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Alain Delon : Il martyrisait son fils !

Publié le 1 juin 2019

Alain Delon enfermait parfois son garçon dans le chenil avec ses chiens afin de le rendre… plus fort.

Peut-on être un père exemplaire, aimant et rassurant, lorsqu’on a soi-même été abandonné par le sien et qu’on a dû se construire dans l’ombre d’un foyer brisé, écartelé ? De même, est-il possible de s’oublier suffisamment pour se consacrer pleinement aux siens quand on est, comme Alain Delon, une star vers laquelle convergent tous les regards, toute l’admiration ? Deux questions cruciales auxquelles l’acteur semblait vouloir répondre en toute bonne foi dans une interview au journal suisse Le Matin en 2013 : « C’est mon bonheur, j’aime les dynasties, affirmait-il. Je ne mourrai jamais. Parce que mes enfants sont là, les Delon seront toujours là. »

Pourtant, plus qu’une réalité vérifiable, cette déclaration relève davantage du vœu pieux, d’un doux fantasme dont l’histoire n’a cessé de le priver, année après année, de conflits sanglants en batailles juridiques. 

Le naufrage a commencé avec Anthony, que la star a eu avec Francine Canovas, alias Nathalie Delon, et s’est poursuivi avec Alain-Fabien, fils de Rosalie van Breemen, rencontrée en 1987 et dont il s’est séparé en 2001.

Ces deux héritiers du sacro-saint nom ont, chacun à sa façon, mis leur père sur la sellette par le biais de l’écriture : l’aîné en 2008, en publiant une autobiographie aux éditions Michel Lafon, Le premier maillon ; le cadet en se fendant d’un roman intitulé De la race des seigneurs, paru chez Stock en février 2019, et dans lequel il règle ses comptes d’une façon à peine voilée avec son célèbre géniteur !

Est-ce le triste résultat d’une rencontre qui ne s’est jamais vraiment faite avec ses deux rejetons, d’un mauvais timing ou d’un simple malentendu ? En tout cas, lorsque l’aîné paraît, le 30 septembre 1964, Alain affirme à la ronde qu’il veut construire pour son petit bonhomme – qui lui ressemble trait pour trait – l’enfance réussie dont il a été cruellement privé. Mais la malédiction frappe le comédien de plein fouet : le gosse qu’il voulait tant aimer n’a en effet que 4 ans lorsque ses parents se séparent pour ensuite divorcer. Le même âge qu’avait son papa quand son père et sa mère ont rompu…


Élevé en grande partie par son parrain et sa marraine, le gamin va alors tout faire pour ressembler le plus possible à ce glorieux papa, hélas presque toujours absent. Mais lorsqu’il est effectivement présent auprès de son fils, Alain Delon semble avoir une étrange conception de l’éducation à dispenser à son fils ! Ainsi, dans Un jour, un destin consacré à l’illustre interprète de La piscine, et diffusé le vendredi 3 mai dernier sur France 2, on apprend que le monstre sacré du cinéma français enfermait parfois son fils dans le chenil pour le confronter à ses chiens… Une méthode peu orthodoxe censée endurcir le jeune garçon et lui apprendre à apprivoiser ses peurs.

Difficile d’imaginer le degré de terreur qu’a ressenti le bambin, ainsi emprisonné avec la meute hurlante des molosses du maître des lieux, sans espoir de pouvoir leur échapper ! Un traitement tout à fait inhumain, vous en conviendrez…

Et l’on a bien du mal à croire qu’aussi autoritaire et dur qu’ait pu être Alain Delon envers ses enfants, il se soit laissé aller à des telles pratiques. Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, peu après la diffusion de l’émission de Laurent Delahousse la semaine dernière, Anthony n’a pas manqué de confirmer cette révélation sur les réseaux sociaux, regrettant toutefois que la télévision l’ait ainsi dévoilée à des millions de fidèles téléspectateurs : « J’aurais préféré que cette information ne soit pas rendue publique », a en effet expliqué le fils aîné de la star, âgé aujourd’hui de 54 ans.

Lui-même père de trois filles, Alyson (née le 4 septembre 1986), Lou (le 4 février 1996) et Liv (le 25 août 2011), cet adepte du bouddhisme a malgré tout tenu à faire entendre son opinion sur l’éducation musclée que lui a infligée son père, lui donnant au passage une sorte de leçon a posteriori : « J’aimerais rajouter quand même que ce n’est pas comme ça qu’on renforce son gosse, a-t-il déclaré. Son enfant, si on a envie qu’il soit fort, il faut lui donner de l’amour, du courage. Il faut le rassurer, qu’il comprenne qu’il aura toujours un toit au-dessus de sa tête. Il faut lui dire qu’il est le plus grand, le plus beau, le plus fort et qu’on sera toujours là pour lui. 

Autant de paroles aimantes, valorisantes et rassurantes lancées par un homme qui semble en avoir bien manqué. Pour autant, au fil de son enfance et de son adolescence, Anthony n’a cherché qu’une chose : marcher sur les traces de ce papa double face, à la fois éblouissante lumière du cinéma, et effrayantes ténèbres à la maison.

Aujourd’hui, celui qui a fréquenté des voyous, a fait le mur plus souvent qu’à son tour, a été arrêté au volant d’une BMW volée et en possession d’un pistolet automatique subtilisé à un gendarme, a fini par s’apaiser. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », dit-on… Comme tout le monde, il a grandi et, espérons-le, pardonné !

Quant à l’immense comédien de 83 ans qui doit recevoir une Palme d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière au prochain Festival de Cannes (du mardi 14 au samedi 25 mai), nul doute qu’il se retourne sûrement sur son passé, regrettant ses erreurs, comprenant l’amertume, la rancune et les regrets de ses deux fils qui l’admiraient tant…

Clara MARGAUX

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