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Affaire Marion Wagon : une grave erreur judiciaire pourrait empêcher d’explorer la piste Michel Fourniret

Publié le 20 avril 2021

Selon des informations révélées en exclusivité par nos consœurs du magazine ELLE, l’ADN de la petite Marion Wagon, enlevée en novembre 1996, à Agen, n’a jamais été prélevé par les enquêteurs. Cette grave erreur judiciaire pourrait compromettre l’exploration de la piste de « l’ogre des Ardennes ». Explications.

L’enlèvement de Marion Wagon, le 14 novembre 1996, à Agen, avait suscité une vive émotion dans l’Hexagone. La fillette de 9 ans disparaissait sans laisser de traces. Depuis, l’enquête n’a pas vraiment avancé, pis, elle a été négligée voire compromise. En effet, une grave erreur judiciaire a été révélée par nos consœurs du magazine ELLE qui avancent que la justice s’est trompée et que l’ADN recueilli est en fait « non conforme, inutilisable et inutile ». Ce n’est donc qu’un quart de siècle après la disparition de la fillette aux yeux bleus, dont la photo avait été placardée partout à l’époque, que nous apprenons que la justice ne dispose finalement pas de l’empreinte génétique de Marion et le sait « pertinemment depuis cinq ans au moins ».

"Seule une comparaison avec l’ADN de Marion Wagon pourrait apporter une certitude"

La mise en lumière de cette erreur judiciaire intervient alors que Monique Olivier, l’ex-femme de Michel Fourniret, l’ogre des Ardennes, a reconnu avoir vu Estelle Mouzin aux mains de son mari et l’avoir aidé à dissimuler le corps de la fillette disparue en 2003. Un espoir de résoudre également l’affaire Marion Wagon ? La piste du tueur en série et violeur avait bien été suggérée sans pour autant être correctement étudiée. En 2004 et 2006, deux rapports avaient été remis au juge en charge du dossier, portant notamment sur une comparaison avec l’ADN retrouvé sur le matelas de la sœur de Michel Fourniret et le véhicule de ce dernier. L’enquête aurait révélé qu’il n’y avait pas de lien avec Marion Wagon. Le souci ? L’échantillon à partir duquel la comparaison a été effectuée. En effet, les analyses ont été réalisées avec l’ADN des parents de la fillette alors que, comme le soulignent nos consoeurs du magazine Elle, « seule une comparaison avec l’ADN de Marion Wagon pourrait apporter une certitude ».

"Le résultat d’une certaine indolence"

Le constat de l’avocat de la famille, Me Georges Catala, est sans appel face à l’absence d’ADN de la fillette : « À l’évidence et à tout le moins, l’enquête a connu des incohérences. Disons-le, elles sont, le résultat d’une certaine indolence, de fainéantise et d’incompétences ». Il aura fallu attendre le mois dernier pour que l’erreur judiciaire soit officiellement avérée et le constat est grave. Le rapport des experts scientifiques évoque « des éléments pileux dépourvus de bulbe », soit des cheveux de Marion sans leur racine, rendant ainsi impossible l’analyse complète de l’ADN de la fillette. Il serait en réalité même impossible de déterminer qu’il s’agissait bien des cheveux de la jeune victime. Cette erreur monumentale a de graves conséquences qui pourraient jouer en la faveur de Michel Fourniret et éloigner d’autant plus les enquêteurs de la piste du tueur en série. Même si « rien ne peut exclure ni conforter la piste Michel Fourniret », l’enquête ne doit pas être négligée. De nouvelles analyses sont en cours pour essayer d’exploiter du matériel génétique de Marion. La science pourra-t-elle résoudre ce mystère un quart de siècle après ? Affaire à suivre.

Kahina Boudjidj

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