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Affaire Maëlys : Une marche blanche pour l’enfant martyr…

Publié le 29 août 2018

Un an après l’enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys dans l'Isère, ses parents ont décidé d’organiser une marche blanche en sa mémoire…

Depuis la disparition de la petite Maëlys dans la nuit du 26 au 27 août 2017, 365 jours se sont écoulés. Pour la famille de la petite fille âgée de 8 ans au moment du drame, c’est autant de temps passé à pleurer…

Ce 27 août, la mère de Maëlys, Jennifer Cleyet-Merrel, a organisé une marche blanche en mémoire de la prunelle de ses yeux… Dans cette petite ville d’Isère marquée à tout jamais par un drame qui les dépasse, 250 personnes se sont rassemblées sur le parking du lycée pour effectuer une marche de 200 m. Tout au long de la procession, les moindres pensées des villageois sont allées vers la mémoire de deux personnes… 

Celle de Maëlys, d’abord - enfant martyr, enlevée le soir d’un mariage et dont le corps n’a été retrouvé que six mois après dans le massif de la Chartreuse, sur les indications du meurtrier présumé. De Maëlys, une petite fille aux cheveux bruns, souriante et qui adorait les animaux, ne restait plus qu’un crâne et un os long éparpillés dans la neige… « Je revois les sourires de chacun d’entre nous en cette belle après-midi d’août. Nous étions tellement heureux. Heureux d’être ensemble pour fêter l’union de nos proches. Je revois ce si beau décor, la joie de nos enfants à se retrouver. Ils rient, ils courent, ils dansent, ils jouent. Puis viendra le chaos », se remémore encore David Roche, l’oncle de la petite Maëlys, sur sa page Facebook…

Puis celle, plus mystérieuse et évocatrice de violence, de mensonge, de Nordahl Lelandais, l’assassin présumé de cette petite fille qui n’avait que neuf printemps. Acculé après que la police ait retrouvé des traces de sang de la victime dans son coffre de voiture, l’homme de 35 ans a fini par avouer le meurtre de la fillette en février dernier - plaidant le caractère « involontaire » de ce drame. Elle serait morte sous le coup d’une gifle, selon ses dires. Si l’autopsie a révélé que Maëlys a bien subit des violences au crâne et à la mâchoire, aucun de ces coups n’aurait été fatal. Le mystère reste entier. Enfermé à double tour dans la prison de Saint-Quentin-Fallavier après avoir passé cinq mois dans l’Unité hospitalière du Vinatier (Rhône), Nordahl Lelandais se mure dans le silence. Pourtant, l’étau se resserre autour de l’ancien maître-chien de l’armée… Impliqué également dans le meurtre d’Arthur Noyer - un ancien caporal, disparu le 12 avril 2017, et soupçonné - vidéo à l’appui - de s’être également rendu coupable d’agression sexuelle sur sa cousine germaine âgée de 6 ans, la détention provisoire de Nordahl Lelandais vient d’être prolongée de six mois supplémentaires. « Dans le meilleur des cas, l’instruction se terminera fin 2019 avec un procès éventuel en 2020, a indiqué Me Yves Crespin, avocat de deux associations parties civiles, au Parisien, mais ce sera doute encore plus long ». 


Aujourd’hui, les proches de l'enfant réclament « la vérité pour Maëlys ». Les habitants de ce village d’Isère ne croient pas à l’histoire relatée par l’ancien militaire qui assure que Maëlys serait montée dans sa voiture pour voir si ses chiens étaient dans le coffre. Les parents de la fillette, les premiers. « C’est impossible qu’elle soit montée dans sa voiture [..] avec un inconnu, en pleine nuit, pour voir des chiens soi-disant. Elle sait qu’on l’aurait engueulée » assure Joachim De Araujo, le père de la fillette.  En plus des certitudes de ce dernier, des éléments troublants viennent remettre en cause la version des faits avancée par le suspect. Au moment du drame, Nordahl Lelandais présentait des éraflures aux bras. Un détail qui intrigue les enquêteurs. Ce ne serait d’ailleurs pas le seul : « Il a deux téléphones portables et l’un des deux a été coupé juste dans le créneau horaire où disparaît Maëlys », a indiqué une source à BFM-TV. 

Une question demeure également sans réponse : Pourquoi s’en est-il pris à Maëlys ? « On ne prend pas une enfant qu’on ne connaît pas dans sa voiture. Et pour moi, donner un coup sur la tête d’un enfant, ce n’est pas un accident, c’est de la violence. », s’interroge encore la mère éplorée de la petite fille. Pour Jennifer, il n’y a pas de doute : Nordahl Lelandais « voulait faire du mal » : « Il ne savait peut-être pas qui il allait prendre, mais je pense qu'il a très bien calculé son acte, et il a pris notre fille, il a usé de sa confiance parce qu'elle aimait bien les animaux. Je pense que c'est prémédité ».

En attendant que la lumière soit faite sur cette terrible affaire, les 250 Isérois ont effectué un lâcher de ballons à la fin de la procession en espérant – peut-être – qu’ils puissent atteindre la vérité.

Julia NEUVILLE

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