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Adieu Michel Delpech : Jusqu’au bout, il a souri à la vie !

Publié le 8 janvier 2016

Il y a encore quelques mois, il espérait revenir sur scène. Mais le � cancer �, qui l’a privé de sa voix, a eu raison de son formidable courage. Michel Delpech aurait eu 70 ans ce 26 janvier.

Jusqu’au bout, il aura lutté, manifestant une volonté de vivre stupéfiante. Vivre ! avec un point d’exclamation, auquel il tenait, tel était justement le titre de son livre paru chez Plon au printemps dernier. Michel Delpech n’y cachait rien de sa maladie, mais, comme galvanisé par la soif d’avancer qu’éprouvent souvent ceux qui savent qu’ils vont s’en aller, il fourmillait encore de projets : écrire, partir au Congo, tourner un film…

Il n’aura désormais plus le temps de rien. Le samedi 2 janvier, dans la soirée, le chanteur a perdu le combat qu’il menait depuis trois ans contre un cancer de la gorge et de la langue. Il s’est éteint à l’hôpital de Puteaux.

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Depuis plus d’un an, le célèbre patient était hospitalisé, incapable de se nourrir seul, ne parlant plus qu’avec de grandes difficultés. Pour l’accompagner durant ces longs mois de lutte, il a pu compter sur d’indéfectibles soutiens.

À son chevet, Michel Drucker, Didier Barbelivien ou encore le producteur Mémé Ibach se sont succédé. Durant tout ce temps, sa femme, Geneviève, et ses enfants, ne le quittaient pas. Tous conscients qu’ils disaient adieu à cet homme qu’ils aimaient de tout leur cœur, mais aussi à l’une des plus grandes figures de la chanson française.

Fils du dirigeant d’une petite entreprise de chromage de métaux et d’une mère au foyer, Michel grandit à Courbevoie, banlieue paisible du nord-ouest parisien. Adolescent, il écoute les chanteurs de l’époque, comme Luis Mariano, avant d’être séduit par les vedettes montantes des années 50 que sont Aznavour ou Bécaud. Dès le lycée, il forme un petit groupe de musique avec des amis.

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En 1963, à 17 ans, il enregistre un premier 45 tours, Anatole, mais le vrai déclic se produit en 1964 lorsqu’il croise la route du compositeur Roland Vincent. C’est le début d’une longue collaboration.

Cette même année, il participe à la comédie musicale Copains clopant dans laquelle il interprète l’une de ses chansons les plus connues, Chez Laurette. Sa carrière solo est lancée ! Le jeune artiste se produit d’abord dans des premières parties : Leny Escudero ou Jacques Brel en 1966. L’été de cette même année, il épouse Chantal Simon, chanteuse rencontrée dans la troupe de Copains clopant.

Michel Delpech 2Triomphes

Delpech a le vent en poupe, tout lui sourit, et l’imprésario de Mireille Mathieu, Johnny Stark, décide de le prendre sous son aile. La décennie qui s’ouvre va faire de lui une star !

Chaque année, ou presque, il sort un tube ! Wight is Wight, en 1969, rend hommage au festival pop et rock de l’île anglaise du même nom.

Pour un flirt, en 1971, raconte la légèreté des amours faciles, tandis qu’en 1973, Les divorcés dépeint un phénomène de plus en plus en vogue dans la France qui se libère de ses carcans.

En 1974, son Chasseur voit soudain passer des oies sauvages et des perdreaux pour une mélodie que nul n’oubliera. Enfin, en 1975, l’artiste se projette des années plus tard pour écrire son hit Quand j’étais chanteur. Delpech accumule les triomphes. En 2005, il portait un regard étonnant sur ces années-là :

« Il y avait les très grands, Brel ou Ferré, les Yé-yé, et cette espèce de catégorie dans laquelle je me trouvais avec d’autres, Fugain, Sardou, Claude François : on avait l’amour du public et une certaine condescendance de l’intelligentsia. Ça a été un parcours d’enfant gâté, coupé du monde, de la vraie vie. Quinze ans de succès foudroyants… dont je n’ai rien gardé, hormis les chansons. »

De fait, ces années fastes vont précipiter le chanteur populaire dans l’abîme. « À 25 ans, écrit-il dans L’homme qui avait bâti sa maison sur le sable (Robert Laffont, 1993), on me tend un joint, je le fume. J’ai une bouteille de scotch à côté de moi, je la bois. Je m’adonne joyeusement à tous les vices, à tous les plaisirs. Pourquoi m’en priver ? »

Brisé

Pris dans le tourbillon de la gloire, millionnaire, Michel Delpech est, entre-temps, devenu père d’une petite Garance et d’un petit Barthélémy. Sous ses cheveux longs, avec ses pattes d’eph’ et ses boots à talons, le gendre idéal qu’il représente assouvit ses caprices de chanteur de variété à la mode…

De temps à autre, il s’offre un dîner à la Tour d’Argent ou va passer une nuit au Hilton pour, dit-il, « me faire servir, pour me laisser bercer un peu ». Michel ne gère pas sa vie, d’autres s’en occupent. Il ne remplit pas les chèques, ne connaît rien des préoccupations du quotidien, n’a aucun contact avec le réel.

Des années après, il résume cette période dans son livre : « L’argent m’aide à pallier la plus petite de mes angoisses. Il me faut toujours quelqu’un à mes côtés. Dès que je me retrouve seul, la panique me prend. Les épreuves, lorsqu’elles surviennent, n’en sont que plus difficiles à supporter. Je ne suis pas armé pour les affronter. »

Tandis qu’il essaie de trouver des solutions en se tournant vers la spiritualité hindoue, la vie lui réserve un premier revers. Lors d’un voyage à Agadir, au Maroc, Chantal, son épouse depuis dix ans, s’affiche publiquement avec un autre homme. « Nous n’avons jamais été très fidèles, note-t-il, mais là, je me sens trahi. Je suis un homme mort, démoli. »

Été 77 : une grosse fête est organisée dans la maison des parents de William Sheller... (...)

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Cyril Bousquet

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