne partage pas du tout ses valeurs, mais voulait savoir ce qu'il avait à dire. Alors, du coup, on a eu vite fait de lui coller une étiquette de sympathisante du RN. Ce qui l'avait vraiment chamboulée.

FD : Vous aussi avez récemment créé la polémique sur les réseaux…

AdDF : En effet. J'ai eu le malheur de poster un portrait de moi qui, je trouvais, faisait très photo de campagne électorale. Et comme j'habite à Saint-Cloud, la même ville que Marine Le Pen, mes amis me charrient souvent : « Alors ça y est, tu te lances avec Marine ? » Des conneries, quoi ! Et l'un d'eux a eu la bonne idée de mettre cette blague en commentaire de ma photo. Un magazine a pris ça très au sérieux et l'a sortie avec un titre du genre : « Engagée pour le FN ! » Découvrir ça m'a énormément choquée car, comme Geneviève, je n'ai rien à voir avec ce parti. Et j'avais très peur que ça me porte préjudice dans ma recherche d'emploi, ou si un jour je décidais de me lancer en politique. Ça aurait vraiment pu me nuire. Très contrariée, ma grand-mère avait alors volé à mon secours et rétabli la vérité. Je me suis retrouvée victime d'une odieuse rumeur…

FD : Vous serez dorénavant plus prudente quant à vos posts ?

AdDF : Ah oui ! Ça m'a bien refroidie. Je ne pensais pas que mon compte Insta était scruté à ce point et que la moindre petite blague était prise au pied de la lettre. Maintenant, je fais hyper gaffe et réfléchis à deux fois.

FD : À un moment, Geneviève confiait miser sur vous pour reprendre le flambeau. Ça ne vous a pas tentées ?

AdDF : Pas vraiment. À cette époque, j'avais ma vie d'ado, j'étais à l'école et pas trop dans ce milieu de paillettes. Je m'en sentais à la fois proche avec ma grand-mère dont c'était le métier ; et loin, car ce n'était pas ma vie. Mais sans me projeter finalement à sa place, j'étais heureuse qu'elle soit fière de moi et dise ça.

FD : Et vous présenter à l'élection de Miss France non plus ?

AdDF : J'adorais cet univers, je m'y sentais très à l'aise, je jouais avec les Miss qui étaient toutes mes copines, mais ça ne m'a jamais fait rêver. Enfant, je me souviens être montée sur scène vêtue d'une belle robe de princesse pour remettre la couronne lors d'une élection. Et lorsque Francis Huster, le parrain, m'a demandé si j'aimerais un jour devenir Miss, j'ai déconcerté tout le monde en répondant non. Même ma grand-mère était très gênée.

FD : Vous êtes proche de votre sœur ?

AdDF : Très. On est toujours toutes les deux, super-complices. On se ressemble beaucoup et on a beau avoir quatre ans d'écart, on nous prend souvent pour des jumelles. Je suis très heureuse de notre relation, et encore plus, en grandissant.

FD : Comment avez-vous vécu la mise à l'écart de votre grand-mère à la grande soirée des 100 ans de Miss France ?

AdDF : C'était douloureux de voir ma grand-mère triste que tout ça se passe ainsi, de se sentir évincée. Elle qui a tout donné à Miss France, lui a consacré sa vie. En même temps, ça ne m'a pas étonnée qu'elle refuse d'y aller. Car ça ne ressemble plus du tout à ce qu'elle, mon grand-père et mon père en avaient fait. Elle a voulu rester authentique, fidèle à ses valeurs, ses principes, à elle-même finalement. Moi, je respecte ses choix et suis toujours derrière elle, quoiqu'il arrive.

FD : La conseillez-vous parfois ?

AdDF : J'essaie, oui, mais comme elle est assez têtue, ce n'est pas simple. Et puis, je souhaite aussi préserver notre relation.

FD : Est-ce elle qui gère sa page Facebook ?

AdDF : Au début, elle a été un peu aidée, mais ça fait pas mal de temps maintenant qu'elle se débrouille toute seule. Et je suis assez épatée, car elle s'en sort bien. Elle se livre parfois à de mauvaises manips, mais dans l'ensemble, pour son grand âge, ce n'est pas si mal.

FD : Vous nous avez confié être en recherche d'emploi. Dans quelle branche ?

AdDF : J'ai adoré mon stage au Sénat et aimerais beaucoup être attachée parlementaire. Je ne sais pas si c'est grâce à ma grand-mère avec qui j'en parle beaucoup, mais j'adore la politique. Elle a toujours été de gauche, très proche à une époque d'Arlette Laguiller. Elle ne s'est jamais cachée non plus d'envoyer des textos à Emmanuel Macron pour lui dire tout ce qu'elle pense. Et tout ça sans filtre, bien sûr. Elle ne le ménage pas, ce qui le surprend sûrement un peu, lui qui doit être plutôt habitué à ce qu'on lui fasse des courbettes. Mais Geneviève, elle, ne se gêne pas pour lui faire la morale, lui dire par exemple que c'est choquant de voir un président en jeans ! Ce à quoi il lui a d'ailleurs répondu qu'il allait en parler à Brigitte, car c'était elle sa styliste. Nous, estomaquées, lui disons : « Mais enfin, Mamie, tu te rends compte que tu parles au président ?! » Mais ça la fait rire.

FD : Et vous, Agathe ?

AgDF : Depuis l'âge de 5 ans, j'ai la vocation d'être vétérinaire. En général, c'est un peu le rêve de nombreuses petites filles, mais moi, il ne m'a jamais quittée. Là, je suis en licence de biologie et espère donc ensuite intégrer une école vétérinaire. Du coup, je suis un peu la seule scientifique de la famille, puisqu'ils sont tous plutôt du côté artistique.

FD : Geneviève a un grand cœur et accorde peut-être facilement sa confiance. Veillez-vous à ce qu'on n'abuse pas d'elle ?

AdDF : Bien sûr ! Il y a toujours des personnes mal intentionnées dans l'entourage des célébrités, surtout quand leur grand âge les rend encore plus vulnérables. Alors oui, on lui répète de toujours bien faire attention et de ne pas accorder trop sa confiance. Néanmoins, quand elle aime quelqu'un, elle n'en fait qu'à sa tête. Mais on est là et on veille sur notre petite mamie.

Caroline BERGER

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