France Dimanche > Actualités > Albert II : Au cœur d'un scandale !

Actualités

Albert II : Au cœur d'un scandale !

Publié le 1 juin 2012

Alors qu'une catastrophe financière touche des centaines d'épargnants à Monaco, le prince Albert II reste muet.Alors qu'une catastrophe financière touche des centaines d'épargnants à Monaco, le prince Albert II reste muet.

Dans quelques semaines, Albert II de Monaco fêtera le premier anniversaire de son mariage avec la princesse Charlène. Le 2 juillet 2011, la principauté était en liesse, et ce jour restera à jamais comme un moment de bonheur absolu et partagé.

Alors que se profilent ces noces de coton, le souverain aimerait se consacrer à 100 % à leur célébration, afin de faire la plus belle des surprises à sa dulcinée. Malheureusement, ces derniers jours, il a été rattrapé par des réalités nettement moins romantiques.

->Voir aussi - Albert : Un déchirante séparation !

Gestion

Car Son Altesse Sérénissime n'a pas que des fonctions honorifiques : il lui incombe la lourde charge de la gestion du budget de son royaume. On pourrait croire que la tâche est facile, le produit intérieur brut local étant estimé à quatre milliards d'euros. Mais, à Monte-Carlo comme ailleurs, la crise a sévi.

En 2009, quand a éclaté l'affaire Bernard Madoff, la presse américaine affirmait que l'escroc avait notamment pour clients des héritiers de la principauté de Monaco. Rien n'a jamais été prouvé.

Mais un mystérieux fonds d'investissement, baptisé ThyBo, crée le scandale. Géré depuis Monaco, ce fonds avait confié la majorité de ses actifs à Madoff. Il aurait perdu près de 175 millions d'euros à cause de l'escroc américain. En mars 2011, 350 épargnants floués (pour la plupart belges et hollandais) ont déposé une plainte au pénal pour « non-respect de la législation » avec constitution de partie civile, auprès des autorités de la principauté. Ils espéraient qu'Albert, réputé pour sa droiture, ferait tout pour que justice soit faite.

Aujourd'hui, ils sont en colère et le font savoir. Dans Le Parisien, un de leurs avocats fustige : « En plus d'un an, le dossier n'a pas encore substantiellement progressé. En avril 2011, nous avons écrit au ministre d'État, au ministre du Budget et à la CCAF, le gendarme de la Bourse de Monaco, afin de tenter de régler le problème. En vain. »

Devant cette absence de réponse, ou même d'enquête, les épargnants ont directement contacté Albert en lui envoyant une lettre. « Nous ne pouvons vous cacher les sentiments négatifs qui animent les investisseurs lésés, écrivaient-ils. [...] Ils sont amers tant ils ont l'impression qu'aucune oreille à Monaco n'a été disposée à écouter leurs doléances. » La missive est à ce jour restée sans réponse...

Ce qui est sûr, c'est que ce nouveau scandale va alimenter les accusations de mauvaise gestion dont Albert fait régulièrement les frais depuis son accession au pouvoir en 2005. L'an dernier, le magazine Capital révélait que, pour la première fois de son histoire, la Société des bains de mer de Monaco (SBM), fondée en 1863, affichait des pertes. Pilier de l'économie de la principauté, ce groupe possède les cinq casinos de Monte-Carlo, ses trois palaces et de nombreux restaurants et immeubles. Contrôlée à près de 70 % par l'État monégasque, la SBM est une institution sur le Rocher. Pour pallier ces pertes, Albert avait décidé de diversifier encore les activités de la SBM en investissant dans les jeux de hasard en ligne.

Début 2009, Monaco s'associait à l'homme d'affaires Stéphane Courbit en prenant 50 % de sa société BetClic Everest Group (BCEG), qui contrôle la société de paris sportifs BetClic. Pour l'occasion, Monaco prêtait même sans intérêt 70 millions d'euros à BCEG, toujours selon Capital.

Perte

À l'époque, un homme d'affaires monégasque s'étranglait : « La SBM a déjà risqué 200 millions d'euros dans une nouvelle activité dont on ne sait absolument pas si elle marchera. » Albert comptait bien lui donner tort et gagner ses galons de gestionnaire avisé. Raté ! L'an dernier, BCEG affichait une perte annuelle de 50 millions, dont 25 imputés dans les comptes de la SBM. Et ce n'est pas tout.

Selon Le Point, Stéphane Courbit devrait aussi de l'argent à Liliane Bettencourt, qui aurait investi 143 millions d'euros dans son groupe... Albert aurait-il choisi le mauvais partenaire en la personne de l'ancien associé de l'animateur Arthur ? Toujours est-il que ces mauvaises affaires ajoutées au scandale qui se dessine apportent de l'eau au moulin des détracteurs du prince qui estimeraient qu'Albert II n'est pas à la hauteur de son père, réputé pour être un homme d'affaires aguerri.

« Tout ceci ne serait pas arrivé du temps du prince Rainier », regrettait récemment un vieux Monégasque dans les pages du Monde. Ce ne sont pas les victimes de Bernard Madoff qui diront le contraire ! Pas moins de 175 millions d'euros se sont volatilisés...

Benoît Franquebalme

À découvrir