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Alain Delon : Effondré en voyant son ami Bébel

Publié le 6 février 2009

Alain Delon, monstre sacré du cinéma français, l'a toujours dit : il fait « le plus beau métier du monde !» Et, il faut bien avouer qu'avec quelque 84 films à son actif, dont de nombreux chefs-d'œuvre, l'acteur aura largement gagné sa place au panthéon du septième art.

Mais, malgré un certain sens de l'humour et une autodérision avérée, si Delon ne s'est pas plus distingué dans le style comique, restant cantonné à des films plutôt noirs, « c'est parce que, vient-il de confier dans L'hebdo cinéma , sur Canal +, j'ai laissé la place à quelqu'un qui le faisait mieux que moi... Jean-Paul Belmondo !»

Néanmoins, aujourd'hui, Alain Delon ne rit plus en voyant Jean-Paul à l'écran. Car, si pour certains, le retour du Magnifique est une vraie bénédiction, le héros de La piscine, a, lui, très mal réagi en regardant un extrait d'Un homme et son chien, le dernier film de Francis Huster, qui marque le grand retour de Belmondo au cinéma, depuis son terrible accident vasculaire de l'été 2001.

->Voir aussi - Alain Delon : Terrassé par un double deuil !

À la vue de ce vieux monsieur, affaibli, diminué, ayant beaucoup de mal à articuler, son ancien complice a préféré fermer les yeux, trouvant insupportable que l'on exploite son état pour faire un film. Ému aux larmes, il a d'ailleurs avoué au micro de Daphné Roulier : « Il y a trop d'admiration, trop d'affection, trop d'amitié, trop de camaraderie entre nous... J'ai joué avec cet homme, j'ai ri avec cet homme, j'ai pleuré avec lui, c'est pourquoi, je ne veux pas m'exprimer sur ce sujet. »

À part ce petit passage, Delon n'a d'ailleurs pas vu le film et ne compte pas aller le voir. Il affiche même son soulagement de ne pas avoir été approché pour participer à la résurrection cinématographique de Bébel.

Boycott

« Je n'ai pas été sollicité, confie-t-il, mais si je l'avais été, je ne vois pas comment j'aurais pu refuser... Pour Jean-Paul ! Mais, je m'en serais voulu après, en voyant le film. » Avant d'ajouter, comme pour se rassurer : « J'espère simplement qu'il a été heureux, que ça lui a fait du bien, que ça lui a apporté quelque chose... Mais, je suis contre tout le reste. Jean-Paul, c'est Jean-Paul ! On n'a pas le droit de faire ou de montrer certaines choses. »

Un avis que semblent partager les spectateurs qui, depuis la sortie du fameux film le 14 janvier dernier, ne se sont pas précipités dans les salles. « Parce que le public ne veut pas voir Bébel ainsi. »

Un boycott que Delon connaît pour l'avoir vécu, en 1984, avec le film de Bertrand Blier, Notre histoire, qui, malgré un César, n'avait pas attiré les foules, totalisant seulement 750.000 entrées. Un semi-échec donc, que l'acteur expliquera par le fait que le public n'avait pas envie de voir un Delon alcoolo et looser.

Pour Jean-Paul, son sentiment est exactement le même... Si le grand retour de Bébel au cinéma ne fait, jusqu'ici, pas plus recette, c'est simplement parce que ses fans préfèrent garder en mémoire l'image du Magnifique.

Et, s'il ne peut que saluer la performance de son ami Belmondo, Alain Delon conclut cependant : « Je ne supporte pas l'opportunisme de la mise en scène ! Moi, c'est une chose qui ne m'arrivera jamais, sachez-le !»

Laura Valmont

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