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Alain-Fabien Delon : Toujours en guerre contre son père !

Publié le 28 décembre 2018

Alain-Fabien Delon, le dernier fils d’Alain Delon s’improvise écrivain pour mieux démolir l’illustre portrait de son paternel.

Même mèche brune venant barrer un regard clair, même démarche de félin, la ressemblance physique entre Alain-Fabien et son père Alain Delon est frappante.

Or c’est bien tout ce qui lie ces deux-là, englués depuis toujours dans une relation chaotique ponctuée de clashs et de réconciliations. Ces derniers temps, pourtant, ils semblaient s’être enfin rabibochés. La star, pétrie de remords, semblait même avoir fait son mea culpa. Invité dans Thé ou café le 24 novembre, le monstre sacré a en effet confié ses regrets concernant ses rapports compliqués avec ses enfants, notamment avec ses fils Anthony et Alain-Fabien, concédant même leur avoir toujours préféré leur sœur, Anouchka.

Son cadet, devenu un beau ténébreux à la gueule d’ange, ne s’en est jamais caché : avec son samouraï de papa, tout a toujours été très compliqué. Il faut dire que le jeune homme de 24 ans lui a donné pas mal de fil à retordre. Mais le mauvais garçon semblait s’être assagi et osait s’afficher au côté de ce père si distant dans Paris Match.

Hélas, cette belle image de la tribu Delon au grand complet, unie autour de son patriarche, n’était qu’une façade. Car Alain-Fabien n’a jamais cessé, depuis qu’il est entré dans la lumière grâce à quelques rôles au cinéma et à une carrière prometteuse de mannequin, de régler ses comptes dans des interviews chocs. Cette rancune tenace remonte à son enfance. Devenu adulte, il n’a toujours pas digéré la manière dont son père l’a éduqué, lui interdisant de pleurer et lui répétant régulièrement : « Sois un homme ».


Cette pression va finir par générer une violente crise d’adolescence. Delon, sentant que son rejeton est en train de sortir du droit chemin, resserre les boulons, mais toujours à distance, dictant ainsi, par téléphone, des consignes strictes aux proviseurs des établissements scolaires fréquentés par le turbulent Alain-Fabien avec un seul mort d’ordre : de la fermeté ! Peine perdue. À tout juste 15 ans, il sombre dans la drogue, trouvant dans le cannabis un exutoire. Jusqu’au jour où l’ado tourmenté emménage dans l’appartement que son père possède à Genève, en Suisse.

Le soir du 30 juin 2011, une des nombreuses fêtes données par le fils de l’icône va virer au drame. Alors qu’il « s’amuse » en compagnie d’un copain, avec un calibre 7.65 datant de la Seconde Guerre mondiale, une arme de collection appartenant à son père, un coup part accidentellement et une jeune fille reçoit une balle dans l’abdomen. Les années qui suivront, le bad boy va s’appliquer, avec plus ou moins de bonheur, à revenir dans le droit chemin. Et bientôt, il existe enfin par lui-même, s’assumant financièrement !

Accaparé par ses débuts d’acteur, devenu un visage de la maison Dior, comme Alain dans sa jeunesse, il n’avait plus aucune raison d’en vouloir à son père qu’il accusait de tous les maux. Et il ne ratait plus une occasion de faire son éloge.

Mais, dans l’ombre, le jeune homme préparait un nouveau coup, qui pourrait consommer définitivement la rupture. En effet, s’improvisant écrivain, Alain-Fabien s’apprête à sortir chez Stock, fin janvier 2019, un roman à clés intitulé De la race des seigneurs, qui raconte l’histoire d’un adolescent qui « a l’espoir de devenir lui-même » bien qu’écrasé par l’omniprésence paternelle. Un récit sulfureux dont l’aspect autobiographique saute aux yeux.

Caché sous le nom d’Alex Delval, le personnage principal, qui rêve de devenir acteur, est présenté comme un « enfant qui n’a jamais été élevé ni regardé par son père ». Plutôt explicite… Le titre de ce récit fait, lui, référence à un film de 1974, La race des seigneurs, réalisé par Pierre Granier-Deferre. Souvenez-vous, Delon y campait un homme politique ambitieux qui sacrifiait ses relations avec sa femme et son fils pour les besoins de sa carrière. Voilà qui a le mérite d’être clair.

Nous avons pu nous procurer en exclusivité les bonnes feuilles des aventures de cet Alex, qui zone sur les quais de Seine à la recherche de sa dose d’héroïne, en compagnie de personnages glauques. Des pages qui devraient faire couler beaucoup d’encre.

Avec la drogue en toile de fond, « trop d’alcool, trop d’angoisse », jusqu’à une rixe qui éclate : le synopsis de l’ouvrage fait clairement écho au passé trouble de l’héritier et à ses démêlés avec son illustre géniteur. Plus loin, quatre mots résument cette relation familiale bancale : « Un père, un fils, l’amour, la haine… » 

Pas sûr, que la légende du septième art que l’on dit très affaiblie, encaisse, à 83 ans, un tel choc sans dommages…

Sophie MARION

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