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Adieu Rose Laurens !

Publié le 7 mai 2018

Rose Laurens, l’interprète du tube “Africa”, nous a quittés, après s’être longtemps battue contre une terrible maladie…

En 1982, une voix envoûtante déferlait sur les ondes, marquant à jamais les auditeurs enthousiasmés par trois petites notes qui sonnaient à merveille sur les syllabes : « A-fri-ca». « Africa / J’ai envie de danser comme toi / De m’offrir à ta loi », chantait Rose Laurens qui, bientôt, allait faire danser des milliers de noctambules.

Et lorsqu’on découvre la femme qui se cache derrière ce titre énigmatique, l’enchantement continue.

Car Rose Laurens est belle comme le jour, et sa personnalité dégage la même intensité que son tube.

Cette alchimie donnera à plus d’un million de Français l’envie de posséder ce disque, comme si cette chanson était un lien avec les esprits d’Afrique.


Pourtant, Rose Laurens, de son vrai nom Rose Podwojny, ne venait pas de ce beau continent.

Ses origines se trouvaient en Pologne où son grand-père était musicien. Pianiste et violoniste à Varsovie, il composait des airs destinés à accompagner les films muets.

Cette passion, les parents de la petite Rose l’ont aussi. à Paris, ils l’emmènent souvent écouter des chanteurs se produire sur scène.

Rose se souviendra toujours de la fois où elle applaudit l’Américaine Dionne Warwick. « Je n’avais jamais entendu une voix pareille. J’étais fascinée », avait-elle confié à Télé 7 Jours.

Fascinée, au point de vouloir devenir elle aussi celle qui envoûte son public.

Toute petite déjà, Rose jouait les stars, le dimanche devant la glace !

Et quand l’enfant gagne un concours, à 8 ans, avec un titre de Claude François, elle sait que ce sera son métier. Volontaire, elle étudie le piano classique.

A 20 ans, après des études de russe, elle devient chanteuse dans un groupe. Après quelques mois de collaboration et quelques concerts, elle enregistre des titres, sans grand succès.évoluant toujours dans le monde de la variété, Rose va faire une rencontre déterminante avec le compositeur Jean-Pierre Goussaud.

Non seulement il lui offrira des chansons à la mesure de son talent mais, en plus, ils tomberont amoureux !

Bonheur

A cette belle histoire vient s’en ajouter une autre, professionnelle, qui permettra vraiment à Rose de s’épanouir : en 1980, Robert Hossein la choisit pour être Fantine dans la comédie musicale Les misérables inspirée par Victor Hugo.

Après une année entière passée sur scène à interpréter ce beau personnage, celui qui est devenu son mari lui compose un album : Déraisonnable.

Nous sommes en 1982, et le premier extrait du disque, Africa, devient un tube dans le monde entier.

D’autres titres suivront, qui connaîtront aussi le succès, comme Mamy Yoko, Quand tu pars.

Mais alors que la jeune femme réalise son rêve, accompagnée de l’homme de sa vie, soudain son existence bascule. Terriblement. Son mari, Jean-Pierre, est atteint d’un cancer.

Folle d’angoisse, Rose décide d’arrêter sa carrière et de lui consacrer son temps. Malgré l’épreuve qu’il traverse, ce dernier lui compose en 1990 l’album J’te prêterai jamais. Le texte L’absence est signé d’un certain Jean-Jacques Goldman. Et c’est avec Francis Cabrel que Rose chante P’tit frère.

Hélas, quelques mois après la parution de ce disque, Jean-Pierre disparaît. Et avec lui, Rose perd sa joie de vivre. Isolée, ivre de chagrin, durant quatre ans, elle vivra comme en exil.

Mais c’est une chanteuse avant tout. Elle ne peut vivre sans exercer son art.

En 1996, Rose sort son cinquième album studio, Envie, auquel participe Louis Chedid. Et en 2001, le public a la joie de la retrouver dans la comédie musicale de François Valéry, L’ombre d’un géant…

Rose fera à nouveau le bonheur de ses fans en rejoignant la tournée RFM Party 80, en 2007 et 2008. Aux côtés d’autres stars comme Lio, Jean-Pierre Mader, Desireless, elle enchaîne les concerts.

Elle adorait son dernier album, ADN, sorti en 2015. Il était né de la rencontre avec Pierre Palmade qui, pour la première fois, avait écrit des textes de chanson. Comme Je valse seule : « Mon ombre ne me suit plus / Je crois que le soleil regarde ailleurs / Mon ombre a disparu / Le noir s’enfuit de mes couleurs. »

Hélas, cette femme sensible et si douée est partie pour toujours dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 avril. Elle avait 65 ans.

Son compagnon, Christian Soulié, a fait parvenir un communiqué à l’AFP :
« Elle vous a fait danser par millions en créant Africa et en chantant Quand tu pars, et des dizaines d’autres titres. La flamme de Rose Laurens vient de s’éteindre à la suite d’une longue maladie à laquelle elle résistait encore sur la scène du Cabaret Sauvage en 2016. »

Un mal qui la rongeait et contre lequel elle luttait avec un courage admirable depuis cinq ans.

Les hommages ne cessent d’arriver sur les réseaux sociaux, déplorant la disparition de cette belle artiste. Comme celui de Julien Doré qui, il y a quelques semaines, reprenait à sa façon Africa avec Dick Rivers.

« Il y a des roses qui ne fanent jamais, des parfums qui restent. Triste nouvelle ce matin. Tendres pensées à sa maman et à ses proches », écrivait-il sur Twitter.

Nous nous joignons à cette touchante déclaration.

Laurence PARIS

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