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Alain Delon : Sa romance secrète avec la fille d’un caïd !

Publié le 2 mai 2020

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© BESTIMAGE Alain Delon

Quand le parrain marseillais, Barthélemy Guérini, invite Alain Delon chez lui pour faire plaisir à la jolie Marie-Christine, il n’imagine pas que les deux jeunes gens vont vivre une liaison passionnée…

On savait qu’Alain Delon était un homme de secrets. On savait aussi combien l’acteur flamboyant de Plein soleil aimait frayer avec les caïds du « milieu ». Il n’a en effet jamais caché ses amitiés avec François Mercantoni, figure de Pigalle, ou encore avec Jacky Imbert, le poids lourd de l’interlope marseillais, personnage trouble avec lequel il partageait une passion pour les chevaux et les courses hippiques.

En revanche, ce que l’on savait moins, c’est la relation privilégiée, pour ne pas dire intime, que la star a entretenu, au début de sa carrière, avec Barthélemy Guérini. Celui que l’on surnomme « Mémé », est le parrain d’une famille corse redoutée, originaire du village de Calenzana, joli petit bourg au sud de Calvi, sur la côte ouest de l’île de Beauté. Avec ses frères Antoine, François, Pascal, Pierre et Lucien, il va former l’une des plus redoutables mafias qui tiendra d’une main de fer la ville de Marseille, de la Libération jusqu’à la fin des années 60.

Le « clan Guérini », comme on les appelle, c’est en effet une saga tonitruante qui commence en 1927 lorsque Mémé et Antoine se mettent en tête de développer des réseaux de prostitution dans la cité phocéenne. Dès 1928, Barthélemy achète le bar des Colonies, où il fait travailler, sous la surveillance de son frère Antoine, une dizaine de prostituées.

Malin, pour ne pas dire intelligent, il cultive les amitiés politiques à la mairie et achète des protections, dont celle du premier adjoint de la ville, le très corrompu Simon Sabiani. Et lorsque l’on touche à son clan – ou à ses affaires –, Mémé se montre d’une férocité sans bornes : glacial et sans état d’âme, il « élimine » ses ennemis.

Sous l’occupation allemande, les Guérini font un choix judicieux en entrant dans la résistance là où bon nombre d’autres clans rivaux collaborent en se mettant au service de l’occupant. Pas Barthélemy, qui va se nouer des liens avec un certain Gaston Deferre, résistant lui aussi et futur maire de Marseille. Il va même lui sauver la vie. Cette indéfectible amitié lui sera très utile pour bâtir, dès 1945, un empire de la délinquance qui allait du blanchiment d’argent au racket, en passant par les escroqueries financières et le trafic d’héroïne dans le cadre de la célèbre French Connection.

Ce que l’on connaît moins en revanche, c’est l’amour fou que Mémé porte à sa fille, Marie-Christine. Il adore cette enfant intelligente et aimante, lui cède tous ses caprices et la gâte au-delà de l’imaginable.


En 1964, Mémé découvre que sa fille voue une admiration sans borne à un jeune acteur qui a la beauté du diable : Alain Delon, qui vient de triompher dans Le Guépard de Luchino Visconti, sorti en 1963. Marie-Christine Guérini raconte cette face cachée et émouvante de son père dans son livre, La Saga Guérini, publié en octobre 2003 aux éditions Flammarion. L’histoire qu’elle y révèle est incroyable, mais vraie. Cet été 1964, son père, dont l’unique but est de combler sa fille, lui organise la plus merveilleuse des surprises : il invite en secret dans la superbe propriété que le clan Guérini possède à Arcachon, près de la dune du Pilat, Alain Delon.

Marie-Christine écrit ainsi : « Un soir où je me suis réfugiée dans ma chambre pour y trouver cette solitude dont j’ai tant besoin, j’entends une voiture s’arrêter devant la grille de la villa. Je n’y prends pas garde mais quelques minutes plus tard, l’employé de maison frappe à ma porte et me demande de descendre au salon. » La jeune fille s’étonne. Pourquoi vient-on la chercher à ce moment ? Il est 19 heures, et le dîner, chez les Guérini, n’est servi, comme le veut la tradition corse, qu’à 20 h 30. Elle se souvient : « Je descends l’escalier de marbre blanc et emprunte le couloir qui mène au salon. C’est à ce moment que ma marraine ouvre la porte et, en un quart de seconde, je me retrouve nez à nez avec Alain Delon en chair et en os, c’est à peine croyable ! » À l’époque, Marie-Christine est une magnifique brune, aux grands yeux noirs, au sourire ravageur et à la taille de guêpe. Une beauté qui ne laisse pas l’acteur insensible…

La jeune fille l’ignore, car son père Barthélemy est un être de mystères, mais les deux hommes sont amis intimes. C’est en effet le voyou François Mercantoni qui les a présentés un an plus tôt dans un bar à Paris. Entre le jeune loup du cinéma français et le parrain de la cité phocéenne, le courant est immédiatement passé. Le comédien achètera même avec Mémé des chevaux de courses en copropriété qu’ils feront galoper ensemble, sur les plus grands hippodromes.

Et puis Marie-Christine ne sait pas non plus que Delon est venu à Marseille présenter sa fiancée Romy Schneider à Mémé. Plus incroyable encore : Romy, victime d’une fausse couche au début des années 60, partira secrètement se reposer sous le soleil de Provence, chez les Guérini où Lili, la mère du clan, l’aidera à surmonter son chagrin ! En privé Mémé Guerini avoue d’ailleurs qu’il considère « Alain comme un fils ».

Mais revenons à cette parenthèse enchantée que vit Marie-Christine lorsqu’elle découvre face à elle l’irrésistible interprète de Tancrède dans Le Guépard. Son cœur bat la chamade, ses mains tremblent. « Pour moi, le temps est suspendu. L’acteur restera quelques jours avec moi. Il est si prévenant et si tendre, que mon demi-frère en devient jaloux », écrit-elle dans ses mémoires.

Plus stupéfiant encore, dans les heures qui suivent, ils vont tous les deux vivre une histoire secrète, aussi belle qu’émouvante : « Pour ma part, confesse Marie-Christine, je me souviens de mes promenades au soleil couchant sur les plages de sable immenses, main dans la main avec Alain. Aux yeux des autres, nous semblons hors d’atteinte et unis par une formidable complicité, mais surtout nous avons le sentiment de nous connaître depuis toujours. »

Témoins de cette belle entente, les photos, prises par la marraine de Marie-Christine dans la salle à manger de la spacieuse maison d’Arcachon, les montrant tous deux tendrement enlacés…

Cette romance dont l’acteur n’a jamais parlé à personne, sera aussi intense que brève. La fille de Mémé, le cœur au bord des larmes, se remémore ce triste matin où, le soleil à peine levé : « L’acteur s’en va. » En fait, Alain Delon doit partir au plus vite sur le tournage de La Tulipe noire, qui débute quelques jours plus tard sous la direction de Christian-Jaque.

Le comédien de 29 ans s’envole vers la célébrité, laissant à la jeune fille le souvenir du week-end le plus enchanteur de son existence. Quant à Mémé Guérini, condamné à vingt ans de prison pour meurtre en 1969, il mourra des suites d’un cancer dans une clinique de Montpellier le 1er mars 1982. Jusqu’à son dernier souffle, ce Corse inflexible avait conservé une amitié sans faille pour Alain Delon…

Georges BOISGONTIER

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