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de Monaco : Attentat à la
 voiture folle !

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Albert II 
de Monaco : Attentat à la
 voiture folle !

Publié le 10 juillet 2017

Un an après le  massacre  du 14 juillet à Nice, 
un véhicule a foncé sur la terrasse d’un restaurant. Le prince Albert II de Monaco est inquiet pour ses sujets.

L’on dit parfois que l’histoire bégaie. Et cette répétition a aussi parfois de quoi traumatiser ceux qui ont l’impression de revivre un cauchemar qui les avait déjà frappés en plein cœur. Cette si douloureuse épreuve, le souverain Albert II de Monaco vient d’en faire la très amère expérience, moins d’un an après l’attentat de Nice.

Nice, une ville située à une vingtaine de kilomètres du Rocher : un camion fou lancé à vive allure, conduit par un Tunisien ayant fait allégeance à Daech, avait fait pas moins de 86 morts sur la promenade des Anglais, le soir du 14 juillet, jour de la fête nationale française. Signe de son émotion, le souverain avait, dès le lendemain, mis en berne les drapeaux flottant sur le palais princier.

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Et, deux jours plus tard, accompagné de son épouse Charlène, il était venu se recueillir et prier lors d’une messe dite en hommage aux victimes de cet acte inqualifiable, célébrée par Mgr Bernard Barsi, archevêque de Monaco.

Panique

Et voilà que douze mois après cette tragédie, comme l’a révélé La Voix du Nord, Son Altesse a bien cru la revivre, mais cette fois dans les rues de sa principauté. Comme dans le scénario catastrophe que personne n’a oublié, un véhicule incontrôlable avec, au volant, un conducteur qui semblait ne plus avoir toutes ses facultés, a foncé droit dans les rues de la ville, sans se soucier des piétons ni des autres voitures croisant sa route.

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On imagine sans peine la panique qui s’en est suivie pour les passants, voyant cet engin conduit pied au plancher, dont les pneus crissaient à chaque virage, menaçant de se retrouver sur le trottoir à chaque embardée.Par miracle, cette course folle n’a fait aucune victime.

Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer samedi dernier, vers 6 h du matin ? Des séides de l’État islamique ont-ils voulu faire couler le sang sur le Rocher en imitant la méthode utilisée par Mohamed Lahouaiej Bouhlel dans la cité azuréenne ? Même si, sur le moment, les forces de l’ordre ont pu craindre, à juste titre, qu’il s’agisse là d’un acte terroriste, la vérité est heureusement tout autre.

Le coupable est en fait un ressortissant britannique fortement alcoolisé, qui avait décidé de finir en beauté sa nuit d’ivresse, et s’était emparé de la fourgonnette de livraison d’un boulanger-pâtissier, devant l’immeuble Estoril. Incapable de maîtriser son véhicule, le fêtard a fait une sortie de route quelques centaines de mètres plus loin, ravageant la terrasse du restaurant chinois Song QI, avenue Princesse-Grace.

Aviné

Par chance, à cette heure matinale, il ne restait bien sûr plus aucun client venu goûter la cuisine réputée de cet établissement, qui était fermé. Ce qui explique que personne n’a perdu la vie dans cet accident. Pas même le conducteur aviné, qui s’est sorti indemne de cette aventure. Sachant qu’il affichait un taux de 2 g à l’éthylomètre, ses souvenirs du drame doivent sans doute être un peu brumeux.

Il a été immédiatement conduit en cellule de dégrisement à la Sûreté publique, avant d’être placé en garde à vue. La circulation a dû être interrompue pendant deux heures afin, notamment, de déblayer tous les débris projetés sur la voie principale du Larvotto, avant que le trafic ne s’intensifie. Le patron du restaurant s’est pour sa part félicité sur les réseaux sociaux qu’aucun blessé ne soit à déplorer et félicite son équipe d’avoir réussi le tour de force de rouvrir l’établissement dès le samedi midi.

Reste que, de leur côté, Albert et Charlène doivent peut-être songer que si un ivrogne peut foncer droit sur une terrasse dans les rues de la principauté, comment cela pourrait-il se passer si un terroriste au coffre chargé d’explosifs décidait d’en faire de même ? Cet épisode, même si son dénouement est heureux, a peut-être donné des sueurs froides au maître du Rocher qui doit, plus que jamais, craindre pour la sécurité de ses sujets…

Même si Monaco est placé sous haute surveillance, le souverain sait que personne n’est à l’abri d’une tragédie, lui qui avait témoigné sa solidarité à la France touchée au cœur par les attentats du 13 novembre 2015. Après s’être recueilli devant Le Bataclan, il avait adressé un message de soutien à François Hollande : « Mon pays partage le chagrin et l’effroi de la France amie, meurtrie par ces crimes terroristes. Avec respect et une immense émotion, nous nous inclinons devant la mémoire des si nombreuses victimes et la douleur indicible de leurs familles. »

Prions pour qu’Emmanuel Macron n’ait jamais à écrire un tel texte pour exprimer sa compassion envers un souverain Albert II de Monaco et un peuple monégasque qui seraient touchés à leur tour par les exactions des « fous de Dieu »…

Claude Leblanc

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