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Adieu Alain Barrière !

Publié le 19 décembre 2019

Il a poussé son dernier soupir le 18 décembre dernier. Emporté par un malaise cardiaque, Alain Barrière a rejoint l’amour de sa vie, Agnèce, décédée douze jours auparavant.  

Il chantait « Ma vie » en 1964. Cinquante-cinq ans après, cette dernière a pris fin… Mercredi 18 décembre, Alain Barrière, âgé de 84 ans, s’est éteint à Carnac (Morbihan) des suites d’un arrêt cardiaque. C’est son agent, Fabien Lecoeuvre, qui a annoncé cette terrible nouvelle à l’AFP. « C'est sa fille Guenaëlle qui m'a prévenu ce soir. Je suis comme elle, sous le choc », a confié le chroniqueur de Touche pas à mon poste (C8).

C’est le 18 novembre 1935 qu’il voit le jour. Benjamin de sa famille, il grandit entre « les barques, les pinasses, les chalands et l’odeur de la marée du matin » de la Trinité-Sur-Mer, dans le Morbihan. Une région natale qu’il portera toute sa vie dans son cœur. « Il était breton. Plus breton qu'Alain Barrière, il n'y avait pas. », a d’ailleurs commenté Jean-Jacques Bourdin à l’annonce de sa mort.

Fils d’une famille de mareyeurs, il décide pourtant rapidement de tracer sa propre route en effectuant des études d’ingénieur. Bientôt pourtant, une nouvelle passion pour la poésie et la guitare naît en lui. Au début des années 60, sa vie bascule. Repéré par le patron de l’Olympia Bruno Coquatrix lors d’un concours de chant, il connaît le succès en représentant la France à l’Eurovision avec sa célèbre chanson « Elle était si jolie ». Un an plus tard, « Ma vie » lui permet de résonner à l’international. Encore aujourd’hui, cette chanson demeure l’hymne de son existence.

Outre l’engouement qu’il y aura autour de la chanson « Tu t’en vas » sortie en 1975, sa musique cesse rapidement de faire danser les foules. Emporte-moi (1968), A regarder la mer (1970), Rien qu’un homme (1971) ne rencontrent pas le succès escompté. « Je croyais m’être fait un nom. C’était une illusion totale ! », assénait-il dans son autobiographie Ma Vie (éd. du Rocher) publiée en 2006. C’est à cette époque-là qu’il rencontre Agnèce, l’amour de sa vie avec qui il aura sa fille, Guenaëlle. « Heureusement que [mon épouse] était à mes côtés pendant toutes ces années, dans les bons moments comme dans les épreuves », nous confiait-il y a quelques années.


Boudé par les médias, il décide de se tracer un nouveau chemin de vie à partir de 1973 en ouvrant le Stirwen, un bar-club situé à Carnac. Si prometteuse que fût cette voie à ses débuts, elle fût rapidement semée d’embûches. Traqué par le Fisc, il s’exile aux Etats-Unis et au Canada jusqu’aux années 2000.  

Loin de son public, ce dernier demeure dans son cœur. En 1997, il revient en fanfare avec sa compilation « Ma vie : trente années de chansons » et un disque qu’il interprètera sur la scène de la salle Pleyel, à Paris. Ces dernières années pourtant, la voix de l’artiste s’était FAITE plus discrète dans l’Hexagone. Affaibli par des accidents vasculaires cérébraux successifs, il avait été contraint de renoncer à la lumière des projecteurs en 2011.

Huit ans après, celle qui émanait de lui s’est éteinte à jamais… Douze jours auparavant, c’est son épouse Agnèce qui nous quittait, emportée par une terrible maladie. Ensemble, ils reposeront dans le caveau familial situé à la Trinité-sur-mer. C’était la « femme de sa vie », et dans sa mort : il l’a suivie.

Julia NEUVILLE

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